Bien que certains aient exprimĂ© l’espoir que le nouveau coronavirus pourrait diminuer au cours de l’Ă©tĂ©, le rapport souligne que, sur huit pandĂ©mies majeures depuis le dĂ©but du XVIIIe siècle, un schĂ©ma saisonnier clair n’a pas Ă©tĂ© observé dans la plupart d’entre elles. Sept des virus pandĂ©miques ont disparu sans intervention humaine importante, mais ont rĂ©apparu Ă un deuxième pic substantiel environ six mois plus tard. Certaines pandĂ©mies ont montrĂ© des vagues de cas plus petits au cours des deux annĂ©es suivant la première vague. Une seule pandĂ©mie, en 1968, a suivi le schĂ©ma traditionnel de la saison de la grippe. Dans certaines rĂ©gions, notamment en Europe, la mortalitĂ© associĂ©e Ă la pandĂ©mie a Ă©tĂ© plus Ă©levĂ©e la deuxième annĂ©e.
La durĂ©e de l’immunitĂ© aux infections naturelles est Ă©galement inconnue. Cela peut aller de quelques mois Ă plusieurs annĂ©es. L’Organisation mondiale de la santĂ© (OMS) a averti samedi qu’il n’y a actuellement « aucune preuve » que les personnes qui se sont rĂ©tablies du COVID-19 et qui ont des anticorps sont protĂ©gĂ©es contre une deuxième infection Ă coronavirus. Un vaccin pourrait affecter le cours de la pandĂ©mie, mais il est peu probable qu’il soit disponible avant au moins 2021 et pourrait ĂŞtre retardĂ© par des dĂ©fis inattendus, selon le rapport.
« L’idĂ©e que cela soit fait dĂ©fie bientĂ´t la microbiologie », a dĂ©clarĂ© Ă CNN Mike Osterholm, directeur du CIDRAP. Le rapport, rĂ©digĂ© par Osterholm, le Dr Kristine A. Moore, le Dr Marc Lipsitch et John M. Barry, a exhortĂ© les gouvernements Ă informer les citoyens que la pandĂ©mie « ne se terminera pas bientĂ´t » et qu’ils doivent ĂŞtre prĂ©parĂ©s pour d’Ă©ventuelles rĂ©surgences pĂ©riodiques du virus au cours des deux prochaines annĂ©es.
Le rapport du CIDRAP propose trois scénarios possibles qui pourraient se produire dans le futur de la pandémie de COVID-19.
Dans le premier scĂ©nario, la vague pandĂ©mique actuelle serait suivie d’une sĂ©rie de vagues plus petites et plus rĂ©pĂ©titives sur une pĂ©riode d’un ou deux ans, qui diminueraient progressivement en 2021. Les vagues peuvent varier gĂ©ographiquement et dĂ©pendent de mesures d’attĂ©nuation. Ces vagues peuvent nĂ©cessiter le rĂ©tablissement pĂ©riodique de mesures telles que les fermetures et les rĂ©glementations en matière de distanciation sociale.
Dans le deuxième scĂ©nario, la vague actuelle est suivie d’une vague encore plus grande Ă l’automne ou Ă l’hiver de cette annĂ©e et d’une ou plusieurs vagues subsĂ©quentes plus petites l’annĂ©e prochaine. Cela nĂ©cessiterait le rĂ©tablissement des fermetures et des mesures de distanciation sociale Ă l’automne, afin de rĂ©duire la propagation du virus et d’empĂŞcher les systèmes de santĂ© d’ĂŞtre submergĂ©s. Ceci est similaire Ă ce qui s’est produit lors de la pandĂ©mie de grippe espagnole de 1918 et de la pandĂ©mie de 1957-58.
Le troisième scĂ©nario voit la vague actuelle de la pandĂ©mie suivie d’une transmission continue et de l’apparition de cas, mais sans schĂ©ma de vague clair. Cela n’a pas Ă©tĂ© observĂ© lors de prĂ©cĂ©dentes pandĂ©mies de grippe, mais cela pourrait se produire avec le COVID-19. Cela ne nĂ©cessite probablement pas le rĂ©tablissement de mesures de distanciation sociale, mais les cas et les dĂ©cès continueront.
Dans le rapport du CIDRAP, il a Ă©tĂ© soulignĂ© que, quel que soit le scĂ©nario qui se produit rĂ©ellement, les gouvernements devraient ĂŞtre prĂ©parĂ©s pour au moins 18 Ă 24 mois supplĂ©mentaires « d’activitĂ© de COVID-19 significative », ajoutant qu’il Ă©tait probable qu’au fil du temps, le virus tombera dans un schĂ©ma saisonnier avec une gravitĂ© diminuĂ©e.
