Le haut responsable arabe stupéfait évoque Menahem Begin : « Laisse Israël finir le travail en Iran »

Ce n’est pas un commentateur ordinaire. Analyste politique basĂ© aux Émirats arabes unis, il est connu dans les milieux mĂ©diatiques du Moyen-Orient pour ses positions ouvertement pro-israĂ©liennes et ses publications rĂ©gulières sur les rĂ©seaux sociaux en soutien Ă  IsraĂ«l lors de chaque escalade sĂ©curitaire dans la rĂ©gion. Ce lundi 8 juin, alors que les frappes israĂ©liennes se succèdent en Iran et que Donald Trump presse JĂ©rusalem de retenir ses coups, Taha a choisi de prendre la plume pour cibler directement la politique amĂ©ricaine — et pour invoquer l’hĂ©ritage de Menahem Begin.

Sa publication, relayĂ©e par Maariv, Ă©met une critique tranchante de l’approche conciliatrice de Trump envers l’Iran dans le contexte de la crise en cours. Taha se dit stupĂ©fait par la tournure prise par la politique amĂ©ricaine et appelle, au nom d’une lecture lucide du Moyen-Orient, Ă  laisser IsraĂ«l terminer ce qu’il a commencĂ© en Iran.

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La rĂ©fĂ©rence Ă  Menahem Begin n’est pas anodine. Le sixième Premier ministre d’IsraĂ«l est associĂ© Ă  ce que l’on appelle la doctrine Begin — principe selon lequel IsraĂ«l ne permettra Ă  aucun État hostile de la rĂ©gion d’acquĂ©rir des armes de destruction massive, quitte Ă  agir de manière prĂ©ventive et unilatĂ©rale. C’est en vertu de cette doctrine que Begin avait ordonnĂ© en 1981 la destruction du rĂ©acteur nuclĂ©aire irakien Osirak, bravant les critiques internationales et amĂ©ricaines. La rĂ©fĂ©rence de Taha est donc limpide : il invite Trump Ă  laisser Netanyahu faire ce que Begin avait fait, Ă  savoir prendre une dĂ©cision historique sans se laisser paralyser par les pressions extĂ©rieures.

La voix d’Amjad Taha dans ce contexte prĂ©sente un intĂ©rĂŞt particulier. Elle illustre la fracture qui existe dans le monde arabe entre les discours officiels et les positions rĂ©elles de nombreux acteurs du Golfe. Si les gouvernements des États arabes du Golfe restent publiquement prudents et Ă©vitent de prendre explicitement parti dans la confrontation entre IsraĂ«l et l’Iran, de nombreux analystes, journalistes et personnalitĂ©s politiques de ces pays — dont Taha est l’un des reprĂ©sentants les plus visibles — partagent la conviction que l’Iran reprĂ©sente la menace principale dans la rĂ©gion et que les frappes israĂ©liennes contre l’infrastructure militaire iranienne servent in fine les intĂ©rĂŞts du Golfe.

Sa prise de position intervient dans un moment oĂą Trump, contrairement Ă  ce que beaucoup attendaient de lui, adopte une posture de frein vis-Ă -vis d’IsraĂ«l, dĂ©sireux de prĂ©server Ă  tout prix les nĂ©gociations nuclĂ©aires en cours avec TĂ©hĂ©ran. Taha lit cette posture comme une erreur stratĂ©gique majeure et une incomprĂ©hension du fonctionnement rĂ©el du Moyen-Orient, oĂą la retenue est perçue non comme un geste de sagesse mais comme une invitation Ă  pousser davantage.

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