J’aurais pu venir et vous parler de l’Ă©lection des nouveaux grands rabbins, des nouvelles nĂ©gociations de paix, des tragĂ©dies et des drames dans notre sociĂ©tĂ©, enfin d’actualitĂ©! Je prĂ©fère vous entretenir de cet Homme, car c’est bien lui, toujours lui et seulement lui qui se trouve au centre de tous nos Ă©vènements.
Celui qui condamne sans cesse les hommes au nom de l’homme idĂ©al et se rĂ©pand en jugements moraux, n’aime pas les ĂŞtres humains tels qu’ils sont, parce qu’il ne les comprend pas.
Il a mis le devoir-être à la place de l’être.
Mais cette exigence tyrannique repose sur une erreur. L’erreur de mesurer l’être à l’aune du devoir-être. Mieux on comprend une personne et moins on se permet de la juger. Une mère qui aime son enfant ne le juge pas. Elle l’accueille pour lui donner un nouvel élan et l’élan de l’amour fait d’avantage pour réparer et construire que les critiques acerbes.
L’amour ne prononce pas de jugement et ne montre pas du doigt une faute.
C’est l’intellect coupant qui pointe du doigt le reproche et plante le jugement moral.
Ce n’est pas le cœur qui comprend et éclaire.
De manière allĂ©gorique, nos Sages nous narrent comment l’âme humaine demeure dĂ©jĂ dans ce qui n’est encore que le fĹ“tus de l’ĂŞtre humain: «Dans le ventre de sa mère, l’enfant connaĂ®t toute la Torah. Peu après sa naissance, un ange le frappe sur la bouche, et lui fait oublier tout cet enseignement».
Dès sa naissance, dès les soubresauts de sa dĂ©livrance, le nouveau-nĂ© est dĂ©signĂ© comme soldat de la rĂ©sistance contre ses tendances nĂ©fastes qui l’Ă©loignent de son âme et de sa spiritualitĂ©. Le rendez-vous entre l’âme vivante, divine de ce nouvel homme et sa propre dimension matĂ©rielle ne peut qu’entraĂ®ner une opposition certaine.
L’âme n’aspire qu’à l’épreuve d’elle-même, la plus éminente et la plus exhaustive.
Son but ne se trouve dans aucun temps, ni dans aucun lieu, il est totalement dans l’ici et dans le maintenant, dans la pure croissance de soi-même. Une existence à formuler ce qu’elle est et à se reconnaître dans un parfait apprentissage de soi.
Le but de l’existence est la vie elle-même infiniment offerte à elle-même dans une étreinte qui n’a ni début ni limite. Du point de vue de l’âme, il n’y a rien à faire, tout ce qui importe, c’est d’être. L’âme ne se préoccupe que bien peu de la célébration du corps ou du panache des tableaux de l’intellect. Le cœur est le pont entre l’esprit et l’âme et c’est le cœur qui s’essaye lui-même comme intuition et sentiment de Soi. L’âme ne recherche point la science, mais plutôt l’être sensible. La connaissance est concept, le sentiment est pure expérience, ce que l’âme sonde, c’est le ressenti sincère et patent, c’est se connaître elle-même certes, mais à travers sa propre expérience. L’affect le plus élevé que la vie ressent pour elle-même est l’amour, et c’est aussi l’exercice de la conscience d’unité avec tout ce qui est, le bien souverain.
En cela seulement le sentiment d’amour est parfait. De mĂŞme que dans le blanc toutes les couleurs sont prĂ©sentes, dans son unitĂ©, l’âme enrobe tous les affects humains.
Du contenu de la Torah, le verbe divin nous conduit au cĹ“ur de ce dĂ©dale qu’est la rĂ©alitĂ© du Monde ici-bas. Se saisissant alors dans son visage le plus spirituel, l’homme sera comparable Ă un ange d’apparence humaine!
C’est alors et seulement alors que nous aurons gagnĂ© le combat et soumis la matière.
L’homme serait plus heureux s’il poursuivait les chemins de l’harmonie parfaite, là où l’entendement divin voudrait que nous aspirions davantage par idéal que par égoïsme.
Le temps est venu, sans nul doute, de nous consacrer à « l’Imitatio Dei« , Ă RĂ©aliser un rĂŞve, ĂŞtre et devenir soudĂ©s aux attributs de l’Eternel, de sincĂ©ritĂ© de gĂ©nĂ©rositĂ© et d’altruisme.
Face Ă un monde de fĂ©licitĂ©, d’aucun ne se tourmenterait de savoir pourquoi l’homme fut créé.
La souffrance physique et morale devenues tout ou partie inĂ©vitables de l’existence humaine, entraĂ®nent celui-ci Ă s’interroger sur le rĂ©el besoin de sa crĂ©ation.
Pourquoi ne pas crĂ©er d’emblĂ©e une sociĂ©tĂ© impeccable sans mal ni souffrance ? Le monde de vĂ©ritĂ© exigĂ© par D.ieu recèle toutes les opportunitĂ©s d’excellence au vu et su de la rĂ©alitĂ©.
Nous devons parfaire ce mouvement de perfectionnement de l’œuvre engagée, en y contribuant personnellement dans notre quotidien et dans une concordance avec la volonté divine.
Le mal et le dĂ©sordre existent dans le monde de rĂ©alitĂ© quand il s’est Ă©loignĂ© du monde de vĂ©ritĂ©.
Le Créateur nous a offert toutes les solutions et ce, afin de nous pourvoir du courage de rejoindre la vérité tout en luttant contre le mal et la confusion qui régissent ce monde de la réalité.
Ă€ la faveur de nos efforts, l’HumanitĂ© accĂ©dera pas Ă pas Ă sa perfection maximale, nous avons reçu le plus grand de ses attributs: celui de pouvoir enrichir la crĂ©ation en y apportant notre touche singulière, celui de lui faire atteindre l’idĂ©al absolu grâce Ă l’effort de l’homme.





