Liberman : « Tsahal a identifié hier une cinquantaine de commandos du Nukhba en entraînement de raid, l’échelon politique a refusé d’agir »

Le président du parti Israël Beiteinou, le député Avigdor Liberman, a affirmé dans une déclaration prononcée ce mercredi au poste-frontière de Kerem Shalom, dans l’enveloppe de Gaza, que le Premier ministre Benjamin Netanyahou « a renoncé à l’indépendance dans la prise de décisions sécuritaires » et que « l’échelon politique a refusé d’agir » face à une menace identifiée par Tsahal.

Selon Liberman, l’armée israélienne aurait identifié hier un entraînement mené par une cinquantaine de combattants du Nukhba, simulant un raid et la prise d’un village juif. « Tsahal a demandé à agir immédiatement, mais l’échelon politique a refusé et a donné l’instruction de ne pas tirer », a-t-il déclaré.

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Le chef d’Israël Beiteinou a par ailleurs relié cette accusation à la question de l’entrée des camions d’aide humanitaire dans la bande de Gaza, un sujet sur lequel il s’est montré tout aussi virulent. « Nous sommes revenus totalement à la même conception et au même confinement qui nous ont menés au massacre du 7 octobre », a-t-il affirmé, avant d’ajouter : « Netanyahou a renoncé à l’indépendance dans la prise de décisions sécuritaires. Israël ne peut plus aujourd’hui bouger le petit doigt sans coordonner cela avec les États-Unis — c’est tout simplement la faillite. »

« 20 % de la valeur de chaque camion va dans la poche du Hamas »

Selon Liberman, « chaque camion qui entre — 20 % de la valeur de la marchandise va dans la poche du Hamas. Cela s’ajoute à l’accord donné par Netanyahou pour transférer 400 millions de dollars dans la bande de Gaza, soi-disant destinés à des fournisseurs, dont 40 % vont en réalité au bras militaire du Hamas. » Il a précisé que le Conseil pour la paix devait transférer cette somme à des fournisseurs et prestataires de services, en fonction de listes établies par le Hamas lui-même.

Il a poursuivi ses accusations en affirmant que « tous ces camions paient des taxes à l’organisation terroriste et sont coordonnés avec elle, et l’on oblige également les fournisseurs israéliens à acheter la marchandise uniquement dans certains endroits, principalement en Turquie. Cela permet ainsi de blanchir l’argent du Hamas en Turquie. »

Concernant la dépendance d’Israël vis-à-vis des États-Unis, Liberman a ajouté : « La base militaire américaine construite ici prouve que Netanyahou a renoncé à l’indépendance dans la prise de décisions sécuritaires. Israël ne peut actuellement pas bouger une épingle sans coordonner cela avec les États-Unis — nous n’étions pas dans une telle situation, même avant le 7 octobre. Ce gouvernement n’a pas le droit d’exister. »

Un raid simulé sur un village juif

L’accusation la plus grave formulée par Liberman concerne l’entraînement identifié par Tsahal la veille de sa déclaration. Selon ses propos, l’armée aurait détecté environ cinquante combattants du Nukhba — l’unité d’élite du Hamas responsable du massacre du 7 octobre 2023 — en train de s’exercer à un scénario de raid visant la prise d’un village juif. Tsahal aurait demandé l’autorisation d’intervenir immédiatement contre ce rassemblement, mais l’échelon politique aurait refusé cette demande et ordonné aux forces de ne pas ouvrir le feu.

Cette déclaration s’inscrit dans une série d’attaques répétées de Liberman contre la gestion sécuritaire du gouvernement Netanyahou depuis le début de la guerre. L’ancien ministre de la Défense, qui avait démissionné de ce poste en 2018 en raison de désaccords sur la politique de fermeté envers le Hamas, se positionne régulièrement comme l’un des critiques les plus virulents de la ligne adoptée par le Premier ministre face à l’organisation terroriste.

Le poste-frontière de Kerem Shalom, point de passage principal pour l’acheminement de l’aide humanitaire vers la bande de Gaza, est régulièrement le théâtre de déclarations politiques de la part de responsables israéliens venus dénoncer ou défendre la politique d’acheminement de l’aide. Liberman avait déjà tenu, par le passé, des déclarations similaires depuis ce même point de passage, dénonçant à plusieurs reprises ce qu’il qualifie de financement indirect du Hamas par le biais des mécanismes d’aide humanitaire.

Ni le bureau du Premier ministre ni Tsahal n’ont pour l’heure réagi publiquement aux propos de Liberman concernant l’entraînement des combattants du Nukhba et le refus allégué de l’échelon politique d’autoriser une intervention.


Sur les prises de position répétées d’Avigdor Liberman contre la gestion sécuritaire du gouvernement Netanyahou, notre rédaction avait déjà rapporté que Liberman avait affirmé que Netanyahou « va créer un État palestinien et vendra la sécurité d’Israël », ainsi que ses précédentes déclarations tenues au même poste-frontière de Kerem Shalom sur la question de l’aide humanitaire à Gaza. Retrouvez également l’ensemble de notre actualité sur https://infos-israel.news/.