L’Autorité de la population et de l’immigration a récemment bloqué la possibilité, pour des déserteurs ultra-orthodoxes et des personnes visées par des ordres d’interdiction de sortie du territoire, de quitter Israël via l’aéroport Ben Gourion. L’information a été révélée pour la première fois aujourd’hui (mercredi) par Galei Tsahal. Cette mesure vise à empêcher le départ de personnes sous le coup d’une interdiction de sortie, parmi lesquelles des milliers de déserteurs souhaitant s’envoler pour Ouman à l’approche de Roch Hachana, après que beaucoup d’entre eux avaient par le passé exploité des failles dans le dispositif de sécurité automatisé.
Jusqu’à présent, l’interdiction de sortie n’était appliquée qu’aux postes de contrôle des passeports de l’aéroport, via une barrière automatique. De nombreux déserteurs ultra-orthodoxes parvenaient à contourner cette barrière grâce à une méthode dite du « collage », consistant à franchir le portique en même temps qu’un autre voyageur non visé par une interdiction de sortie, ce qui déclenchait l’ouverture du portique pour ce dernier. Avec la nouvelle mesure entrée en vigueur récemment, les personnes visées par une interdiction de sortie ne peuvent désormais plus s’enregistrer pour un vol, l’information relative à l’ordre étant transmise aux compagnies aériennes dès l’étape de l’enregistrement.
Au sein des organisations de déserteurs ultra-orthodoxes, cette décision a suscité une vive colère, une mesure qui devrait laisser des milliers de fidèles bloqués en Israël pendant les fêtes et les empêcher de « se faufiler » hors du pays comme cela avait été fait par le passé. Le blocage précoce empêche désormais totalement une personne visée par une interdiction de sortie d’atteindre l’avion.
L’Autorité de la population et de l’immigration a réagi en indiquant que ces derniers mois, une rationalisation du processus de sortie du territoire avait effectivement été mise en place. Il a été décidé que toute personne visée par une interdiction de sortie recevrait désormais cette information dès le début de la procédure de départ d’Israël, et non plus à la fin de celle-ci, ce qui doit lui permettre de régulariser sa situation en amont du processus.
Cette mesure s’inscrit dans un contexte de tensions persistantes en Israël autour de la question de l’incorporation des ultra-orthodoxes dans l’armée, un sujet particulièrement sensible à l’approche du pèlerinage annuel d’Ouman, en Ukraine, qui attire chaque année des dizaines de milliers de pèlerins juifs, dont une partie significative de jeunes hommes soumis à l’obligation de conscription.
Sur ce sujet, on pourra également consulter nos articles sur la polémique autour du pèlerinage d’Ouman, où la procureure générale de l’État avait exigé l’arrestation des déserteurs tentant de quitter le pays, ainsi que sur les propos d’un dirigeant religieux lituanien appelant les conscrits à la désertion.






