Le capitaine Shahar Gamla et le soldat Ohad Yaari tombés au Liban-Sud

Deux soldats de Tsahal ont perdu la vie au Liban-Sud dans la nuit du jeudi 5 au vendredi 6 juin 2026, dans des circonstances distinctes mais tout aussi déchirantes. La levée du secret militaire, annoncée dans la soirée du vendredi, a officialisé ce que les familles savaient déjà depuis des heures : le capitaine Shahar Gamla, 24 ans, et le soldat Ohad Yaari, 21 ans, ne reviendront pas.

Deux noms. Deux villes. Deux unités d’élite de l’armée israélienne. Et derrière chacun d’eux, une vie entière que la guerre a brisée net.

Shahar Gamla, fils du Golan

Shahar Gamla était originaire du moshav Natur, dans les hauteurs du Golan. Fils de Yishai et Laahala Gamla — cette dernière directrice du département enfants et jeunesse du centre communautaire du Golan —, Shahar était le frère aîné de Rotem et Nitzan. Officier dans l’unité de reconnaissance d’élite Egoz, il était connu pour son engagement sans faille dans une formation qui compte parmi les plus exigeantes de l’armée de terre israélienne.

C’est dans la nuit du jeudi au vendredi qu’il a été grièvement blessé au combat dans le sud du Liban. Évacué dans un état critique, il a succombé à ses blessures dans la matinée du vendredi 6 juin. Il avait 24 ans. Sa famille a pris la décision bouleversante de faire don de ses organes, permettant ainsi à Shahar de continuer, d’une certaine manière, à sauver des vies. Les funérailles seront célébrées au moshav Kashet.

Le conseil régional du Golan a rendu hommage à ce fils de la terre qu’il aimait. Dans son communiqué, les responsables locaux ont souligné que les racines de Shahar plongeaient profondément dans le sol du Golan, ce plateau qu’il chérissait et pour lequel il s’était engagé à défendre. La communauté du Golan tout entière, selon ce texte, serre dans ses bras la famille et attend les nouvelles — en espérant que celles-là, à l’avenir, soient différentes.

Ohad Yaari, combattant de la Givati

À Rehovot, c’est une autre famille qui a reçu la pire des nouvelles. Ohad Yaari, 21 ans, combattant dans la brigade d’infanterie Givati, a été tué vendredi au Liban-Sud. Les circonstances exactes de sa mort font l’objet d’une enquête militaire : selon les premières informations, il aurait été touché par un tir accidentel. Le porte-parole de Tsahal a confirmé l’ouverture d’une enquête de la police militaire, dont les conclusions seront transmises au parquet militaire à son terme.

L’annonce de sa mort a provoqué une vague d’émotion dans le moshav Yad Binyamin, où vivent ses grands-parents maternels, Yaakov et Hertza Sherman. Une déclaration de condoléances a immédiatement circulé dans la communauté, exprimant la douleur partagée par tout le village et adressant ses pensées à ses parents, Itamar et Tsofi Sherman, ainsi qu’à Guideone et Ronit Sherman et à l’ensemble de la famille. Les modalités de ses funérailles n’avaient pas encore été annoncées en fin de soirée.

Le prix humain d’une guerre qui dure

La mort de Shahar Gamla et d’Ohad Yaari s’inscrit dans un contexte opérationnel particulièrement intense au Liban-Sud. Les jours précédents, deux officiers avaient déjà été grièvement blessés dans la région. La semaine écoulée avait par ailleurs été marquée par plus de 650 frappes israéliennes dans le secteur et la neutralisation de quelque 125 combattants ennemis.

Les deux soldats tombés ce vendredi appartiennent à des unités qui opèrent en première ligne de cette campagne : l’unité Egoz, spécialisée dans la guerre en terrain difficile et les missions de reconnaissance à haute valeur, et la brigade Givati, l’une des grandes unités d’infanterie historiques de Tsahal. Ce sont des soldats qui savaient dans quoi ils s’engageaient, et qui avaient choisi d’y aller quand même.

Cette réalité, répétée chaque semaine depuis le début du conflit, pèse de tout son poids sur le pays. Chaque levée du secret militaire est un rituel douloureux : un nom, un âge, une ville d’origine, une unité. Puis les condoléances officielles, les hommages des élus locaux, les photos partagées sur les réseaux. Et derrière tout cela, des parents, des frères et sœurs, des grands-parents qui apprennent, souvent avant les médias, que la vie ne sera plus jamais la même.

Le fait qu’Ohad Yaari soit mort dans ce qui ressemble à un accident de tir ajoute une dimension supplémentaire à la douleur de ses proches. Les enquêtes militaires dans de tels cas sont longues, et les familles attendent des réponses que le temps ne rend que plus difficiles à entendre. Tsahal a confirmé que la procédure légale suivrait son cours.

Quant à Shahar Gamla, la décision de sa famille de faire don de ses organes dit quelque chose de fort sur les valeurs qui ont guidé sa vie et, peut-être, sur la manière dont ceux qui l’ont aimé choisissent de porter le deuil — non pas en se repliant sur la perte, mais en prolongeant, à travers d’autres corps, ce que leur fils avait lui-même choisi de donner.

Leurs noms s’ajoutent à une liste qui n’en finit pas de s’allonger depuis l’automne 2024, lorsque les opérations terrestres israeliennes au Liban ont repris en intensité. Chacun de ces noms représente une famille, une communauté, un vide que rien ne comble.

יהי זכרם ברוך — Que leur mémoire soit une bénédiction.

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