
Vendredi, un docteur en jurisprudence, Frank Romano, professeur à l’Université de Paris, a été arrêté parmi les cinq « défenseurs » du village bédouin de Khan Al-Ahmar comme l’a rapporté le quotidien palestinien IA Wafa, samedi. Il a entamé une grève de la faim après avoir appris que son arrestation avait été prolongée de 4 jours.
Selon les lois de l’administration militaire israĂ©lien opĂ©rant dans les territoires, l’homme a Ă©tĂ© arrĂŞtĂ© pour dĂ©sobĂ©issance aux services de sĂ©curitĂ©, il est permis de le garder jusqu’au 96 heures sans procès.
Romano avait l’habitude de visiter le village de Khan Al-Ahmar et a immĂ©diatement volĂ© lĂ -bas, apprenant la permission du BAGAC pour la dĂ©molition du village. Depuis le 8 septembre, il publie sur Facebook des reportages photo de Khan Al-Ahmar.
Ce professeur d’université franco-américain, a été arrêté vendredi lors d’une manifestation dans ce village construit illégalement en Judée Samarie. Il est détenu jusqu’à lundi, a indiqué son avocate.
Gaby Lasky, qui est aussi avocate de Ahed Tamimi, a déclaré samedi que son client, Frank Romano, était détenu dans une prison de Jérusalem et que la police a déclaré qu’il comparaîtrait devant un tribunal militaire israélien, ce lundi.
«De manière très exceptionnelle, la législation militaire appliquée en Cisjordanie a été appliquée à Frank Romano, qui est accusé d’entrave à l’action de la police et des soldats israéliens, de sorte que le délai maximum avant un juge est de 96 heures.  »
Elle a ajoutĂ© que la loi israĂ©lienne exige que les civils et les touristes soient dĂ©tenus plus de 24 heures avant de voir un juge et qu’elle demandera Ă un juge israĂ©lien d’intervenir pour que le sort de son client soit dĂ©cidĂ© en vertu de la loi israĂ©lienne.
Selon B’Tselem, Romano a entamĂ© une grève de la faim et continuera «jusqu’Ă l’abandon» de la dĂ©cision de raser le village bĂ©douin.
Lasky a dĂ©clarĂ© Ă l’AFP qu’elle Ă©tait incapable de confirmer la grève de la faim.
Romano était parmi des dizaines de militants à Khan al-Ahmar pour tenter de bloquer la démolition prévue du campement. L’action attendue d’Israël a suscité une condamnation internationale.
Vendredi, des bagarres ont éclaté entre les forces de sécurité israéliennes et des manifestants pro-palestiniens sur le site. Les activistes ont déclaré que Romano se tenait devant un bulldozer qui enlevé les barrières qui avaient été mises en place pour ralentir la démolition.
La police israĂ©lienne a confirmĂ© que trois personnes avaient Ă©tĂ© arrĂŞtĂ©es vendredi pour avoir provoquĂ© des troubles Ă Khan al-Ahmar, mais n’ont pas divulguĂ© les dĂ©tails de leur identitĂ©.
La semaine dernière, la Haute Cour de justice a ouvert la voie Ă la dĂ©molition de Khan al-Ahmar, rejetant un appel final au milieu d’un tollĂ© international.
Israël dit que Khan al-Ahmar, un hameau de cabanes en carton ondulé à l’est de Jérusalem, a été construit illégalement et a proposé de réinstaller les résidents à 12 kilomètres .
Les opposants Ă la dĂ©molition affirment que cela fait partie d’un effort visant Ă permettre l’expansion de la localitĂ© voisine de Kfar Adumim et Ă crĂ©er une rĂ©gion de contrĂ´le israĂ©lien contigu de JĂ©rusalem presque Ă la mer Morte, selon une critique qui divisera la JudĂ©e Samarie, et rendra un Etat palestinien contigu impossible.
Les forces israéliennes ont démoli jeudi cinq remorques récemment installées à l’extérieur du hameau. Les remorques, installées à l’abri des conteneurs d’expédition, avaient été installées plus tôt dans la semaine pour protester contre l’effondrement attendu.
L’Organisation des Nations Unies et l’Union européenne ont à plusieurs reprises averti Israël que raser Khan al-Ahmar porterait atteinte aux efforts de paix avec les Palestiniens et constitue une violation du droit international.
«IsraĂ«l a l’entière responsabilitĂ© de fournir les services nĂ©cessaires, y compris l’Ă©ducation, les soins de santĂ© et le bien-ĂŞtre, aux personnes vivant sous son occupation, conformĂ©ment Ă la quatrième Convention de Genève», lit-on dans la rĂ©solution.
Israël affirme que les structures, principalement des cabanes et des tentes de fortune, ont été construites sans permis et constituent une menace pour les habitants du village en raison de leur proximité à une autoroute.




