Le journaliste juif emprisonné en Russie dans sa première lettre « je ne perd pas espoir »

Le journaliste du Wall Street Journal, Evan Gershkovich, a envoyĂ© sa première lettre Ă  sa famille depuis son arrestation en Russie pour de fausses accusations d’espionnage.

 

« Je tiens Ă  dire que je ne perds pas espoir », a-t-il Ă©crit dans une courte lettre de deux pages reçue par sa famille Ă  Philadelphie vendredi dernier. « Je lis. Je fais de l’exercice. Et j’essaie d’Ă©crire. Peut-ĂŞtre que je vais enfin Ă©crire quelque chose de bien. » La lettre manuscrite, datĂ©e du 5 avril, est le premier contact direct de Gershkovich avec sa famille depuis son arrestation, il y a plus de deux semaines en Russie.

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La lettre Ă©tait Ă©crite en russe, la langue qu’il parle Ă  la maison avec ses parents, tous deux immigrĂ©s soviĂ©tiques. Sa mère, Ella Millman, a dĂ©clarĂ© qu’Owen avait Ă©crit de l’humour dans la lettre dans le but de garder le moral de sa famille. Mme Millman, 66 ans, a dĂ©clarĂ© qu’elle ressentait « une grande joie » en recevant la lettre, car elle entendait enfin de ses propres yeux comment il allait.  « Ce sont les mots de mon fils, pas quelqu’un d’autre qui me les dit », a-t-elle dĂ©clarĂ©.  « Et son esprit brille. » 

« Maman, malheureusement, pour le meilleur ou pour le pire, tu m’as bien prĂ©parĂ© pour la nourriture de la prison », a-t-il Ă©crit. « Le matin, au petit-dĂ©jeuner, ils nous donnent de la crème de blĂ© tiède, des cĂ©rĂ©ales d’avoine ou de la bouillie de blĂ©. Je me souviens de mon enfance. » Gershkovich, 31 ans, a Ă©tĂ© arrĂŞtĂ© par les services de sĂ©curitĂ© russes le 29 mars alors qu’il visitait la ville d’Ekaterinbourg. Il est accusĂ© d’espionnage pour un pays Ă©tranger.

Le comitĂ© de rĂ©daction du journal et le gouvernement amĂ©ricain dĂ©mentent vigoureusement ces accusations infondĂ©es. Le dĂ©partement d’État a dĂ©terminĂ© que Gershkovich avait Ă©tĂ© « illĂ©galement dĂ©tenu » pour faire pression sur la Russie.

Jusqu’Ă  prĂ©sent, Gershkovich a Ă©tĂ© autorisĂ© Ă  recevoir des visites de ses avocats russes. Il n’a toujours pas Ă©tĂ© autorisĂ© Ă  voir des amis ou des responsables de l’ambassade des États-Unis Ă  Moscou, malgrĂ© des demandes rĂ©pĂ©tĂ©es.