L’Iran et le Hezbollah tentent de profiter de la crise Ă©conomique du Liban en envoyant un navire iranien – censĂ©ment avec du carburant bien nĂ©cessaire – au Liban, en violation des sanctions amĂ©ricaines.
Reuters rapporte :
Une cargaison de fioul iranien pour le Liban partira jeudi organisée par le groupe chiite libanais Hezbollah, a indiqué le groupe, avertissant ses adversaires américains et israéliens que le navire serait considéré comme territoire libanais dès son départ.
Le chef du Hezbollah, Sayyed Hassan Nasrallah, a dĂ©clarĂ© que d’autres navires suivraient pour aider le peuple libanais, qui souffre de pĂ©nuries de carburant paralysantes en raison de la crise financière qui a durĂ© deux ans dans le pays.
« Nous ne voulons pas nous lancer dans un dĂ©fi avec qui que ce soit, nous ne voulons pas avoir de problème avec qui que ce soit. Nous voulons aider notre peuple », a dĂ©clarĂ© Nasrallah. « Je dis aux AmĂ©ricains et aux IsraĂ©liens que le bateau qui partira d’ici quelques heures depuis l’Iran est le territoire libanais. »
Évidemment, un navire ne devient pas le territoire de sa destination. L’Iran et le Hezbollah tentent de dĂ©fier les États-Unis et IsraĂ«l pour les faire apparaĂ®tre comme l’agresseur pour l’application du blocus des exportations d’armes et de pĂ©trole iraniennes.
Nasrallah défie également ouvertement le gouvernement du Liban.
En juin, lorsqu’il a annoncĂ© pour la première fois son projet d’importer du pĂ©trole iranien, il a dĂ©clarĂ© : « Des cargaisons de carburant arriveront au port de Beyrouth et laisseront l’État empĂŞcher leur accès au Liban.
Les Libanais eux-mĂŞmes reconnaissent que c’est un moyen pour le Hezbollah de renforcer son gouvernement sĂ©parĂ©, en contournant le gouvernement libanais pour des dĂ©cisions importantes qui affectent l’ensemble du pays.
« Nasrallah a utilisĂ© un ton haut quand il a parlĂ© d’apporter du carburant d’Iran », a dĂ©clarĂ© le dĂ©putĂ© Bilal Abdallah Ă Arab News. « Les Libanais souffrent de pĂ©nuries de mĂ©dicaments, de nourriture et de carburant. Leurs souffrances ne doivent pas ĂŞtre utilisĂ©es pour Ă©tablir des ponts plus solides avec l’Iran.
Abdallah a ajouté : « La souffrance du peuple ne peut pas être utilisée à des fins politiques qui affectent les relations du Liban avec ses voisins et la communauté internationale.
Elias Hankhash, un homme politique qui, avec ses collègues du parti Kataeb, a dĂ©missionnĂ© du parlement après l’explosion de Beyrouth l’annĂ©e dernière pour protester contre la nĂ©gligence du gouvernement, a dĂ©clarĂ© que « le Hezbollah contrĂ´le tous les actifs de l’État, y compris les passages illĂ©gaux des frontières et les installations lĂ©gales et est un couvrir la mafia corrompue.
Il a blâmĂ© le Hezbollah « pour la banqueroute, la faim et l’isolement international auxquels les Libanais sont confrontĂ©s » et a dĂ©clarĂ© que « l’achat de carburant en Iran expose le Liban Ă des sanctions et Ă plus d’isolement ».
En juin 2020, le Liban a refusĂ© d’autoriser les navires iraniens Ă accoster par crainte que les États-Unis n’Ă©tendent les sanctions au Liban s’ils acceptaient les expĂ©ditions.
IsraĂ«l a Ă©galement intĂ©rĂŞt Ă stopper ces exportations iraniennes. Les rapports indiquent qu’IsraĂ«l a frappĂ© des cargaisons de pĂ©trole et d’armes de l’Iran vers la Syrie.
Nasrallah essaie de se positionner, ainsi que l’Iran, comme le sauveur du Liban, et d’amener les citoyens libanais Ă le soutenir. La popularitĂ© du Hezbollah a chutĂ© Ă la suite de l’explosion de Beyrouth et de la crise actuelle.
Lors de son discours, Nasrallah a mĂŞme dĂ©clarĂ© : « L’Iran ne s’est jamais immiscĂ© dans les affaires intĂ©rieures du Liban et nous ne sommes pas des outils entre les mains de ce cher État ». Au lieu de cela, il a accusĂ© l’ambassade amĂ©ricaine au Liban d’inciter les Libanais les uns contre les autres.
« L’ambassade amĂ©ricaine prĂ©sente Ă Awkar n’est pas une mission de reprĂ©sentation diplomatique, c’est une ambassade pour complot contre le peuple libanais », a-t-il dĂ©clarĂ©.




