Le hassid qui a renoncé à ses galons pour devenir combattant

Il avait des galons de capitaine. Il a décidé de les poser pour recommencer une instruction de combat depuis le début. L’histoire du rabbin Yehuda Weitzman, 34 ans, hassid Gour, père de trois enfants, combattant et aumônier dans la brigade Hashmonayim, est devenue cette semaine un symbole — après qu’une photographie de lui a ému les réseaux sociaux israéliens.

Weitzman a grandi à Jérusalem, étudié dans des yeshivot et au kollel, puis a pris une décision qui surprend dans son milieu : s’engager dans l’armée régulière en 2018. Dans un entretien accordé à Yedioth Ahronoth, il explique le fil de ce choix : « À Tsahal, il y a une unité particulière — pas de classes sociales, pas de politique. C’est un endroit pur qui relie les différentes parties du peuple. On peut y sanctifier le nom de Dieu et toucher les cœurs. »

Le matin de Simhat Torah, il était dans l’Otef Gaza. Puis il a été affecté au traitement des soldats tombés au camp de Shoura. Il décrit cette période comme émotionnellement éprouvante, ajoutant qu’il a compris là « ce qui arrive à un peuple qui ne monte pas la garde ».

Du rôle de rabbin à celui de combattant

Weitzman a ensuite exercé plusieurs fonctions, dont celles de rabbin de bataillon dans des brigades opérant à Gaza et au Liban. Mais malgré l’importance de ces postes, il ressentait une frustration : il était dans un rôle d’accompagnateur, pas de combattant. Quand la brigade Hashmonayim a ouvert ses portes au recrutement de soldats de réserve, il a saisi l’opportunité — en acceptant de se défaire de son grade.

« J’ai posé mes galons et j’ai fait une instruction de combat depuis le début. Mon officier lors de la formation était sous-lieutenant. Mais ça valait tout : maintenant je ne suis plus un coach — je suis un joueur, un vrai acteur sur le terrain. »

À ses activités de combat s’ajoute une démarche de collecte de fonds pour les unités, qui illustre le changement de regard dans la communauté haredi depuis le 7 octobre. Weitzman raconte avoir réussi à obtenir des dons de membres des hassidim Satmar — connus pour leur antisionisme — depuis les États-Unis : « Ils ont fourni du matériel opérationnel pour des dizaines de milliers de shekels. »

Il cite en modèle le rabbin Avi Goldberg, tombé au Liban, qui combinait son rôle d’aumônier avec celui de combattant de première ligne : « Je voulais être comme lui : un rav pas seulement responsable de la casherout, mais qui conduit et est présent sur le terrain. C’est un honneur de marcher dans ses pas. »

Pour aller plus loin : 👉 Les combattants de la brigade « Hashmonayim » : fierté de l’armée israélienne et du judaïsme 👉 Pas comme les chefs du Hamas : La bravoure des commandants de Tsahal qui marchent en tête

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