L’attaque de missiles meurtrière contre la base de l’armĂ©e de l’air amĂ©ricaine de Muwaffaq Salti, en Jordanie, a mis en lumière une rĂ©alitĂ© prĂ©occupante : bien que les États-Unis et IsraĂ«l aient consacrĂ© de longues semaines Ă bombarder les « villes de missiles » souterraines de l’Iran, TĂ©hĂ©ran est parvenue Ă restaurer ses capacitĂ©s de tir depuis ses tunnels fortifiĂ©s et Ă dĂ©montrer que son arsenal de missiles et de drones constitue toujours une menace rĂ©elle. C’est ce qu’a rapportĂ© ce matin (mercredi) le Wall Street Journal.
Durant les premières phases de la guerre, avions de chasse et drones ont bombardĂ© les installations de stockage et de lancement de TĂ©hĂ©ran, en utilisant des bombes lourdes destinĂ©es Ă ensevelir les entrĂ©es des tunnels sous des montagnes de terre et de gravats. Mais selon des analystes gĂ©ographiques et des experts du renseignement examinant des images satellite commerciales, l’Iran a mis Ă profit des pĂ©riodes d’accalmie pour envoyer des Ă©quipes d’ingĂ©nierie qualifiĂ©es vers les sites clĂ©s.
Des équipes capables de dégager rapidement les accès
Dans l’un des cas observĂ©s, sur une base au nord de Kermanshah oĂą de nombreux bâtiments ont Ă©tĂ© rĂ©duits en ruines et oĂą les entrĂ©es des tunnels avaient Ă©tĂ© bloquĂ©es, des camions et des Ă©quipes ont Ă©tĂ© repĂ©rĂ©s en train de dĂ©gager les voies d’accès et d’Ă©vacuer les matĂ©riaux d’excavation. Selon les chercheurs, les Iraniens ont fait preuve d’une capacitĂ© rapide Ă rouvrir les entrĂ©es des tunnels de manière relativement efficace, ce qui leur permet de sortir leurs lanceurs et de prĂ©parer leurs missiles avancĂ©s.
Un arsenal varié, du Khaybar Shekan au Shahed-136
L’arsenal utilisĂ© par TĂ©hĂ©ran comprend un large Ă©ventail de systèmes avancĂ©s, en tĂŞte desquels le missile Khaybar Shekan, un missile balistique Ă portĂ©e intermĂ©diaire d’environ 1 450 kilomètres. Ă€ ses cĂ´tĂ©s sont Ă©galement utilisĂ©s d’autres missiles de fabrication iranienne comme le Fattah, d’une portĂ©e d’environ 1 400 kilomètres, le Zolfaghar, d’environ 690 kilomètres, le Fateh-110, d’environ 305 kilomètres, le Qiam-1, d’environ 805 kilomètres, et le Paveh, d’environ 1 658 kilomètres, ainsi que des drones suicides de type Shahed-136.
Un réseau souterrain conçu pour survivre aux frappes initiales
Le rĂ©seau souterrain de missiles iranien, souvent surnommĂ© « villes de missiles », a Ă©tĂ© construit sur plusieurs dĂ©cennies dans le but de protĂ©ger l’arsenal contre les attaques aĂ©riennes. L’usage de tunnels creusĂ©s en profondeur dans la roche vise prĂ©cisĂ©ment Ă permettre au rĂ©gime de survivre aux frappes d’ouverture et Ă garantir que, mĂŞme après une atteinte aux infrastructures de surface, un noyau opĂ©rationnel subsiste, capable de menacer des forces Ă©trangères et des pays de la rĂ©gion.
L’article original, signĂ© Efrat Briner, a Ă©tĂ© publiĂ© ce mercredi et s’appuie sur des informations rapportĂ©es par le Wall Street Journal.
Pour prolonger la lecture sur les capacitĂ©s militaires souterraines iraniennes, retrouvez nos articles sur la construction par l’Iran d’un nouveau tunnel de stockage d’armes en Syrie et sur la menace des sites de production souterrains transfĂ©rĂ©s aux Houthis.






