Après deux années de tension et de nerfs, le major-général Yoel Strick parle dans une interview spéciale sur Walla !
Comment la prochaine guerre se présentera-t-elle ?
Le commandant affirme que l’organisa-tion chiite une perte sĂ©vère avec la dĂ©couverte des tunnels et exprime sa confiance dans les capacitĂ©s de Tsahal : « Il suggère Ă Nasrallah de ne pas nous juger ».
Au poste de Narcisse, situé près de Metula et à des centaines de mètres de la frontière libanaise, le général Yoel Strick semble être souriant et détendu, que ce soit à cause du paysage pastoral.
Strick est une figure extraordinaire. Il essaie de ne pas ĂŞtre impliquĂ© dans des frictions avec les plus hauts Ă©chelons de l’armĂ©e et dit son opinion avec dĂ©termination, mĂŞme s’il est diffĂ©rent des autres gĂ©nĂ©raux. Il n’Ă©tait pas perçu comme ayant menĂ© des rĂ©volutions majeures et, au fil des annĂ©es, il avait pris ses distances par rapport aux interviews dans les mĂ©dias.
Au cours de son mandat, la Syrie et le Liban ont subi de nombreux changements. Le rĂ©gime d’Assad a commencĂ© Ă restaurer le contrĂ´le de vastes rĂ©gions du pays et l’Iran a intensifiĂ© son processus d’établis-sement en Syrie et sur le plateau du Golan. Strick a prĂ©parĂ© les forces de Tsahal Ă la frontière Ă la possibilitĂ© d’une escalade et les Iraniens ont Ă©tĂ© sĂ©vèrement battus en Syrie, mais il a Ă©galement osĂ© sur le plateau du Golan rĂ©pliquer aux roquettes, et aux batteries de dĂ©fense antiaĂ©rienne d’Assad. Les Russes ont pendant ce temps admirĂ© la dĂ©termination et le professionnalisme des pilotes de l’armĂ©e de l’air de Tsahal.
MalgrĂ© ce qui se passait en Syrie, les yeux Ă©taient principalement tournĂ©s vers la frontière libanaise. L’organisation a dĂ©veloppĂ© un concept de combat qui inclut l’idĂ©e de conquĂ©rir des territoires en GalilĂ©e, d’Ă©largir un arsenal de missiles prĂ©cis et une mĂ©thode de mobilitĂ© et d’incursion en territoire israĂ©lien.
L’organisation chiite s’est fixĂ©e plusieurs objectifs : Contester la supĂ©rioritĂ© du renseignement de l’armĂ©e israĂ©lienne, perturber les manĹ“uvres des forces terrestres, dĂ©velopper la cyberguerre, Ă©tendre la menace contre les chars, amĂ©liorer les capacitĂ©s de dĂ©fense aĂ©rienne, Ă©largir la gamme d’exercices, utiliser des vĂ©hicules aĂ©riens sans pilote et amĂ©liorer sa puissance navale.
Le Hezbollah ne s’est pas arrêté là . Il a commencé à absorber les milices chiites syriennes au Liban pour aider en temps de guerre avec Israël. La campagne secrète a été menée personnellement par Hassan Nasrallah après la liquidation de deux de ses collaborateurs, Imad Mugniyah et Badr al-Din :
« Une menace importante a Ă©tĂ© supprimĂ©e », a dĂ©clarĂ© Strick Ă propos de l’opĂ©ration du Bouclier contre les tunnels Ă la fin de l’annĂ©e dernière.
C’Ă©tait La tentative du Hezbollah de « choquer et secouer » les habitants » israĂ©liens. Je suis fier d’en faire partie et d’avoir laissĂ© une table vierge… Je me suis dit, dans l’atmosphère pastorale de Metula, que se serait-il passĂ© si nous n’avions rien fait ? « Je ne me serais jamais pardonnĂ©, le peuple d’IsraĂ«l ne m’aurait pas pardonnĂ©, alors je suis fier de ce que nous avons fait. »
Y a-t-il eu un moment oĂą l’opĂ©ration a pu passer d’une mission de dĂ©fense Ă une mission d’attaque, telle que le moment oĂą des membres du Hezbollah sont entrĂ©s dans le tunnel ?
