Haaretz met en garde les IsraĂ©liens contre l’adoption d’enfants de Russie

« Des milliers d’IsraĂ©liens qui ont adoptĂ© des enfants de Russie et d’Europe de l’Est ne savaient pas ce qu’ils allaient faire », lit-on dans un article effrayant publiĂ© samedi soir sur le site Web Haaretz.

La journaliste Shani Litman a évoqué les souffrances des parents adoptifs israéliens, confrontés à des problèmes graves et sans espoir après l’adoption, sur lesquels médiateurs et médecins ne les ont pas prévenus : les enfants «ne font pas la distinction entre le bien et le mal, et ne comprennent pas ce qu’on leur dit « .

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Selon l’article, la racine du problème rĂ©side dans le fait que les mĂ©decins en IsraĂ«l ont très peu de connaissances sur la notion de « syndrome d’alcoolisme foetal (SAF) », bien que la moitiĂ© des bĂ©bĂ©s des orphelinats en Russie souffrent de ce syndrome et de ces troubles par rapport aux autres Ă©tats post-soviĂ©tiques.

Selon Wikipedia, «le SAF est une combinaison de dĂ©fauts mentaux et physiques congĂ©nitaux qui apparaissent pour la première fois Ă  la naissance et le restent toute la vie. C’est une situation qui dure toute la vie et qui ne disparaĂ®t pas avec l’âge.  » Le syndrome comprend « des anomalies cĂ©rĂ©brales et des troubles associĂ©s Ă  l’activitĂ© du système nerveux central, notamment des anomalies neurologiques, un retard mental, des troubles du comportement, des dĂ©ficiences intellectuelles et / ou des anomalies de la structure cĂ©rĂ©brale ».

Ces anomalies et troubles sont exprimĂ©s chez les enfants Ă  des degrĂ©s divers et se manifestent par divers troubles du processus d’apprentissage et du comportement social. Pire encore, elles sont incorrigibles : meilleures conditions, amour et caresses des parents, activitĂ©s de dĂ©veloppement, clubs, assistance psychologique, tout cela n’a qu’un effet limitĂ© et les problèmes de comportement de l’enfant deviennent plus difficiles avec l’âge.

Les mĂ©decins israĂ©liens, qui sont embauchĂ©s par des entreprises intermĂ©diaires, disent aux parents adoptifs que l’enfant qu’ils ont choisi est pratiquement en bonne santĂ©, tout simplement parce qu’ils ne connaissent pas le SAF et les violations du «spectre de l’alcoolisation fĹ“tale» et ne sont pas en mesure de reconnaĂ®tre ces pathologies par des signes extĂ©rieurs. Après avoir amenĂ© le bĂ©bĂ© en IsraĂ«l, les parents adoptifs y ont mis toutes leurs forces constatent avec horreur que, selon les mĂ©decins, l’enfant «normal» ne s’amĂ©liore pas avec l’âge, mais devient de plus en plus difficile et malheureux. Ces enfants et adolescents souffrent d’agressivitĂ© accrue, sont sujets Ă  la dĂ©pression grave, au suicide et Ă  un comportement criminel. Les appels aux psychiatres n’aident pas et seuls quelques experts israĂ©liens sont capables de reconnaĂ®tre les lĂ©sions cĂ©rĂ©brales alcooliques et de choisir le traitement optimal.

Il n’existe pas de donnĂ©es Ă©pidĂ©miologiques sur la frĂ©quence du SAF et les violations du spectre de l’alcoolisme fĹ“tal en Russie. Les chiffres publiĂ©s dans Wikipedia en russe sont bien infĂ©rieurs Ă  50%, selon Shani Litman. Toutefois, comme indiquĂ© dans le rapport du Centre scientifique pour la santĂ© des enfants de l’AcadĂ©mie des sciences mĂ©dicales de Russie, «le SAF est diagnostiquĂ© relativement rarement en raison d’une sensibilisation insuffisante des mĂ©decins Ă  cette forme de pathologie» et «en l’absence de spectre symptomatique, le SAF n’est pas diagnostiqué». Dans les orphelinats de Mourmansk, oĂą les mĂ©decins canadiens ont Ă©tĂ© examinĂ©s, ils ont diagnostiquĂ© le SAF chez 13% des enfants et des lĂ©sions alcooliques moins graves dans 45% des cas. Ainsi, semble-t-il, la journaliste de « Haaretz » n’exagère pas les risques, pour les parents adoptifs israĂ©liens d’enfants russes.

Les IsraĂ©liens ont Ă©tĂ© autorisĂ©s Ă  adopter des enfants il y a 20 ans et, au fil des annĂ©es, environ 3 000 bĂ©bĂ©s ont Ă©tĂ© amenĂ©s dans le pays, provenant pour la plupart de pays de l’ex-URSS. Maintenant, IsraĂ«l n’a conclu d’accords d’adoption qu’avec deux pays – la Russie et la Serbie. Le nombre d’adoptions Ă  l’Ă©tranger a fortement diminuĂ©. Au cours de la dernière annĂ©e, seuls 17 enfants ont Ă©tĂ© amenĂ©s dans le pays, dont 15 en provenance de Russie.