Joe Biden : « Les Etats-Unis vont accroĂ®tre leur prĂ©sence en Europe de l’Est »

Le prĂ©sident amĂ©ricain Biden entend poursuivre le transfert des troupes amĂ©ricaines vers l’Europe de l’Est, malgrĂ© le ton conciliant des rĂ©centes dĂ©clarations du ministère russe des Affaires Ă©trangères. « Je transfĂ©rerai des troupes en Europe de l’Est et dans les pays de l’OTAN dans un proche avenir. », a dĂ©clarĂ© Joe Biden aux journalistes vendredi.

Des dizaines de milliers de soldats amĂ©ricains sont stationnĂ©s dans des bases de l’OTAN en Europe, mais le Pentagone a l’intention de dĂ©ployer un petit contingent supplĂ©mentaire sur le flanc est.

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8 500 soldats et officiers amĂ©ricains ont dĂ©jĂ  reçu l’ordre cette semaine de se prĂ©parer au dĂ©ploiement en Europe de l’Est, y compris le soutien aĂ©rien, mĂ©dical et logistique.

Quelques heures avant le discours de Joe Biden, le prĂ©sident des chefs d’Ă©tat-major interarmĂ©es, le gĂ©nĂ©ral Mark Milley, a averti qu’une invasion russe de l’Ukraine serait « horrible » et entraĂ®nerait des pertes importantes. «En raison de la nature des troupes qu’ils (RF – Ă©d.) ont dĂ©ployĂ©es Ă  la frontière, s’il y a une attaque contre l’Ukraine, ce sera quelque chose de très important et entraĂ®nera de lourdes pertes. Vous pouvez imaginer Ă  quoi [la guerre] ressemble dans les zones urbaines, le long des routes, etc… Ce sera monstrueux. C’est grave et personne n’en a besoin. Nous pensons que cela devrait ĂŞtre rĂ©solu par la diplomatie », a dĂ©clarĂ© Mark Milley lors d’une confĂ©rence de presse au Pentagone. Il a Ă©galement dĂ©clarĂ© que la gĂ©ographie de l’Ukraine est telle que les eaux souterraines gelĂ©es permettent de traverser le pays hors route et d’effectuer de larges manĹ“uvres avec des vĂ©hicules Ă  roues. Les experts militaires ont beaucoup parlĂ© ces dernières semaines du fait qu’après la fonte des neiges et le dĂ©gel printanier, il sera difficile pour l’armĂ©e russe d’envahir l’Ukraine jusqu’Ă  l’Ă©tĂ©. Les semaines Ă  venir seront donc ici dĂ©cisives.

Le gĂ©nĂ©ral Milli a soulignĂ© que l’armĂ©e ukrainienne « s’est considĂ©rablement amĂ©liorĂ©e depuis 2014, mais a besoin de plus d’aide, surtout face Ă  de telles forces que la Russie a concentrĂ©es Ă  la frontière. « Cela ne passera pas pour la Russie sans coĂ»t, ni en termes de pertes, ni dans d’autres sens. »

Les mĂ©dias amĂ©ricains rapportent une volontĂ© du prĂ©sident ukrainien Volodymyr Zelensky de faire baisser le niveau d’anxiĂ©tĂ© quant Ă  la possibilitĂ© d’une invasion russe. A Kiev, ils craignent que cela ne provoque la panique. En effet, selon certains journalistes ukrainiens, les riches de Kiev se sont dĂ©jĂ  prĂ©cipitĂ©s pour envoyer leurs familles en Occident. Jeudi, Zelensky et Biden n’Ă©taient pas d’accord sur la menace, et le lendemain, le prĂ©sident ukrainien a dĂ©clarĂ© que la rhĂ©torique militaire sème la panique et dĂ©stabilise l’Ă©conomie du pays. « Ils disent que demain il y a une guerre. Cela signifie la panique », a-t-il dĂ©clarĂ© aux journalistes.

En concentrant un Ă©norme poing militaire sur la frontière avec l’Ukraine et en dĂ©liant les langues des propagandistes et des parlementaires Ă  plein temps, les autoritĂ©s russes ont tentĂ© de crĂ©er un « sentiment d’avant-guerre » pour faire pression sur les États-Unis et l’OTAN. Maintenant que la menace s’est retournĂ©e contre lui et qu’au lieu de concessions de l’Occident, on entend une rhĂ©torique belliqueuse, le ministre des Affaires Ă©trangères SergueĂŻ Lavrov a dĂ©clarĂ© qu’ « il n’y aura pas de guerre, dans la mesure oĂą cela dĂ©pend de la Russie, car nous ne voulons pas la guerre ».