« Le doigt sur la gâchette » : l’Iran tire des menaces dans des directions surprenantes

Le porte-parole des Gardiens de la révolution islamique en Iran, le sardar Hossein Mohebi, jette une lumière crue sur la tension croissante au Moyen-Orient et pointe un doigt accusateur vers les États-Unis, Israël et la Grande-Bretagne. Dans une interview fleuve accordée à l’agence de presse iranienne Tasnim, identifiée au régime de Téhéran, Mohebi a dressé le tableau d’une situation explosive, menacé de nouvelles actions de représailles, multiplié les citations offensives et affirmé que Téhéran est prête à une escalade militaire de grande ampleur si nécessaire.

Au cœur de ses propos figure l’accusation selon laquelle Washington aurait violé des accords antérieurs concernant la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz. « Après l’accord de cessez-le-feu, il avait été convenu que le détroit d’Ormuz rouvrirait sous la gestion et les arrangements de l’Iran », a précisé Mohebi lors de l’entretien. Selon lui, les États-Unis, comme on pouvait s’y attendre d’un « ennemi qui rompt ses promesses », ont agi à l’encontre de cet accord : ils ont ouvert un canal de navigation alternatif au large des côtes d’Oman, appuyé par un dispositif militaire lourd — aérien, maritime et terrestre — et ont même encouragé des navires à l’emprunter.

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« Nos doigts sont sur la gâchette »

« Nos doigts sont sur la gâchette », a averti fermement le sardar Mohebi. « À tout moment où l’ennemi s’écartera de ses engagements, nous sommes prêts à une défense totale. » Il a précisé que l’Iran avait réagi à des violations, et que ses récentes actions militaires ne constituaient qu’une réponse ponctuelle à une provocation, et non une guerre à part entière. « Si nous voulons ouvrir une guerre totale », a-t-il souligné, « l’ampleur de notre activité, l’intensité de nos actions, le volume de nos tirs et nos cibles seront totalement différents et bien plus vastes ».

S’agissant d’Israël, le porte-parole des Gardiens de la révolution a adopté une posture délibérément méprisante, affirmant que Jérusalem recourt à des intrigues pour entraîner Washington dans la confrontation. « Israël a trouvé, à travers la désinformation, l’occasion de maintenir les Américains dans la région afin d’atteindre ses propres objectifs tout en utilisant leurs capacités », a affirmé le porte-parole. Il a décrit le système politique et social israélien comme brisé : « La réalité interne d’Israël est si fragmentée et problématique que nous ne le considérons pas capable d’agir seul contre nous. Ils connaissent notre puissance et savent que si nous nous concentrons sur eux, nous leur apporterons le désastre. Israël n’a même pas la taille de notre province d’Ilam. »

Un avertissement glaçant pour Londres et le Golfe

Vers la fin de l’entretien accordé à Tasnim, Mohebi s’en est pris à la Grande-Bretagne, l’accusant d’être à l’origine de la division dans le monde islamique et « la cause de l’établissement du régime illégitime d’Israël ». Selon lui, Londres n’est qu’un instrument entre les mains de Washington. Dans une déclaration menaçante adressée aux acteurs internationaux et régionaux, il a fixé une ligne rouge claire : « Tout pays, qu’il s’agisse de la Grande-Bretagne, des États du Golfe ou de n’importe quel autre endroit — s’il apporte un soutien aux États-Unis, met à leur disposition son territoire, des armes ou des bases aériennes, il deviendra pour nous une cible légitime. Nous frapperons sans hésitation quiconque contribuera à nous attaquer. »

Ces propos interviennent dans un contexte de tension persistante entre Téhéran et Washington autour du détroit d’Ormuz, voie maritime stratégique par laquelle transite une part considérable du commerce pétrolier mondial. En accusant les États-Unis de rouvrir unilatéralement un couloir de navigation alternatif appuyé par des moyens militaires occidentaux, l’Iran cherche à démontrer que c’est Washington, et non Téhéran, qui aurait rompu le cadre convenu après le cessez-le-feu. Le ton employé par le porte-parole des Gardiens de la révolution, entre mise en garde calculée et rhétorique de défi, illustre la stratégie iranienne consistant à afficher une posture de fermeté tout en évitant, du moins dans le discours, d’endosser la responsabilité d’une escalade généralisée.

Sur ce sujet, les menaces iraniennes envers Israël et ses alliés occidentaux s’inscrivent dans une longue série de déclarations similaires ces dernières années. Pour aller plus loin, retrouvez nos articles sur les tensions internationales croissantes autour du détroit d’Ormuz, sur les menaces des Gardiens de la révolution contre Israël, ainsi que sur les menaces directes de représailles de l’Iran contre Israël.