La France a arrĂȘtĂ© une importante cargaison de champignons biĂ©lorusses contaminĂ©s par une faible radioactivitĂ© probablement due Ă Tchernobyl et non liĂ©e Ă un nuage radioactif apparu dans le sud de la Russie le mois dernier, ont annoncĂ© jeudi des responsables.
Auparavant, le chef de l’autoritĂ© française de rĂ©gulation nuclĂ©aire, l’ASN Pierre-Franck Chevet, a dĂ©clarĂ© au SĂ©nat français que des traces de cĂ©sium avaient Ă©tĂ© trouvĂ©es sur des champignons importĂ©s de Russie et ne mentionnaient pas la BiĂ©lorussie.
Un porte-parole de l’IRSN a dĂ©clarĂ© qu’il y a quelques jours, des douaniers ont dĂ©couvert qu’une cargaison de 3,5 tonnes de champignons biĂ©lorusses venant de Francfort en Allemagne Ă©tait contaminĂ©e par du cĂ©sium 137, un dĂ©chet radioactif issu des rĂ©acteurs nuclĂ©aires.
Alors que les champignons contaminĂ©s ne reprĂ©sentaient pas une menace pour la santĂ© des consommateurs, l’envoi sera dĂ©truit dans un incinĂ©rateur spĂ©cialisĂ© dans les prochains jours, selon l’IRSN.
« Il n’y a aucun lien avec la pollution par le ruthĂ©nium », a dĂ©clarĂ© le responsable.
Plus tĂŽt ce mois-ci, l’IRSN a dĂ©clarĂ© qu’un nuage contenant du ruthĂ©nium radioactif 106 provenant du sud de la Russie avait soufflĂ© sur une grande partie de l’Europe en octobre, ajoutant qu’il n’y avait aucun danger pour les populations.
La Russie a ensuite confirmĂ© qu’elle avait mesurĂ© la pollution par le ruthĂ©nium Ă prĂšs de 1 000 fois la normale dans les montagnes de l’Oural, mais elle n’a reconnu aucun accident.
« Comme les champignons proviennent de Biélorussie, il est trÚs probable que la contamination provienne de Tchernobyl », a déclaré le responsable.
L’ASN n’a pas rĂ©pondu Ă un certain nombre d’appels de Reuters plus tard jeudi.
TRĂS INSOLITE
Tchernobyl, en Ukraine, se trouve juste au sud de la frontiĂšre biĂ©lorusse et a Ă©tĂ© le théùtre d’une catastrophe nuclĂ©aire majeure en 1986. Le cĂ©sium 137, dont la demi-vie est de 30 ans, est encore largement rĂ©pandu dans les environs de Tchernobyl.
Le fonctionnaire a dit qu’il Ă©tait trĂšs inhabituel pour une telle cargaison de champignons d’ĂȘtre arrĂȘtĂ©s et qu’aucun des produits ne l’avait fait sur les marchĂ©s de dĂ©tail français.
Les champignons, plus que tout autre lĂ©gume, concentrent la radioactivitĂ© parce que leurs systĂšmes racinaires filiformes s’Ă©tendent sur une grande surface sur plusieurs mĂštres Ă la surface de la plante.
L’IRSN a dĂ©clarĂ© que manger des dizaines de kilos de champignons biĂ©lorusses exposerait un consommateur Ă un niveau de radioactivitĂ© similaire Ă la radioactivitĂ© ambiante naturelle pendant une annĂ©e entiĂšre. Il a ajoutĂ© qu’il n’y avait aucun risque pour les douaniers, mĂȘme s’ils avaient touchĂ© les champignons Ă mains nues.
Plus tĂŽt, le chef du rĂ©gulateur nuclĂ©aire français ASN a dĂ©clarĂ© au SĂ©nat français que des traces de cĂ©sium avaient Ă©tĂ© trouvĂ©es sur des champignons importĂ©s et a dĂ©clarĂ© qu’il n’y avait aucun lien avec la pollution par le ruthĂ©nium.
L’agence française de protection des consommateurs, la DGCCRF, a dĂ©clarĂ© dans un communiquĂ© que les champignons de BiĂ©lorussie prĂ©sentaient des teneurs en cĂ©sium 137 supĂ©rieures aux limites lĂ©gales mais ne contenaient pas de ruthĂ©nium 106.
L’agence a dĂ©clarĂ© qu’Ă la suite de la dĂ©couverte du ruthĂ©nium, elle avait commencĂ© Ă tester des Ă©chantillons de produits alimentaires importĂ©s des rĂ©gions touchĂ©es par le nuage radioactif. Jusqu’Ă prĂ©sent, il n’a pas trouvĂ© d’aliments avec des niveaux de ruthĂ©nium 106 au-dessus des seuils lĂ©gaux.





