Nous sommes très nombreux Ă penser que le Mossad est le meilleur service de renseignements au monde et nous sommes très nombreux Ă©galement Ă ĂŞtre admiratifs devant le succès de ses opĂ©rations qui sont toujours le rĂ©sultat d’une tĂ©nacitĂ© mais aussi d’une intelligence phĂ©nomĂ©nales. Je pense Ă la rĂ©cupĂ©ration en AmĂ©rique du Sud de cette crapule nazie de Adolf Eichmann ; je pense Ă l’Ă©limination et jusqu’au dernier, des terroristes qui avaient massacrĂ© les sportifs israĂ©liens aux Jeux olympiques de Munich en septembre 1972 ; je pense Ă l’opĂ©ration Entebbe ; je pense Ă l’opĂ©ration inouĂŻe des bipeurs en septembre 2024 contre la vermine du Hezbollah ; je pense Ă l’Ă©limination en Iran mĂŞme de scientifiques iraniens spĂ©cialistes du nuclĂ©aire et Ă TĂ©hĂ©ran, du chef du Hamas Ismail Haniyeh en juillet 2024. Mais le Mossad n’est pas parfait et il a eu Ă©galement des Ă©checs retentissants comme en Jordanie quand il a essayĂ© d’Ă©liminer le terroriste Khaled Meshaal ou comme … quand il n’a pu prĂ©voir l’horrible massacre de 1200 braves Juifs le 7 octobre.
Alors quand je vois la raclĂ©e retentissante que viennent de se prendre les AmĂ©ricains face Ă l’Iran et leur posture de pĂ©nitents Ă genoux pris soudain du syndrome de Stockholm (Trump au G7 le 16 juin parlant des responsables iraniens : « Ce sont des gens forts, intelligents »), j’en viens Ă me poser la question existentielle suivante que doivent se poser bien des IsraĂ©liens : Ă©tait-il fondĂ© pour IsraĂ«l de s’embarquer avec Trump dans cette guerre ? Le Gouvernement de Benjamin Netanyahou avait-il bien pesĂ© le pour et le contre ? Et surtout, le Mossad lui avait-il prĂ©sentĂ©, avec la plus grande objectivitĂ© et la plus grande exhaustivitĂ©, la situation exacte bref, les tenants et les aboutissants ?Â
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En d’autres termes, puisque nous parlons d’Ă©chec -je suis dĂ©solĂ© mais il s’agit bien d’un Ă©chec !- qui a pĂ©chĂ© … par naĂŻvetĂ© ? Le Mossad ? ou Bibi ? C’est sans doute en Iran que le Mossad est le plus fort et donc le mieux implantĂ©. Alors pourquoi n’a t-il donc pas anticipĂ© la rĂ©silience du pouvoir iranien ? Pourquoi n’a t-il pas Ă©tĂ© ainsi en mesure de saisir la capacitĂ© des Iraniens Ă se restructurer et Ă maintenir le contrĂ´le du pays malgrĂ© les opĂ©rations de dĂ©capitation et les cyber-attaques ? Pourquoi a t-il Ă©tĂ© surpris par l’ampleur des capacitĂ©s balistiques de l’Iran et la rapiditĂ© avec laquelle ce pays a restructurĂ© son commandement après des pertes majeures ? Mais finalement, qu’est-ce qu’on en sait de tout cela ? Comme on dit, le Mossad n’a pas passĂ© le tambour sur ses « évaluations de menaces » ! Sa nature justement est d’ĂŞtre discret !
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Car il convient de faire la distinction entre l’avertissement qu’a peut-ĂŞtre indiquĂ© le Mossad au Gouvernement et la dĂ©cision prise par ledit Gouvernement ensuite. On peut tout Ă fait penser que le Mossad ait pu documentĂ© la rĂ©silience du rĂ©gime iranien dans ses rapports confidentiels sans que le Gouvernement en tienne compte parce que la stratĂ©gie implacable de celui-ci -et tout Ă fait comprĂ©hensible- Ă©tait d’en finir avec le rĂ©gime des mollahs … pour permettre Ă IsraĂ«l de vivre enfin en paix. Cela peut tout Ă fait se comprendre dans l’esprit du Premier ministre : mettre le paquet quitte Ă laisser de cĂ´tĂ© un peu les rĂ©alitĂ©s. N’oublions pas que depuis sa crĂ©ation en 1948, IsraĂ«l est en guerre et il n’est pas difficile de comprendre qu’après 78 ans, un chef d’Etat, conscient de la puissance de son armĂ©e et tout particulièrement de son aviation, soit tentĂ© … par une « aventure » dont il imagine l’issue comme une dĂ©livrance nationale !!!
Après tout, David Barnea, l’ancien chef du Mossad n’avait-il pas affirmĂ©, d’après le New York Times, Ă Benjamin Netanyahou avant le dĂ©clenchement des hostilitĂ©s qu’une campagne de bombardements intensifs dĂ©truirait non seulement l’arsenal balistique et nuclĂ©aire iranien, mais crĂ©erait surtout des conditions propices au renversement du rĂ©gime. Il oubliait la dĂ©sunion de l’opposition iranienne, incapable donc de faire front politiquement et partant militairement ; et cela constitue une lacunde manifeste pour un service de renseignements. Il Ă©tait persuadĂ© que le rĂ©gime serait « secouĂ© jusqu’Ă ses fondations ». Il est vrai par contre, qu’il n’a jamais promis que la chute de celui-ci serait instantanĂ©e bref, qu’elle se produirait après quelques jours de bombardements mais plutĂ´t qu’elle prendrait un an et peut-ĂŞtre sans doute, mĂŞme plus.
Il semble finalement qu’il n’y a pas eu incomprĂ©hension entre le Mossad et le Gouvernement quand on sait que Benjamin Netanyahou, lucide et rĂ©aliste, a dĂ©clarĂ© : « On ne fait pas de rĂ©volution depuis les airs ». En rĂ©sumĂ©, le Mossad a Ă peu près bien fait son boulot et n’a pas fabulĂ© comme on pourrait le croire. Le gouvernement israĂ©lien lui, ne s’est pas lancĂ© tĂŞte baissĂ©e comme un gamin irrĂ©flĂ©chi dans une aventure !!! Alors ? Et bien les IsraĂ©liens se sont tout simplement fait tromper ! Par qui ? Mais par les AmĂ©ricains bien sĂ»r, il ne faut pas chercher ailleurs. Pourquoi ? Parce qu’avec leur satanĂ© protocole d’accord, les AmĂ©ricains ont arraché des mains des IsraĂ©liens, la clĂ© de leur succès Ă venir : LE TEMPS ! Les IsraĂ©liens voulaient aller jusqu’au bout ! Le problème, c’est qu’ils ont nĂ©gligĂ© le fait que les AmĂ©ricains sont des bourrins pĂ©tochards : au Vietnam, en Irak, en Afghanistan. C’est pourtant clair ! Partout oĂą ils sont allĂ©s, ils y sont restĂ©s bien peu de temps et en sont partis la queue entre les pattes ! « I am the boss » a dit encore Trump au G7. Pour moi, un boss qui baisse son froc n’est pas un boss surtout en plus quand il trompe ses amis qui ne sont pour lui que des marionnettes juste bonnes Ă servir ses intĂ©rĂŞts de bankster !
Je suis goy. Vive Israël !
Philippe ARNON






