« Il parle arabe » : Zvika Yehezkeli rĂ©vèle le secret de Trump face Ă  l’Iran

Zvika Yehezkeli, commentateur arabophone d’i24NEWS et l’une des voix les plus Ă©coutĂ©es en IsraĂ«l sur les affaires du monde arabe, a accordĂ© une interview Ă  la radio Galei IsraĂ«l dans laquelle il propose une lecture particulièrement Ă©clairante du comportement de Donald Trump dans la crise avec l’Iran.

Sa thèse est simple, provocatrice et difficile Ă  contester : Trump a adoptĂ© face Ă  l’Iran exactement le langage des menaces que les rĂ©gimes du Moyen-Orient ont toujours utilisĂ© contre IsraĂ«l.

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La rhétorique du miroir

« Tu sais ce qui est formidable avec Trump ? Il menace les Iraniens exactement comme les Arabes ont toujours menacĂ© IsraĂ«l. C’est le mĂŞme langage », a dĂ©clarĂ© Yehezkeli. « Ils disaient toujours : nous allons rayer Tel Aviv, nous allons dĂ©truire IsraĂ«l. Lui leur dit : nous allons rayer l’Iran, nous allons dĂ©truire les armĂ©es, nous allons tout effacer. »

Ce renversement de rĂ´le n’est pas anodin. Pendant des dĂ©cennies, les rĂ©gimes arabes et iranien ont utilisĂ© un registre de menaces hyperboliques, de dĂ©clarations apocalyptiques et de surenchères rhĂ©toriques comme instrument de pression politique — un langage que les dĂ©mocraties occidentales, soumises Ă  d’autres conventions diplomatiques, ne maĂ®trisent pas ou n’osent pas employer. Trump, lui, n’a aucun problème avec ce registre. Et c’est prĂ©cisĂ©ment ce qui dĂ©stabilise TĂ©hĂ©ran.

La « culture du bazar » décodée

Yehezkeli va plus loin. Il suggère que Trump a peut-ĂŞtre rĂ©ussi Ă  percer ce qu’il appelle la « culture du bazar » du Moyen-Orient — un mode de nĂ©gociation fondĂ© sur la dĂ©mesure initiale, l’opacitĂ© des intentions et la capacitĂ© Ă  changer de position sans jamais perdre la face. « Peut-ĂŞtre qu’il y a lĂ  quelqu’un qui a percĂ© la ‘culture du bazar’ », dit-il. « Ils sont dogmatiques, ils vont toujours droit dans le mur. Leur faiblesse, c’est le manque de flexibilitĂ©, l’absence de crĂ©ativitĂ©. »

L’Iran, en d’autres termes, sait nĂ©gocier avec des adversaires prĂ©visibles — des diplomates europĂ©ens qui respectent des protocoles, des administrations amĂ©ricaines qui cherchent des compromis honorables. Face Ă  Trump, les repères habituels ne fonctionnent plus. Il annonce une opĂ©ration militaire, la suspend le mĂŞme soir, rouvre les nĂ©gociations, ferme la porte, la rouvre. « Il les trolle, et ça les rend fous », rĂ©sume Yehezkeli.

L’Iran au point le plus faible de la guerre

La conclusion de Yehezkeli est sans appel : l’Iran traverse actuellement l’une de ses phases de plus grande faiblesse depuis le dĂ©but du conflit. « Les Iraniens sont maintenant au point le plus faible de la guerre », dit-il. « Ils ne reconnaissent pas ce patron. Ils n’ont aucun levier de pression sur lui, et il les trolle et les rend fous. Il saute d’ouest en est. »

Cette imprĂ©visibilitĂ© — que ses adversaires intĂ©rieurs amĂ©ricains vivent comme un dĂ©sordre — est peut-ĂŞtre, dans le contexte spĂ©cifique du Moyen-Orient, une forme de puissance stratĂ©gique que nul autre prĂ©sident amĂ©ricain n’avait su ou voulu dĂ©ployer.


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