« Je suis tombĂ© par hasard pour rencontrer les commandants de l’unitĂ© Yahalom qui ont empruntĂ© la route et ils m’ont dit que les lumières (qui avertissent l’arrivĂ©e d’une personne – AB) s’allument. J’ai parlĂ© avec le chef de cabinet en temps rĂ©el et Ă©voquĂ© la possibilitĂ© de les tuer, mais nous avons finalement dĂ©cidĂ© d’agir avec un profil plus intimidant et embarrassant (un dispositif pyrotechnique a Ă©tĂ© utilisĂ© dans le tunnel qui a provoquĂ© leur fuite et l’action a Ă©tĂ© documentĂ©e et diffusĂ©e en public). «Â
Que se passe-t-il maintenant sous la terre Ă la frontière libanaise ? Y a-t-il un doute sur l’efficacitĂ© du mur ou son rythme de rĂ©alisation ?
« Le Hezbollah est une organisation sĂ©rieuse, et il faut en tirer des conclusions. J’espère qu’ils compren-nent que la perte de leur projet appelĂ© tunnel, ne doit pas ĂŞtre renouvelĂ©.
Je pense que nous amĂ©liorons la rĂ©ponse opĂ©rationnelle au plan d’attaque contre le Hezbollah, par la fermeture de la frontière. Il y a des choses visibles que vous pouvez voir. Il n’y a aucun doute Ă ce sujet, mais c’est un projet qui demande beaucoup de ressources. Nous allons essayer de le complĂ©ter dans les annĂ©es Ă venir. Ce que vous voyez ici n’est que 11,3 km sur 120 km de la mer Ă la montagne. Et cette clĂ´ture protège des communautĂ©s comme Manara, Misgav. Vous devez ĂŞtre très prudent et ajuster la rĂ©ponse opĂ©rationnelle. C’est pourquoi il m’est difficile de dire : scellez, arrĂŞtez, fermez.
Comment voyez vous le prochain système anti roquettes ?
« Je ne doute pas que la rĂ©gion du Nord absorbera la plus grande puissance de feu, en particulier dans les zones frontalières et les yishouvim, avant-postes, postes-frontières, infrastruc-tures, car ces endroits seront la plus importante cible des tirs du Hezbollah lors de la prochaine guerre. Ce sera diffĂ©rent de tout ce qui s’est passĂ© dans le sud ou dans « Tsouk Etan » ou dans les guerres prĂ©cĂ©dentes. Cela ne correspond pas aux mĂŞmes dimensions ni aux mĂŞmes forces. C’est une organisation complètement diffĂ©rente. «Â
Que fera le Commandement du Nord ?
 » Je ne pense pas qu’il soit juste d’entrer dans les dĂ©tails des plans opĂ©rationnels. Nous devons cacher les quelques surprises. Le Hezbollah est une organisation sĂ©rieuse, Ă©coutant et lisant chaque entretien dans les mĂ©dias. La prochaine guerre se penchera Ă©galement sur l’ampleur des dĂ©gâts causĂ©s aux infrastructures de l’Etat libanais qui soutiennent les combats de l’organisation. Ce n’est pas seulement mon avis, je l’ai recom-mandĂ© et je pense connaĂ®tre certains des plans opĂ©rationnels de l’armĂ©e.  » Selon lui, les FDI sont unanimes quant Ă la nĂ©cessitĂ© de dĂ©truire les infrastructures du Liban.
« Nous ne ciblerons pas des hĂ´pitaux ou des centres de population, mais des batiments de communications, de l’électricitĂ©, des ponts. » Il serait faux de sĂ©parer le Hezbollah de l’État libanais. Je pense que notre stratĂ©gie Ă©tait fausse en 2006. En 2006, nous avons Ă©tabli une distinction entre le Hezbollah et le Liban, qui est plus impliquĂ© politiquement. «Â
« Je pense que le fait que le Hezbollah soit liĂ© Ă la politique libanaise montre la rĂ©alitĂ© libanaise, il fait partie de l’État et assume des responsabilitĂ©s, et je pense que c’est un très gros boulet Ă leur cou. L’ampleur des dĂ©gâts que le Liban a subi et absorbĂ© n’est rien comparĂ© Ă ce qui se passera lors de la prochaine guerre « .
Un ministre a dĂ©clarĂ© que lors de la prochaine guerre mondiale, le Hezbollah lancerait 1 000 roquettes par jour, du moins dans les premiers jours. Cela correspond-il aux plans opĂ©rationnels de l’IAF contre son système de lancement ?
« Oui, c’est possible, ils peuvent, quand on regarde les chiffres, ils peuvent certainement tirer mille roquettes . »






