La Turquie applique un discours de haine contre les juifs et les chrétiens

RĂ©cemment, les affiches ont Ă©tĂ© enlevĂ©es avec des images de croix parsemĂ©es de sang et d’Ă©toiles de David apparues en octobre aux arrĂŞts de bus du centre de la Turquie, Ă  la suite d’une rĂ©ponse explosive d’un parlementaire de l’opposition prĂ©occupĂ© et d’une plainte prĂ©sentĂ© par l’une des principales organisations de dĂ©fense des droits de l’ homme de ce pays.

Les images troublantes des affiches – créées par l’Association de la jeunesse islamiste Anadolu et la Fondation nationale pour la jeunesse, affiliĂ©es au Parti islamiste Felicity Ă©taient accompagnĂ©es du verset 5:51 du Coran :

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«Oh, croyants, ne prenez pas les juifs et les chrĂ©tiens comme des amis; Ils sont amis les uns avec les autres. Qui de vous fait vos amis est l’un d’entre eux. Dieu ne guide pas le peuple des malfaiteurs.  »

Dans une motion prĂ©sentĂ©e au ministère de l’IntĂ©rieur, Garo Paylan, membre du Parlement du Parti populaire dĂ©mocratique (HDP), un parti d’opposition, s’est demandĂ© comment la municipalitĂ© de Konya aurait pu exposer ou approuver ces affiches. Paylan a Ă©galement laissĂ© entendre que le gouvernement du prĂ©sident turc, Recep Tayyip Erdogan, non seulement n’avait pas fait assez pour empĂŞcher l’incitation Ă  la haine, mais avait en fait jouĂ© un rĂ´le dĂ©terminant dans sa diffusion.

SimultanĂ©ment, le ComitĂ© contre le racisme et la discrimination de l’Association turque des droits de l’ homme a dĂ©posĂ© une plainte pĂ©nale contre le maire de Konya et les groupes islamistes qui ont prĂ©parĂ© les affiches.

Entre-temps, bien que les affiches aient Ă©tĂ© retirĂ©es, le ministère de l’IntĂ©rieur n’a pas encore rĂ©pondu aux questions parlementaires de Paylan.

Les affiches antisémites et antichrétiennes sont l’une des nombreuses expressions publiques du discours de haine en Turquie, en particulier dans les médias. Selon une étude de la Fondation Hrant Dink, 4 839 éditoriaux et nouvelles destinés aux groupes nationaux, ethniques et religieux ont été publiés en 2018. Les objectifs principaux étaient les Juifs et les Arméniens. Les attaques verbales contre ces groupes semblent avoir des conséquences concrètes.

Le 6 octobre, par exemple, les mĂ©dias turcs ont annoncĂ© qu’un tribunal turc avait acquittĂ© le ministère de l’IntĂ©rieur et le gouverneur de Malatya pour « impeccable » dans le cas de la maison d’Ă©dition Zirve de la ville de Malatya, dans laquelle trois chrĂ©tiens – Le citoyen allemand Tilmann Geske et les citoyens turcs Necati Aydın et Ugur YĂĽksel – ont Ă©tĂ© brutalement assassinĂ©s lors d’une descente menĂ©e par cinq musulmans le 18 avril 2007.

Le tribunal administratif de Malatya avait dĂ©clarĂ© en 2015 que les victimes avaient Ă©tĂ© tuĂ©es « pour ĂŞtre chrĂ©tiennes et avoir publiĂ© des livres sur leur religion » et que ces tueries visaient Ă  « dĂ©truire la libertĂ© de croire en une religion diffĂ©rente et de la rĂ©pandre ». Le tribunal a jugĂ© le ministère de l’IntĂ©rieur et le gouverneur de Malatya pour responsables et a condamnĂ© les deux institutions Ă  une amende d’un montant total de 900 000 lires (158 000 dollars) pour prĂ©judice moral. En vertu de la nouvelle peine, les familles des victimes sont dĂ©sormais obligĂ©es de rembourser les indemnitĂ©s qu’elles ont reçues.