Toutes les personnes concernĂ©es connaissent cette vĂ©ritĂ© et personne n’en parle publiquement, Ă l’exception d’une ou deux publications dans la presse professionnelle du domaine de l’Ă©nergie – qui sont bloquĂ©es au grand public en raison du prix Ă©levĂ© des abonnements. Et donc le gouvernement peut en attendant garder le silence et Assad et Nasrallah aussi : il est très commode pour eux de ne pas choquer en disant qu’il s’agit bien du gaz Ă©gyptien qui affluerait au Liban dans un an ou plus si tout se passe bien.
Sans trop entrer dans les dĂ©tails voici l’explication : l’idĂ©e est d’utiliser le « gazoduc arabe », qui absorbera le gaz arrivant Ă Aqaba depuis un point au sud de Taba par un gazoduc au fond de la mer Rouge et de lĂ par la Jordanie jusqu’Ă Syrie. La section en Syrie doit ĂŞtre reconstruite Ă partir de ses ruines et Ă©tendue au Liban. Apparemment, mĂŞme pour une entreprise d’ingĂ©nierie assez ordinaire, ce n’est pas vraiment simple ou possible.
Il y a deux raisons Ă cela :
Premièrement, le gazoduc dans le nord du SinaĂŻ par lequel les Égyptiens sont censĂ©s acheminer leur propre gaz vers la Jordanie est « occupĂ© » par le gaz venant d’IsraĂ«l et circulant dans la direction opposĂ©e – vers l’ouest en Égypte. Par consĂ©quent, si vous souhaitez acheminer du gaz d’Al-Arish vers le sud, vers la mer Rouge, vous n’avez pas d’autre choix que d’acheminer le gaz que l’Égypte achète au « Leviathan ».
Deuxièmement, la section nord du « gazoduc arabe » en Jordanie est utilisĂ©e pour acheminer le gaz de la « baleine » au sud vers les centrales Ă©lectriques de Zarqa et de Samra. Encore une fois : pour acheminer le gaz vers la Syrie et le Khanon, il faudra s’approvisionner davantage en « Ă©gyptien » depuis le sud, ce qui permettra de dĂ©tourner le gaz du « Leviathan » vers le nord.
Dans les conversations fiĂ©vreuses qui se dĂ©roulent maintenant Ă un niveau Ă©levĂ©, aucune autre alternative ne s’est prĂ©sentĂ©e, Ă ma connaissance. En ce qui concerne le Hezbollah, il vaut mieux fermer les yeux tant qu’ils Ă©clairent le Liban. L’Ă©lectricitĂ© produite Ă partir du gaz sera Ă©galement bien utilisĂ©e par les usines d’armement et les dĂ©pĂ´ts de missiles de Nasrallah. Pour Assad, c’est un retour dans le cercle arabe. Le roi Abdallah de Jordanie pense que pas Ă pas Assad peut ĂŞtre sauvĂ© de l’Ă©treinte iranienne, et le prĂ©sident Ă©gyptien Sissi s’est toujours opposĂ© Ă la destitution d’Assad.
Comment, alors, IsraĂ«l se comportera-t-il ? Est-il possible d’exiger un retour politique significatif d’Assad et de Nasrallah ? Et si oui, sur quelle considĂ©ration insisterons-nous ?
Et en l’absence d’une compensation adĂ©quate, IsraĂ«l doit-il contrecarrer le plan que les Etats-Unis saluent ? Les bĂ©nĂ©fices supplĂ©mentaires des ventes de gaz ne sont pas la principale considĂ©ration. Ce qui n’Ă©claire pas le Liban avec l’aide du pĂ©trole iranien.





