Bombes et missiles d’un côté. Profits record de l’autre. Depuis plus d’un mois que la guerre contre l’Iran fait rage, une économie parallèle s’est installée en Israël — celle de ceux qui tirent bénéfice du chaos. Banques, chaînes de supermarchés, industries de défense et compagnies d’énergie font partie de ceux que le directeur commercial de la Bourse de Tel Aviv, Yaniv Pagot, range dans la catégorie des « gagnants du conflit ».
Les gagnants économiques de la guerre sont le sujet que l’on n’ose pas aborder — et pourtant, ils existent, documentés, mesurables.
Les supermarchés : quand l’ennemi, c’est l’absence de concurrence
Les premiers bénéficiaires sont ceux que l’Israélien rencontre à chaque fois qu’il fait ses courses : il ne voyage pas à l’étranger, reste chez lui, dépense plus au supermarché — et fait moins attention au prix. « Le consommateur reste dans le pays et se compense d’une façon ou d’une autre », dit Pagot. Les derniers rapports financiers des entreprises pour 2025 montrent déjà des premières indications de hausse des prix, et au premier trimestre 2026 la situation devrait se préciser davantage. mako
Ce mécanisme est connu, on l’a déjà vu à l’époque du Covid : les cieux sont fermés, le fret maritime souffre de difficultés et la concurrence sur les prix est affaiblie — et les réseaux profitent de la situation pour augmenter les prix. L’État, par ailleurs, profite discrètement : chaque hausse de prix en caisse augmente les recettes de la TVA, qui a rappelons-le augmenté de 1 % début 2025. mako
Les banques : les grands absents du sacrifice collectif
Après près de deux ans sans changement, la Banque d’Israël a réduit ses taux en novembre dernier, puis de nouveau de façon surprenante en janvier. Les prévisions tablaient sur une nouvelle baisse en mars — et c’est alors que les nuages de la guerre ont commencé à apparaître. Les anticipations d’inflation ont bondi et, selon Pagot, la prochaine baisse a été repoussée au moins à la prochaine annonce fin mai, voire au-delà. Et pendant ce temps, les banques profitent. Un taux élevé qui reste en place signifie des revenus d’intérêts plus élevés. Les emprunteurs hypothécaires qui attendaient un allègement continuent à payer davantage. mako
Les industries de défense : la guerre comme vitrine commerciale
« L’Europe a été prise en flagrant délit en ce qui concerne les budgets de défense », note Pagot. Les entreprises de drones et de systèmes aériens, dont beaucoup sont encore privées, prouvent leurs capacités au combat, ce qui leur ouvre des portes vers de nouveaux clients. Pagot estime que même après la fin de la guerre actuelle, la demande ne s’arrêtera pas — elle devrait même s’intensifier. mako
L’énergie et les transports aériens
Les sociétés énergétiques détenant des gisements de gaz importants bénéficient de la pénurie liée à la guerre dans le Golfe, qui a transformé le gaz en actif stratégique. Les compagnies aériennes israéliennes souffrent actuellement des cieux fermés, mais pas pour longtemps : lorsque les cieux s’ouvriront, les compagnies aériennes étrangères ne se précipiteront pas à revenir, et les compagnies israéliennes bénéficieront d’une fenêtre de monopole. Moins de concurrence signifie des billets d’avion plus chers — au détriment des passagers. mako
Les perdants
Le secteur immobilier résidentiel est entré en guerre alors qu’il était déjà fragilisé : des taux qui ne baissent pas, des acheteurs qui attendent, et des projets difficiles à faire avancer dans des conditions de combat. L’immobilier commercial — centres commerciaux, espaces d’affaires — absorbe un double coup : des recettes faibles d’un côté, et des taux élevés qui pèsent sur la valeur des actifs de l’autre. Les enseignes d’habillement se trouvent dans le même bateau : quand les gens ne sortent pas de chez eux, ils n’achètent pas de vêtements non plus. mako
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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