Le juge des tribunaux connu sous le nom de « ComitĂ© de la mort » est aujourd’hui le President de l’Iran. La France ne s’inquiète pas

La Maison Blanche n’a pas Ă©tĂ© dĂ©rangĂ©e par l’Ă©lection d’Ebrahim Raisi comme prochain prĂ©sident de l’Iran, dĂ©clarant que le guide suprĂŞme Ali Khamenei continue de montrer la voie dans les nĂ©gociations nuclĂ©aires.

« L’opinion du prĂ©sident et la nĂ´tre est que le dĂ©cideur ici est le guide suprĂŞme », a dĂ©clarĂ© la porte-parole Jen Psaki. « C’Ă©tait le cas avant les Ă©lections, c’est le cas aujourd’hui, ce sera probablement le cas Ă  l’avenir. »

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Raisi a dĂ©clarĂ© lundi qu’il n’Ă©tait pas intĂ©ressĂ© Ă  rencontrer Biden, un sentiment qui, selon Psaki, Ă©tait probablement mutuel, Ă©tant donnĂ© que les États-Unis n’ont aucun lien avec l’Iran.

« Nous n’avons pas l’intention de nous rencontrer au niveau de la direction, il n’est donc pas clair que quelque chose ait changĂ© sur ce front », dit-il.

Il ajoute que la Maison Blanche « attend avec impatience » de voir oĂą vont les pourparlers nuclĂ©aires avec l’Iran après le dernier cycle de pourparlers.

Paris Ă©vite Ă©galement de s’enthousiasmer pour les Ă©lections iraniennes, affirmant avoir « pris note » de la victoire de Raisi et rester « pleinement mobilisĂ© » pour mettre en Ĺ“uvre l’accord nuclĂ©aire de 2015.

« Nous réaffirmons les inquiétudes que nous avons régulièrement exprimées sur la situation des droits humains en Iran », a-t-il ajouté dans un communiqué.

Dans ses remarques lundi, Raisi a soulignĂ© l’importance de l’accord, qualifiant l’allĂ©gement des sanctions de « centrale pour notre politique Ă©trangère » et exhortant les États-Unis Ă  « revenir en arrière et mettre en Ĺ“uvre leurs engagements ».

Pour rappel, M. Raisi est devenu procureur adjoint Ă  TĂ©hĂ©ran alors qu’il n’avait que 25 ans.

Ă€ ce poste, il a Ă©tĂ© l’un des quatre juges qui ont siĂ©gĂ© dans des tribunaux secrets mis en place en 1988 et connus sous le nom de « ComitĂ© de la mort ».

Ces tribunaux ont jugé de nouveau des milliers de prisonniers déjà condamnés à des peines de prison pour leurs activités politiques.

Quelque 800 portraits de prisonniers politiques exécutés en Iran en 1988. Photos exposées par les représentants en France de l'Organisation des moudjahidines du peuple d'Iran sur l'esplanade des Invalides, à Paris (29 octobre 2019).
Quelque 800 portraits de prisonniers politiques exĂ©cutĂ©s en Iran en 1988. Photos exposĂ©es par les reprĂ©sentants en France de l’Organisation des moudjahidines du peuple d’Iran sur l’esplanade des Invalides, Ă  Paris (29 octobre 2019).

La plupart d’entre eux Ă©taient membres du groupe d’opposition de gauche Mujahedin-e Khalq (MEK), Ă©galement connu sous le nom de People’s Mujahedin Organisation of Iran (PMOI).

Le nombre exact de ceux qui ont Ă©tĂ© condamnĂ©s Ă  mort par les tribunaux n’est pas connu, mais les organisations de dĂ©fense des droits de l’homme ont dĂ©clarĂ© qu’environ 5 000 personnes ont Ă©tĂ© exĂ©cutĂ©es et enterrĂ©es dans des fosses communes, ce qui constitue un crime contre l’humanitĂ©.

Les dirigeants de la RĂ©publique islamique d’Iran ne nient pas que les exĂ©cutions ont eu lieu, mais ils ne discutent pas des dĂ©tails et de la lĂ©galitĂ© des cas individuels.