Le dernier juif de Najran au roi d’Arabie saoudite :  » Laissez-moi visiter la maison de mes parents avant de mourir »

« Je suis le dernier survivant de la communautĂ© juive qui vit près de la ville de Najran dans le sud de l’Arabie saoudite », dĂ©clare cette semaine David Shuker dans un article pour le journal amĂ©ricain « Wall Street Journal ».

L’IsraĂ©lien septuagĂ©naire met en lumière l’une des communautĂ©s juives les plus fascinantes au monde. Tout au long de sa vie, il a prĂ©sidĂ© le Conseil public pour le sauvetage des juifs du YĂ©men et a Ă©tĂ© membre du conseil local de Bnei Aish dans le sud. Aujourd’hui, il demande Ă  la maison royale saoudienne d’accomplir son dernier souhait, bien que dĂ» Ă  sa citoyennetĂ© israĂ©lienne, il ne peut pas entrer dans le pays.

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« Une soixantaine de familles juives vivaient autrefois Ă  Najran et dans les petits villages environnants. Certaines d’entre elles travaillaient pour le roi Abdul-Aziz Ibn Saud dans les annĂ©es 1930 et 1940, entretenant les armes de ses soldats. D’autres Ă©taient employĂ©es comme serruriers, charpentiers et tanneurs ( maroquiniers) », note-t-il.

Selon lui, « contrairement au régime du Yémen voisin, les Juifs de Najran étaient autorisés à porter le poignard traditionnel, le Jambiya, à leur ceinture. À ce jour, je me souviens que les soldats du roi me dorlotaient avec des aliments sucrés et caressaient mes cheveux bouclés. . »

L’auteur note que Najran, qui faisait partie du YĂ©men dans un passĂ© lointain, est devenue une partie du Royaume d’Arabie saoudite en vertu de l’accord de TaĂ«f de 1934. Dans le cadre de l’accord, les forces d’Ibn Saud ont pris le contrĂ´le de la ville aux forces yĂ©mĂ©nites. Il ajoute que dans les annĂ©es suivantes, les Juifs vivaient sous la protection du roi et se sentaient protĂ©gĂ©s.

« Après la fondation de l’État d’IsraĂ«l en 1948, les Juifs ont Ă©tĂ© appelĂ©s par les reprĂ©sentants du roi Ă  se rassembler sur la place de la ville. Une caravane de chameaux y attendait 260 personnes, pour la plupart des enfants comme moi. Je suis nĂ© en 1944, avant le coucher du soleil, nous avons commencĂ© Ă  marcher vers la frontière avec le YĂ©men. » De lĂ , Shuker commencera son voyage vers IsraĂ«l.

Alors qu’il approche de 80 ans, Shukar espère se rendre Ă  nouveau en Arabie saoudite pour voir la maison de ses parents et prier au cimetière de ses ancĂŞtres. Il aspire Ă  rafraĂ®chir la mĂ©moire de son enfance et Ă  goĂ»ter les aliments sucrĂ©s.

Shukar dĂ©clare Ă©galement qu’il a Ă©tĂ© peinĂ© d’entendre parler des missiles que les Houthis ont lancĂ©s Ă  Najran pendant les annĂ©es de guerre au YĂ©men, et il a Ă©tĂ© soulagĂ© lorsqu’il a appris que la plupart des dĂ©gâts avaient Ă©tĂ© rĂ©parĂ©s.

Ă€ la fin de l’article, Shukar se tourne vers le roi Salmane d’Arabie saoudite et le prince hĂ©ritier Mohammed bin Salman avec une demande de lui permettre de visiter Najran lorsqu’il sera encore assez fort pour voyager. « Je ne sais pas combien de temps Dieu me permettra de vivre. Mon rĂŞve est de dire au revoir Ă  l’endroit oĂą je suis né », Ă©crit-il.

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