Kohava (qui n’est pas son vrai nom) a gagnĂ© un billet pour la section VIP du ciel. Elle a sauvĂ© d’innombrables vies, a infiltrĂ© un grand nombre de pays du Moyen-Orient et pris des risques impossibles. Le mot «peur» ne semble pas ĂŞtre dans son vocabulaire. Kohava c’est un peu la Mère Teresa en Syrie.
Depuis ces 10 dernières annĂ©es, cette israĂ©lienne de 46 a vĂ©cu dans les lieux dont la plupart d’entre nous ne voient que sur les nouvelles Ă la tĂ©lĂ©vision. Quand un tsunami gigantesque a frappĂ© l’Asie du Sud-Est en 2005, Kohava et son Ă©quipe de bĂ©nĂ©voles ont dressĂ© une tente au Sri Lanka, oĂą ils ont fait cuire 42.000 repas en 14 jours.
Cette mĂŞme annĂ©e, lorsque le gouvernement gĂ©orgien a dĂ©cidĂ© qu’il Ă©tait trop dangereux d’envoyer de l’aide aux villages près de la frontière tchĂ©tchène après les pluies torrentielles qui ont provoquĂ© de graves inondations dans la rĂ©gion, Kohava a non seulement trouvĂ© un moyen de rĂ©pondre Ă leur dĂ©tresse, mais elle a aussi apportĂ© avec elle, 10 tonnes de nourriture et de fournitures. Au Rwanda, au Darfour, au Pakistan, en Irak, en IndonĂ©sie, en Birmanie, HaĂŻti, Cachemire, ou OrlĂ©ans ont fait partie des destinations de Anat oĂą elle a donnĂ© chaque minute de son temps et son Ă©nergie. Aujourd’hui, elle continue et se consacre Ă une seule crise: le conflit syrien.
« Il est difficile d’expliquer avec des mots Ă quel point les choses vont mal lĂ -bas », a dĂ©clarĂ© Anat. « C’est navrant. »
C’est la troisième annĂ©e de guerre civile en Syrie, des groupes d’aide ploient sous le besoin croissant d’aliments et de mĂ©dicaments. Quatre millions de Syriens ont Ă©tĂ© dĂ©placĂ©s de leurs foyers, essentiellement pour vivre comme des rĂ©fugiĂ©s dans leur propre pays. Deux millions ont fuit vers le Liban, la Jordanie et la Turquie. L’Organisation des Nations Unies prĂ©voit que ce nombre doublera d’ici la fin 2014.
Pour empirer les choses, la rĂ©gion a Ă©tĂ© frappĂ©e par l’un des hivers les plus froids et les plus humides depuis des annĂ©es, en transformant les camps de rĂ©fugiĂ©s en marais boueux, laissant de nombreux rĂ©fugiĂ©s Ă des tempĂ©ratures proche de la congĂ©lation.
« Ils sont dans une situation difficile», dit Anat. « Ils ne peuvent pas travailler, ils n’ont pas d’argent. Beaucoup d’entre eux ne sont mĂŞme pas enregistrĂ©s en tant que rĂ©fugiĂ©s par crainte de reprĂ©sailles par les forces de Bachar al-Assad. Et cela signifie qu’ils ne reçoivent pas l’aide dont ils ont dĂ©sespĂ©rĂ©ment besoin. « Le protocole des Nations Unies notifie un rĂ©gime non seulement pour le retour de tous les rĂ©fugiĂ©s enregistrĂ©s et leur passage aux frontières. »
Contrairement Ă d’autres groupes de secours, l’organisation de Kohava se concentre spĂ©cifiquement sur ​​ceux qui sont nĂ©gligĂ©s par la plupart des organisations humanitaires internationales. «Notre mission est d’aider les plus dĂ©munis » a dĂ©clarĂ© Anat. «Les pays qui prennent des rĂ©fugiĂ©s font cela Ă contrecĹ“ur. Ce n’est pas exactement pour des raisons altruistes. Ils obtiennent de l’argent en espèces de la communautĂ© internationale pour chaque personne. Le problème est que de nombreux rĂ©fugiĂ©s ont peur de s’inscrire. Ce sont les personnes que nous aidons ».




