Le ministère américain de la Défense élabore une nouvelle stratégie nucléaire pour les États-Unis, mettant l’accent sur la possibilité de recourir à des armes nucléaires tactiques à courte portée en cas de guerre régionale face à la Chine ou à la Russie, a rapporté aujourd’hui (mercredi) la chaîne NBC. Le plan en cours d’élaboration modifierait les options de riposte nucléaire présentées au président des États-Unis en cas de crise.
Selon ces informations, l’objectif de cette nouvelle stratégie est d’empêcher qu’une guerre conventionnelle ne dégénère en confrontation nucléaire, et de priver un éventuel adversaire de tout avantage dans un tel affrontement. La stratégie se concentre principalement sur d’éventuels affrontements régionaux face à la Russie et à la Chine, que Washington considère comme ses principaux rivaux nucléaires.
Un changement de doctrine porté par Elbridge Colby
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Ce nouveau plan est piloté par Elbridge Colby, secrétaire adjoint à la Défense chargé de la politique, et l’une des figures les plus influentes du Pentagone. Colby, qui avait déjà joué un rôle central dans l’arrêt de l’aide militaire américaine à l’Ukraine et dans la reconfiguration de la présence militaire américaine en Europe, plaide pour accorder un rôle plus important à l’arme nucléaire tactique, s’écartant ainsi de l’approche actuelle, qui repose principalement sur des systèmes stratégiques à longue portée destinés à détruire les forces nucléaires de l’adversaire. Selon Colby, la Chine et la Russie comprennent d’ores et déjà que Washington est prête à utiliser ce type d’armement.
Selon NBC, Colby prévoyait de présenter ses propositions ce mercredi lors d’un événement militaire à huis clos dans le Nebraska, à l’occasion d’une visite au Commandement stratégique des États-Unis, l’organe responsable de la gestion des forces nucléaires du pays.
Un haut responsable du ministère de la Défense a résumé la logique de la démarche : « Notre position est que nous avons besoin d’options nucléaires crédibles. » Mais l’approche a également suscité des réserves parmi certains experts, qui estiment qu’accorder une place plus importante à l’arme tactique pourrait affaiblir la dissuasion en rendant la menace d’une frappe nucléaire de grande ampleur moins crédible, et pourrait laisser les forces américaines moins préparées à un affrontement nucléaire de grande ampleur dans certains scénarios. Un collaborateur du Congrès proche du dossier est allé plus loin, jugeant qu’il était « difficile d’imaginer une étude plus en décalage avec la position affichée du président Trump, qui veut redonner sa grandeur à la dissuasion nucléaire américaine. Il veut clairement davantage d’options et de capacités, pas moins. »
Le président américain Donald Trump avait lui-même annoncé, au cours de l’année et demie écoulée, un changement d’approche de la politique nucléaire américaine. Trump avait déclaré avoir ordonné au Pentagone d’entamer des essais nucléaires, et qu’il œuvrerait à élargir l’arsenal nucléaire américain.






