Israël suit avec une vive inquiétude l’ébauche d’accord entre les États-Unis et l’Iran : « Si c’est vrai, c’est très mauvais »

Depuis plusieurs jours, Israël observe avec une tension croissante les contours du projet d’accord qui se dessine entre Washington et Téhéran. Derrière le silence officiel affiché par les autorités israéliennes, les signaux d’alarme se multiplient. Des sources israéliennes au fait des détails ont confié que si les grandes lignes qui ont filtré correspondent à la réalité, « il s’agit d’une évolution très préoccupante du point de vue d’Israël ».

Le cœur des inquiétudes israéliennes tient à la séquence prévue par l’ébauche d’accord : en premier lieu un cessez-le-feu, l’ouverture du détroit d’Hormuz et des allégements économiques accordés à l’Iran — et seulement dans un second temps, une reprise des discussions sur le dossier nucléaire. C’est cet ordre des priorités qui suscite le plus de réserves à Jérusalem.

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La proposition pakistanaise, qui bénéficierait d’un soutien américain, prévoit une prolongation du cessez-le-feu de soixante jours, l’ouverture du détroit d’Hormuz, la levée du blocus sur les ports iraniens, un assouplissement sur les fonds iraniens gelés à l’étranger, ainsi qu’un cessez-le-feu sur le front libanais. Ce n’est que dans une phase ultérieure que reprendraient les discussions sur le programme nucléaire — et ce, « à partir du point où elles s’étaient arrêtées », selon les éléments qui ont fuité.

À Jérusalem, cette formule est lue comme un signal d’alarme. Dans la logique israélienne, l’Iran pourrait obtenir dès la première phase des gains stratégiques considérables — réouverture des routes maritimes, allégements économiques, dégel de ses avoirs, réduction de la pression militaire — avant d’avoir pris le moindre engagement sérieux sur le plan nucléaire. Un responsable israélien a formulé la crainte de la manière suivante : « L’accord donnerait à l’Iran du temps, de l’argent et un calme régional, sans démantèlement réel de ses capacités nucléaires et terroristes. »

La formulation selon laquelle les négociations sur le nucléaire reprendraient « à partir du point où elles s’étaient arrêtées » est également décryptée avec méfiance à Jérusalem. Les responsables israéliens y voient l’ouverture vers un nouveau cycle de discussions prolongées, sans garantie que le processus aboutisse à un démantèlement effectif.

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La dimension libanaise de l’accord soulève des inquiétudes tout aussi sérieuses. Selon les éléments révélés, l’ébauche inclut un règlement de la guerre entre Israël et le Hezbollah, assorti d’un soutien américano-iranien à un dialogue libano-israélien. La crainte israélienne est que cette clause entérine une situation dans laquelle le Hezbollah sortirait du conflit avec ses capacités militaires intactes et son emprise politique au Liban préservée, sans désarmement significatif.

Netanyahou a exprimé ces préoccupations lors d’un entretien téléphonique nocturne avec Trump. Il a soulevé ses inquiétudes concernant le volet libanais et les implications globales de l’accord. Selon un haut responsable américain, Netanyahou a exprimé ses préoccupations « de manière respectueuse ». Washington a néanmoins tenu à préciser qu’il ne s’agit pas d’un « cessez-le-feu unilatéral » et qu’Israël conserverait la liberté d’agir si le Hezbollah tentait de se réarmer ou de reprendre ses attaques. « Si le Hezbollah se comporte bien, Israël se comportera bien », a indiqué le responsable américain.

Israël accueille cette assurance avec une prudence marquée. Malgré les coups sévères encaissés par le Hezbollah ces derniers mois, l’organisation conserve des milliers de roquettes, des infrastructures militaires significatives et s’emploie à se reconstruire avec l’aide iranienne. À Jérusalem, la crainte est que Trump, dans sa volonté d’obtenir rapidement un résultat diplomatique permettant de stabiliser les marchés énergétiques et de réduire le risque d’une guerre régionale élargie, repousse une nouvelle fois à la marge la question qui est, aux yeux d’Israël, au cœur de la crise : le programme nucléaire iranien.


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