Pas ce que vous pensiez : les électeurs surprenants des partis d’extrême droite en Europe

Pendant des années, la communauté gay a été considérée comme l’un des bastions de la gauche libérale en Europe, une partie de ses membres étant identifiée à des positions pro-palestiniennes et fermement anti-israéliennes. Mais ces dernières années, un revirement surprenant se dessine : de plus en plus de personnes LGBT choisissent de voter pour des partis d’extrême droite, principalement en raison de leurs positions strictes sur l’immigration et la sécurité.

En France, un sondage de l’institut Ifop a révélé que le Rassemblement national de Marine Le Pen et Jordan Bardella est aujourd’hui le parti le plus populaire parmi les électeurs de la communauté à l’approche de l’élection présidentielle de 2027. Selon ce sondage, 27 % des personnes LGBT ont l’intention de voter pour ce parti, contre seulement 17 % il y a trois ans. Dans le même temps, La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon a également progressé au sein de la communauté, passant de 15 % en 2022 à 25 % aujourd’hui, un signe de polarisation croissante.

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Une tendance similaire s’observe en Allemagne. Un sondage réalisé par le site de rencontres pour hommes gays Romeo a révélé que le parti Alternative pour l’Allemagne (AfD) est le choix privilégié des hommes homosexuels, avec 27,9 % de soutien, contre seulement 19,9 % pour les Verts. Parmi les facteurs avancés pour expliquer ce phénomène figure notamment le fait que la dirigeante du parti, Alice Weidel, est lesbienne assumée, vit avec sa compagne et est mère de deux filles, bien que son parti soit connu pour ses positions conservatrices.

Une dynamique comparable se renforce également au Royaume-Uni. Le parti Reform UK de Nigel Farage arrive en tête chez les électeurs gays avec 25 % de soutien, contre 19 % pour les Verts, 18 % pour le Labour et 15 % pour les Conservateurs. En Espagne, la situation reste différente : selon un sondage de 2025, 60 % des électeurs gays soutiennent encore les partis de gauche, mais le parti d’extrême droite Vox y progresse également, passant de 7,1 % à 9,1 % de soutien au sein de la communauté. Le chef du parti, Santiago Abascal, a affirmé qu’un jour viendrait où la majorité des homosexuels d’Espagne voteraient pour Vox, en raison notamment des positions fermes du parti contre l’immigration.

Des chercheurs expliquent ce basculement par le fait que, dans de nombreux pays, les droits LGBT sont désormais perçus comme acquis, ce qui pousse une partie des électeurs concernés à accorder davantage de poids aux questions de sécurité personnelle, de criminalité et d’immigration, à l’image de l’attentat à la voiture-bélier survenu lors de la Marche des fiertés à Berlin, où un terroriste d’origine musulmane a tué une femme et blessé 24 personnes, ou de cas où des personnes LGBT ont été agressées par des migrants.

D’autres chercheurs relient ce phénomène à la notion d’« homonationalisme », qui décrit le soutien d’une partie de la communauté gay à des politiques nationalistes et strictes envers les migrants, en particulier ceux d’origine musulmane, par la conviction que cela protège leur mode de vie et leurs droits.

Sur des sujets liés à la montée de l’extrême droite en Europe et à ses répercussions sur les minorités, on pourra consulter nos articles sur les menaces reçues par la dirigeante de la communauté juive de Munich de la part de partisans de l’AfD, ainsi que sur la position de Marion Maréchal concernant les subventions aux organisations LGBT.