» L’Ambassadeur des États-Unis, Samantha Power et le ministre de l’UE et des Affaires Ă©trangères Federica Mogherini devraient condamner la nomination de l’Arabie saoudite en tant que chef du Conseil des Nations Unies et des Droits de l’Homme, car pour rappel, ce poste sĂ©lectionne les hauts fonctionnaires qui façonnent les normes et les rapports internationaux des droits humains sur les violations Ă travers le monde, a dĂ©clarĂ© Watch, une organisation de surveillance non-gouvernementale basĂ©e Ă Genève.
Gauche: Faisal Trad, l’ambassadeur d’Arabie Saoudite Ă Genève, a Ă©tĂ© Ă©lu prĂ©sident du Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies, panneau qui nomme des experts indĂ©pendants. A droite: Michael Møller, Directeur gĂ©nĂ©ral de l’Office des Nations Unies Ă Genève.Ajoutant : « Il est scandaleux que l’ONU ait choisi un pays qui a dĂ©capitĂ© plus de gens cette annĂ©e qu’ISIS pour ĂŞtre Ă la tĂŞte des Droits de l’Homme », a dĂ©clarĂ© le directeur exĂ©cutif de UN Watch, Hillel Neuer. « Les pĂ©tro-dollars et la politique l’ont emportĂ© sur les droits humains. »
« L’Arabie saoudite a sans doute le pire dossier dans le monde si on se rĂ©fère à sa libertĂ© religieuse et les droits des femmes, ce pays continue Ă emprisonner la blogueuse innocente, Raif Badawi, » a ajoutĂ© Neuer.
« Cette nomination est comme faire de l’ONU un pyromane comme chef des pompiers de la ville, et souligne dĂ©jĂ des irrĂ©gularitĂ©s au sein du Conseil des Droits de l’Homme qui compte dĂ©jĂ la Russie, Cuba, la Chine, le Qatar et le Venezuela parmi ses membres élus. »
Ci-dessus: Ensaf Haidar, la femme blogueuse emprisonné en Arabie .
Selon les documents du CDH obtenus par UN Watch, l’Arabie saoudite a Ă©tĂ© choisie pour diriger un groupe de 5 membres d’ambassadeurs, connu sous le nom de Groupe consultatif, qui a le pouvoir de sĂ©lectionner les candidats de partout dans le monde depuis plus de 77 positions traitant de pays spĂ©cifique et thĂ©matiques.
«L’ONU dĂ©crit souvent ces experts comme les« joyaux de la couronne »lors de son Conseil de Droits de l’Homme, mais le corps du monde sape seulement leur lĂ©gitimitĂ© en choisissant une thĂ©ocratie fondamentaliste qui opprime les femmes et les minoritĂ©s Ă la prĂ©sidence de la nomination des experts. »
Un rapport de l’ONU en date du 17 septembre rapporte que Faisal Trad, l’envoyĂ© de l’Arabie saoudite au CDH, a Ă©tĂ© choisi pour prĂ©sider le comitĂ© de nominations lors de la 30ème session du Conseil, qui a ouvert ce lundi et durera deux semaines. L’ambassadeur d’Arabie saoudite avait dĂ©jĂ Ă©tĂ© Ă©lu à ce poste en Juin 2015, et les diplomates de Genève ont choisi de garder le silence évitant de dire qu’une première Ă©lection avait eu lieu.
L’Ă©pouse de Raif Badawi et Ensaf Haidar au Sommet de Genève 2015.
Neuer a dit qu’il est possible que les Saoudiens aient eu une entente secrète, en Ă©change de l’abandon de la candidature controversĂ©e du rĂ©gime pour devenir prĂ©sident du conseil des 47-nations. « Je demande instamment Ă l’Ambassadeur  et le Haut Commissaire Mogherini de confirmer que ce n’est pas le cas », a-t-il dit.
Les États-Unis et l’UE ont Ă©tĂ© silencieux quand l’Arabie saoudite a Ă©tĂ© Ă©lu Ă l’UNHRC en 2013
« Nous ne pouvons pas oublier que les États-Unis et l’UE ont refusĂ© de prononcer un mot de protestation lorsque nous les avons exhortĂ©s, avec les dissidents saoudiens, Ă s’opposer Ă l’Ă©lection de la monarchie en 2013. Il est triste qu’aucun commentaire n’ait Ă©tĂ© dit, car le pĂ©trole continue Ă l’emporter sur les droits fondamentaux de l’homme. »
« Il est mauvais que l’Arabie saoudite soit membre du conseil, mais pour l’ONU, il n’est pas nuisible de nommer un rĂ©gime en tant que prĂ©sident des Droits de l’Homme sans verser du sel sur les plaies pour les dissidents qui croupissent dans les prisons saoudiennes, comme la militante des droits humains Raif Badawi ».
Source Un Watch : http://blog.unwatch.org/index.php/2015/09/20/saudi-arabia-wins-bid-to-behead-of-un-human-rights-council-panel/