Le rapport conseillait aux gouvernements de planifier le «pire scĂ©nario (scĂ©nario 2), y compris l’indisponibilitĂ© des vaccins ou l’immunitĂ© du troupeau». Le CIDRAP a recommandĂ© que les responsables Ă©laborent des «plans concrets» pour faire face aux pics de virus, y compris des dĂ©clencheurs pour rĂ©tablir les mesures de distanciation sociale.
Lipsitch a mis en garde contre les efforts actuels des États pour lever les restrictions. « Je pense que c’est une expĂ©rience. C’est une expĂ©rience qui est susceptible de coĂ»ter des vies, en particulier dans les endroits qui le font sans surveillance attentive pour essayer de comprendre quand essayer de ralentir Ă nouveau les choses « , a dĂ©clarĂ© Lipsitch Ă CNN, ajoutant que certains de ces États ont plus de nouvelles infections que lorsque ils ont imposĂ© les restrictions. « Il est difficile mĂŞme de comprendre le raisonnement. »
Le rapport actuel du CIDRAP a comparĂ© la pandĂ©mie actuelle de coronavirus avec les prĂ©cĂ©dentes flambĂ©es de grippe, et a soulignĂ© que le SRAS-CoV-2 ne peut pas ĂŞtre comparĂ© au SRAS ou au MERS, car ces deux virus se sont comportĂ©s de « manières sensiblement diffĂ©rentes » » Ă€ l’Ă©pidĂ©mie actuelle de coronavirus et que les pandĂ©mies de grippe sont plus comparables.
Les virus du SRAS-CoV-2 et de la grippe pandĂ©mique sont des virus contre lesquels la population mondiale a peu ou pas d’immunitĂ© prĂ©existante. Les deux se propagent principalement en respirant de grosses gouttelettes, mais aussi par de plus petits aĂ©rosols. Une transmission asymptomatique peut Ă©galement se produire avec les deux virus.
Il existe certaines différences entre le nouveau coronavirus et le virus de la grippe pandémique.
La pĂ©riode d’incubation moyenne de la grippe est d’environ deux jours. La moyenne d’incubation du COVID-19 est de cinq jours, ce qui signifie que le COVID-19 pourrait se dĂ©placer plus silencieusement dans diffĂ©rentes populations avant d’ĂŞtre dĂ©tectĂ©. Les responsables de la santĂ© publique estiment actuellement que 25% de tous les cas de COVID-19 sont asymptomatiques et ce pourcentage pourrait augmenter avec l’amĂ©lioration des Ă©tudes sĂ©rologiques. En comparaison, le pourcentage moyen de cas de grippe asymptomatique est d’environ 16%, selon une revue. Le SRAS-CoV-2 pourrait Ă©galement se propager plus avant l’apparition des symptĂ´mes que la grippe, selon le rapport du CIDRAP.
Le rapport explique qu’une façon de quantifier la transmissibilitĂ© du coronavirus est d’utiliser le nombre reproductif de base (R0), c’est-Ă -dire le nombre de nouvelles infections qui rĂ©sultent d’une seule personne infectĂ©e dans une population entièrement sensible. Le R0 peut varier en fonction de plusieurs facteurs, notamment des mesures de distanciation sociale, de confinement, de comportement et de contacts. Un R0 infĂ©rieur Ă 1 signifie qu’une Ă©pidĂ©mie rĂ©duit plutĂ´t qu’elle ne s’agrandit, car chaque personne infectĂ©e infecte moins d’une personne.
L’immunitĂ© obtenue par infection naturelle ou vaccination peut influencer le nombre reproductif effectif (RE), qui est similaire Ă R0 mais ne dĂ©pend pas de la prĂ©sence d’une population pleinement sensible. L’immunitĂ© peut diminuer ou mettre fin Ă une Ă©pidĂ©mie en rĂ©duisant le nombre de reproductions efficaces Ă moins de 1.
Le R0 peut changer pour chaque personne, en fonction de la variabilitĂ© naturelle de la propagation du virus et du comportement et des contacts d’une personne, entre autres facteurs. Il peut Ă©galement y avoir des «super propagateurs» du SRAS-CoV-2, comme cela s’est produit lors des Ă©closions de MERS et de SRAS. Le R0 au dĂ©but de l’Ă©pidĂ©mie en Chine Ă©tait estimĂ© entre 2,0 et 2,5.
Le rapport R0 de la grippe pandĂ©mique a variĂ©, mais a toujours Ă©tĂ© estimĂ© Ă environ 2 ou moins, ce qui pourrait suggĂ©rer que mĂŞme les virus grippaux pandĂ©miques sĂ©vères antĂ©rieurs ont Ă©tĂ© moins transmissibles que le nouveau coronavirus, selon le rapport du CIDRAP. MĂŞme le R0 mĂ©dian le plus Ă©levĂ© associĂ© Ă la pandĂ©mie de grippe espagnole n’Ă©tait que d’environ 1,8, infĂ©rieur Ă celui du nouveau coronavirus.






