« J’annonce ma dĂ©fection du rĂ©gime criminel de Bachar el-Assad » a dĂ©clarĂ© le gĂ©nĂ©ral de brigade, Nabil al-Dandal ainsi qu’un certain nombre d’autres officiers qui ont fait dĂ©fection après la rĂ©pression brutale du soulèvement syrien en mars 2011.
Al-Dandal a envoyĂ© une lettre ouverte au PrĂ©sident de la Knesset, Yuli Edelstein cette semaine, appelant les IsraĂ©liens Ă ouvrir un dialogue pour faire la paix avec le peuple syrien. IsraĂ«l n’a pas dĂ©clarĂ© son soutien Ă l’opposition syrienne modĂ©rĂ©e. La lettre est certainement exceptionnelle, mais on ne sait pas si elle reprĂ©sente l’opposition syrienne, qui comprend les djihadistes qui s’opposent Ă l’existence d’IsraĂ«l.
L’ancien gĂ©nĂ©ral a servi comme directeur de la Direction de l’immigration et des passeports Ă Deir Al-Zour, puis en tant que directeur de la Direction politique et de sĂ©curitĂ© du renseignement syrien Ă Latakia. Il appartient Ă la Akidat – une grande tribu sunnite – dont 3 millions de membres sont Ă©tablis sur les rives de l’Euphrate en Syrie et en Irak.
Al-Dandal a envoyĂ© la lettre Ă Edelstein par l’intermĂ©diaire de chercheurs israĂ©liens. D’autres militants syriens qui prĂ©tendent reprĂ©senter l’opposition syrienne ont envoyĂ© des lettres similaires auparavant, mais le fait mĂŞme que al-Dandal qui a donnĂ© sa « chair et son sang » au rĂ©gime syrien, ait Ă©crit une telle lettre a une signification tout Ă fait diffĂ©rente.
« Quand je faisais partie du rĂ©gime, j’Ă©tais convaincu que l’ancien prĂ©sident Hafez el-Assad avait ratĂ© l’occasion de faire la paix comme l’ancien prĂ©sident Ă©gyptien Anouar Al-Sadate. Mais au moment de servir le rĂ©gime, vous avez besoin de dire ce qu’il veut entendre et non pas ce que vous pensez vraiment », a dit al-Dandal lors d’un entretien tĂ©lĂ©phonique avec Ynet.
« Israël a la possibilité de faire la paix avec le peuple syrien car maintenant, depuis la révolution contre el-Assad, beaucoup de choses se sont passées, y compris la révélation du mensonge du régime en ce qui concerne sa résistance contre Israël. »
Selon al-Dandal, IsraĂ«l ne fait pas assez pour le peuple syrien. Il a indiquĂ© que la politique de non-intervention d’IsraĂ«l dans la guerre civile et ce qu’il qualifie de « dĂ©clarations scandaleuses » de la part des responsables israĂ©liens qui pensent que si el-Assad restait au pouvoir, cela serait bĂ©nĂ©fique pour IsraĂ«l.
« Nous devons comprendre que le peuple syrien n’est pas ISIS ou Jabhat Al-Nusra. Ces (groupes) sont constituĂ©s d’un peuple Ă l’extĂ©rieur de la Syrie et ils sont le produit du rĂ©gime syrien », a-t-il soulignĂ©.
Au cours des dernières annĂ©es, al-Dandal a appelĂ© IsraĂ«l Ă se tenir aux cĂ´tĂ©s du peuple et non au cĂ´tĂ© des tyrans : « L’histoire (nous) a appris que celui qui se tient aux cĂ´tĂ©s des dictateurs perd, et celui qui se tient avec (les) personnes gagne ». Ce dissident a Ă©galement expliquĂ© qu’il croyait sincèrement que son opinion reprĂ©sentait la majorité des Syriens, mĂŞme si parfois l’opposition avait exprimĂ© des positions anti-israĂ©liennes.
« Le peuple syrien veut la paix avec IsraĂ«l. Mais IsraĂ«l a besoin de dire qu’il se tient Ă ses cĂ´tĂ©s et non aux cĂ´tĂ©s de son rĂ©gime ».
Il affirme que l’Iran d’aujourd’hui tire les ficelles en Syrie : « Aujourd’hui, il y a un plan persan qui n’est plus secret. Les Iraniens contrĂ´lent un certain nombre de capitales du Moyen-Orient. Est-ce qu’IsraĂ«l ne devrait pas craindre que l’Iran puisse atteindre ses frontières ? VoilĂ ce qu’il doit se demander ».
En rĂ©ponse quant Ă savoir si oui ou non il Ă©tait prĂŞt Ă se rendre en IsraĂ«l, il a dit qu’il n’excluait pas cette possibilitĂ©. « Nous devons mettre fin aux guerres. N’en avons-nous pas eu assez ces (dernières) quelques dizaines d’annĂ©es ? Nous devons nous asseoir et parler. Je suis prĂŞt Ă le faire ».
Il a Ă©galement exprimĂ© sa dĂ©ception qu’IsraĂ«l ne soit pas venu Ă l’aide de l’opposition syrienne : « Les Syriens devraient envoyer un message de paix, dire qu’ils se tiennent contre la dictature et la tyrannie, et qu’ils soutiennent la paix entre les deux nations et non pas seulement des dirigeants tyranniques Ă©goĂŻstes. Les Syriens ont Ă©tĂ© extrĂŞmement déçus quand ils ont entendu les dĂ©clarations d’un certain nombre de dirigeants en IsraĂ«l et de responsables de la sĂ©curitĂ© qui ont dit qu’ils voudraient s’allier avec el-Assad « .
Il a citĂ© un verset du Coran : « En effet, ceux qui ont cru et ceux qui Ă©taient Juifs ou ChrĂ©tiens ou SabĂ©ens – ceux (parmi eux) qui ont cru en Allah auront au Jour dernier leur rĂ©compense auprès de leur Seigneur, et aucune crainte ne sera faite à leur sujet, et ils ne seront point affligĂ©s ».
Il a ensuite appelé Jérusalem « ville de paix » et a dit que tous les croyants devraient être en mesure de prier dans cet endroit :
« Le peuple syrien veut dire au peuple israĂ©lien qu’il souhaite mettre un terme aux guerres et qu’il est prĂŞt Ă prendre les mesures nĂ©cessaires pour bâtir une paix durable ».




