Le nouveau film de Samuel Maoz, qui a prĂ©cĂ©demment remportĂ© le Lion d’or au prestigieux festival du film, explore les cicatrices d’une famille dont le fils soldat s’inscrit pour la ligne de front.
La dernière fois que le rĂ©alisateur israĂ©lien Samuel Maoz est venu au Festival du film de Venise, il a remportĂ© le premier prix avec son premier long mĂ©trage. Huit ans plus tard, il est de retour avec « Foxtrot », un film critique qui pourrait lui faire gagner son deuxième lion d’or.
« Cette fois, j’espère pouvoir l’apprĂ©cier », a dĂ©clarĂ© Maoz.
« Foxtrot » est une puissante parabole sur le destin et l’impuissance des peuples Ă diriger leurs destinĂ©es.
Le film commence avec un couple affamé de Tel Aviv (Lior Ashkenazi et Sarah Adler) étant informé que leur fils soldat est mort dans les combats.
Les parents sont plein de chagrin, et le film montre les cicatrices traumatiques des individus ,des sociétés et des répercutions entre les générations.
Le vainqueur Maoz 2009 de Venise, « Liban », Ă©tait un portrait claustrophobe d’un Ă©quipage de soldats dans un char israĂ©lien, inspirĂ© par les expĂ©riences du rĂ©alisateur en tant que jeune soldat. « Foxtrot » a Ă©galement des racines dans une histoire de sa vie.
« Quand ma fille aĂ®nĂ©e est allĂ©e Ă l’Ă©cole, elle ne s’est jamais rĂ©veillĂ©e Ă l’heure et, pour ne pas tarder, elle me demandait d’appeler un taxi », a dĂ©clarĂ© Maoz Ă The Associated Press. «Cette habitude nous a coĂ»tĂ© un peu d’argent et m’a semblĂ© ĂŞtre une mauvaise Ă©ducation ; alors un matin, je me suis mis en colère et lui ai dit de prendre le bus comme tout le monde.
« Environ 20 minutes, une demi-heure après son dĂ©part, j’ai entendu Ă la radio qu’un terroriste s’est fait exploser » sur la route oĂą passait son bus, et des dizaines de personnes ont Ă©tĂ© tuĂ©es.
Maoz a dĂ©clarĂ© que pendant une horrible heure, il n’est pas arrivĂ© Ă contacter sa fille.
« Après une heure, elle est revenue Ă la maison. Elle Ă©tait en retard pour le bus qui a explosĂ© – elle l’a vu sortir de la gare et a pris le prochain bus « .
De lĂ est venu l’histoire du film d’un père qui dĂ©clenche involontairement une tragĂ©die pour sa famille.
Alors que «Foxtrot» a des racines de la vie rĂ©elle, le rĂ©alisateur dit qu’il a structurĂ© le film comme une tragĂ©die grecque, avec trois actes dans lesquels «le hĂ©ros crĂ©e son propre châtiment et lutte contre quiconque essaie de le sauver. Et il ignore le rĂ©sultat que ses actions apporteront. «Â
La section intermĂ©diaire du film reprĂ©sente l’expĂ©rience du fils en tant que l’un des quatre soldats occupant un barrage. C’est une vie d’ennui et le risque de violence soudaine.
Encore une fois, les scènes se fondent sur les expĂ©riences militaires propres de Maoz, mais il dit que le barrage routier est plus allĂ©gorique que rĂ©el, une façon d’explorer IsraĂ«l marquĂ© par des conflits « et les perceptions dĂ©formĂ©es qui rĂ©sultent d’un terrible traumatisme passé ».
Ă€ Venise, les critiques appellent le film un avant-gardiste du prix Golden Lion du festival. Mais le directeur s’attend Ă des critiques dans son pays d’origine pour son traitement de l’armĂ©e, le plus vĂ©nĂ©rĂ© des institutions israĂ©liennes.
Le film est sombrement comique dans la façon dont il reprĂ©sente les aspects bureaucratiques et hypocrites de l’armĂ©e et l’effet brutal de dĂ©cennies de conflit sur le pays et son peuple.
Maoz a dĂ©clarĂ© que l’armĂ©e « fait partie intĂ©grante de notre Etat », car presque tous les jeunes hommes et femmes israĂ©liens doivent servir.
« Je pourrais crĂ©er une histoire de crime horrible dans la police israĂ©lienne et personne ne dirait (quoi que ce soit) », a-t-il dĂ©clarĂ©. « Mais si vous touchez l’armĂ©e, c’est très, très sensible ».
L’attitude de Maoz Ă l’Ă©gard de sa patrie s’exprime dans un film. Il dispose d’un Ă©cran d’ordinateur portable montrant un avis de dĂ©cès pour le jeune soldat et Ă cĂ´tĂ© un bol d’oranges.
« Je pense que c’est l’histoire de mon pays – les oranges et les notifications de mort », a-t-il dĂ©clarĂ©.





