L’ampleur des dégâts aux bases américaines révélée : l’Iran avait les yeux de la Chine

Bientôt un mois après le début du cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran, et alors que la question d’une reprise des opérations militaires reste ouverte, une enquête de CNN publiée ce 2 mai jette une lumière crue sur ce que le Pentagone s’était gardé de dévoiler : l’ampleur réelle des dégâts causés par les frappes iraniennes sur les bases américaines au Moyen-Orient.

Le bilan est saisissant. Au moins 16 installations militaires américaines réparties dans huit pays différents ont été touchées pendant la guerre. Plusieurs de ces sites ne sont plus opérationnels à ce jour. « Je n’ai jamais rien vu de pareil dans des bases américaines. C’étaient des frappes rapides et précises, avec une technologie avancée », a confié à CNN une source proche du dossier. Parmi les pays concernés : le Koweït, Bahreïn, les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite, la Jordanie et l’Irak.

L’AWACS et les yeux du Golfe

Les cibles choisies par l’Iran n’avaient rien d’aléatoire. Elles visaient au cœur des capacités de commandement américaines. À la base aérienne Prince Sultan en Arabie saoudite, un avion E-3 Sentry — l’AWACS, surnommé « les yeux des États-Unis dans le Golfe » — a été détruit. L’armée de l’air américaine n’en exploite que 16 exemplaires dans le monde entier. En perdre ou en endommager un seul, c’est amputer d’un seizième sa capacité de commandement aérien dans toute la région. À la base d’Arifjan au Koweït, des équipements de communication critiques ont été mis hors service. Dans la base Muwaffaq en Jordanie, des systèmes radar ont été touchés. « Nos radars sont notre ressource la plus précieuse et la plus rare dans la région », a résumé la source.

La base Al-Udeid au Qatar, qui constitue l’un des pivots logistiques les plus importants du dispositif américain au Moyen-Orient, a elle aussi subi deux frappes distinctes au cours du conflit. La base NSA à Bahreïn et le camp Buehring au Koweït s’ajoutent à la liste.

Le satellite chinois, arme secrète de Téhéran

La clé de cette précision iranienne inhabituelle réside dans un satellite. En 2024, l’Iran a discrètement acquis un satellite de surveillance chinois de type TEE-014 — un bond technologique considérable par rapport aux systèmes qu’il utilisait jusqu’alors. Ce satellite lui a fourni une capacité d’observation des bases américaines d’une précision comparable à celle dont disposent les États-Unis eux-mêmes. En clair : l’Iran voyait exactement où se trouvaient les appareils, les équipements et les infrastructures américaines, avant de déclencher ses frappes.

Un responsable saoudien cité dans l’enquête de CNN tire une conclusion lourde de sens : « La guerre a montré à l’Arabie saoudite que l’alliance avec les États-Unis ne peut pas être exclusive et qu’elle n’est pas infaillible. » Une déclaration qui illustre la remise en cause des certitudes stratégiques dans tout le Golfe.

Le Pentagone, de son côté, a répondu avec la retenue habituelle : « Nous ne commentons pas les évaluations de dommages pour des raisons de sécurité. Nos forces sont restées pleinement opérationnelles, et nous continuons à remplir notre mission avec le même niveau de préparation et la même efficacité. » Une formulation qui, dans le contexte de ce que révèle CNN, sonne comme un exercice de communication plus que comme un bilan factuel.

Trump entre deux options

Ces révélations interviennent au moment où l’Iran a transmis au Pakistan — pays médiateur — une nouvelle proposition pour mettre fin au conflit, comportant selon le Wall Street Journal certaines concessions iraniennes. Trump a répondu sèchement : « Ils demandent des choses que je ne peux pas accepter. » Il a ensuite exposé, dans son style habituel, les deux scénarios qui s’offrent à lui — reprendre les bombardements ou tenter un accord — avant de signaler que sa préférence était d’éviter une reprise des hostilités. Il a par ailleurs confirmé avoir été briefé dans la nuit par l’amiral Brad Cooper, commandant du CENTCOM, sur les options militaires disponibles.

Un haut parlementaire iranien, Mahdi Rahimi, a de son côté nié la version de Trump sur les négociations téléphoniques directes, insistant que les échanges passent par le Pakistan et des canaux de messages interposés — et que tant que le blocus naval se poursuit, aucune négociation sur le nucléaire ne sera possible.

Pour Israël, une implication directe

L’affaire a des répercussions directes pour Tsahal. Les AWACS américains jouent un rôle crucial dans la coordination des frappes israéliennes en Iran, en partageant en temps réel leurs données de surveillance avec l’état-major israélien. La dégradation de cette capacité de commandement aérien — même partielle et temporaire — affecte la qualité du renseignement disponible pour les planificateurs militaires d’Israël. Ce n’est pas une rupture, mais c’est une fissure dans l’architecture de guerre commune que les deux alliés ont construite pour cette campagne.


Sur le même sujet, à lire sur infos-israel.news :

👉 Un avion AWACS américain détruit en Arabie saoudite — l’Iran a frappé au cœur — notre analyse publiée le 29 mars sur la frappe qui a visé l’E-3 Sentry, et ce qu’elle révèle des capacités iraniennes.

👉 Tirs depuis l’Iran : impacts dans le Gush Dan — le récit de la première nuit de riposte iranienne sur le territoire israélien.

rbi2


Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
© 2025 – Tous droits réservés

Publicité & Partenariats – Infos-Israel.News

📢Voir nos formats & tarifs publicitaires📢

 

S1871ab49133f4530a788d53fb2392d37b