La lettre accablante révèle : le rôle qu’a joué Epstein aux côtés d’Ehud Barak

Le délinquant sexuel condamné et milliardaire aujourd’hui décédé, Jeffrey Epstein, aurait selon toute vraisemblance servi de conseiller à l’ancien Premier ministre israélien Ehud Barak, et aurait concrètement fonctionné comme son « guide » dans les méandres de la diplomatie entre les États-Unis, la Russie et le Moyen-Orient. C’est ce qui ressort d’une lettre accablante envoyée par l’élu démocrate à la Chambre des représentants américaine, Jamie Raskin, membre démocrate le plus haut placé de la commission judiciaire de la Chambre, exigeant une enquête sur les liens étendus qu’entretenait Epstein avec une série de gouvernements étrangers.

Selon les informations rapportées par le site d’actualités Axios, l’enquête du Parti démocrate soulève le soupçon qu’Epstein aurait en réalité agi comme agent étranger non déclaré pour un grand nombre de pays, tout en tentant d’exploiter la relation qu’il entretenait par le passé avec le président américain Donald Trump. Dans la lettre, envoyée à des hauts responsables de l’administration actuelle, parmi lesquels le secrétaire d’État Marco Rubio et le procureur général par intérim Todd Blanche, il est affirmé que ces liens ne se sont pas limités à Israël mais se sont étendus à l’ensemble du Moyen-Orient et au-delà.

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Un homme se présentant comme conseiller secret de Riyad

Les documents révélés montrent qu’Epstein a tenté de se positionner comme un homme de confiance financier et un émissaire pour la couronne saoudienne, déclarant dans l’une de ses correspondances : « Je suis heureux de représenter les intérêts de l’Arabie saoudite. Point final. » Raskin a noté que les e-mails révèlent clairement l’existence d’une relation étroite avec le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane. Par ailleurs, les documents montrent qu’en 2017, Epstein a conseillé l’émir du Koweït en vue de la visite de Trump, lui demandant quels éléments « concrets » le Koweït souhaitait obtenir des États-Unis.

Des conseils jusqu’à Moscou

De façon tout aussi troublante, le milliardaire a fourni des conseils à des hauts responsables russes, au premier rang desquels l’ambassadeur de Russie à l’ONU aujourd’hui décédé, Vitaly Tchourkine, sur la meilleure façon d’aborder Trump : « Il a compris Trump après nos conversations, ce n’est pas compliqué. Il doit sentir qu’il obtient quelque chose, c’est aussi simple que ça. »

Cette dimension russe du dossier trouve un écho dans des révélations distinctes publiées ces derniers mois par le site Drop Site News, qui a mis au jour des échanges de courriels entre Epstein et Ehud Barak datant de 2013, en pleine guerre civile syrienne. Ces échanges montrent qu’Epstein a œuvré à établir un canal de communication discret entre Barak et le Kremlin, dans l’espoir d’obtenir le soutien de la Russie à un départ négocié du président syrien Bachar el-Assad. Selon ces documents, Epstein aurait notamment encouragé Barak à solliciter une rencontre privée avec Vladimir Poutine à l’occasion d’un déplacement à Moscou, et les deux hommes auraient travaillé ensemble à la rédaction d’une tribune destinée à un grand journal américain, dans le but d’orienter le débat sur une transition politique en Syrie favorable aux intérêts israéliens.

Une demande de documents avant le 3 août

Raskin met en garde dans sa lettre contre le fait que les liens d’Epstein avec des dirigeants étrangers constituent une atteinte potentiellement grave à la sécurité nationale, et exige de l’administration qu’elle fournisse, avant le 3 août, des documents relatifs à ses contacts avec 19 pays, parmi lesquels Israël, l’Arabie saoudite, le Qatar et la Russie. Il a également adressé une question difficile au ministère de la Justice, lui demandant pourquoi Epstein n’a jamais fait l’objet d’une enquête au titre de la loi sur l’enregistrement des agents étrangers.

La porte-parole de la Maison-Blanche, Abigail Jackson, a répondu à Axios que, comme l’a affirmé le président Trump, celui-ci a été totalement blanchi de tout ce qui touche à Epstein. Le ministère de la Justice américain a pour sa part refusé de commenter.

L’article original, signé Eli Leon, a été publié le 22 juillet 2026 sur le site de Maariv, avec des éléments complémentaires issus des révélations publiées par Axios et Drop Site News.

Pour prolonger la lecture sur les réseaux d’influence au Moyen-Orient, retrouvez notre article sur les révélations du Mossad concernant les réseaux clandestins iraniens en Occident.