Tribune de Nadav Shragai : « Faux désarmement du Hamas : Israël doit s’y opposer »

Avec toute la compréhension pour la déception attendue et déjà annoncée du président américain Donald Trump si Israël ne suit pas la voie dite du « démantèlement des armes du Hamas », le premier ministre Benyamin Netanyahou devra tenir compte d’une déception bien plus profonde encore, celle de la majorité des citoyens israéliens, y compris nombre de ses propres électeurs, s’il choisit malgré tout d’emprunter ce chemin.

Cette idée, en elle-même, est aussi séduisante et réaliste que celle de transformer Gaza en Singapour du Moyen-Orient. Le problème n’est pas dans l’objectif visé, à savoir le démantèlement du Hamas. Le problème, c’est que l’accord en cours d’élaboration relève de l’illusion et du désarmement en trompe-l’œil — et Netanyahou, tout comme une partie de l’équipe de Trump, le sait pertinemment.

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Le Hamas a déjà clarifié, en fin de semaine dernière, qu’il ne permettra pas la destruction de son arsenal, mais seulement son stockage ; qu’il ne le laissera pas sortir de la bande de Gaza ; et qu’il ne remettra ses armes à personne d’autre qu’au comité national de gestion de Gaza — surtout pas à Israël. Le Hamas, comme on peut le constater, ne se désarme donc pas : il devient simplement copropriétaire de son propre arsenal. Et ce n’est là que le début. Pour l’organisation, cet accord n’est rien de plus qu’une « pause publicitaire », un moyen de gagner du temps qui lui permettra, à l’avenir, de se reconstruire.

Un aveuglement américain teinté de rose

Quiconque croit que cette organisation — qui, même après le retour des otages, a continué à s’armer, à produire de l’armement, à installer des tours, à enrôler des milliers de nouveaux terroristes dans ses rangs, à spéculer sur l’aide internationale pour approfondir son emprise sur la population, et même à assassiner ses opposants — changerait soudain de nature, se trompe avant tout lui-même. Croire que l’organisation a décidé de lever le drapeau blanc relève de l’illusion et d’un aveuglement américain teinté de rose.

Israël n’a pas à participer à ce jeu dangereux, à moins que le Hamas ne se désarme d’abord de la totalité de ses armements — légers comme lourds —, de tous ses tunnels et de toutes les usines d’armement qu’il a mises en place. Pas d’une partie, pas d’une minorité, pas même d’une majorité : de la totalité. Et il devra également dissoudre l’ensemble de ses mécanismes sécuritaires, policiers et administratifs. Avant cela, il est hors de question de reculer, même légèrement, par rapport à la ligne jaune, qui doit devenir pour nous une ligne rouge — et il est certainement hors de question de se contenter de neutraliser uniquement les « menaces émergentes » : il faut préserver une entière liberté d’action offensive, comme cela a été le cas jusqu’à présent.

Il y a seulement deux semaines, Khalil al-Hayya s’engageait encore à poursuivre la voie des chahids jusqu’au retour complet et à la libération totale de la Palestine, et à la libération d’Al-Aqsa. Il a clairement affirmé que la voie de la résistance était et demeurait celle du Hamas. Alors maintenant, tout aurait soudainement changé ? L’Éthiopien changerait-il sa peau et le léopard ses taches ?

Un test pour toute la classe politique

La formule présentée en fin de semaine dernière ne doit pas être acceptable pour Israël. Le test ne concerne pas seulement Netanyahou et son gouvernement, mais l’ensemble du système politique — y compris les adversaires de Netanyahou. Les dirigeants de l’opposition sioniste, de Yaïr Golan et au-delà, sont appelés à mettre la politique de côté et à clarifier, malgré les élections à venir, qu’une position ferme de Netanyahou face à Trump sur cette question, ainsi que la dénonciation du faux désarmement et de la tromperie du Hamas, mériteraient leur soutien et un large appui politique.

Liens internes

Sur les développements de l’accord de désarmement du Hamas, retrouvez notre article sur l’annonce de Trump concernant l’accord du conseil de la paix pour le désarmement du Hamas [lien vers l’article publié précédemment dans cette session], ainsi que notre article sur les tergiversations du Hamas face au compte à rebours fixé par Trump.