Le prĂ©sident Donald Trump a appelĂ© dimanche le prĂ©sident Ă©lu du BrĂ©sil, Jair Messias Bolsonaro (Messias reprĂ©sente exactement ce que vous pensez), afin de le fĂ©liciter pour sa victoire Ă©lectorale. Sarah Sanders, porte-parole de la Maison Blanche, a dĂ©clarĂ© dans un communiquĂ© que les deux hommes avaient convenu de « travailler cĂ´te Ă cĂ´te pour amĂ©liorer la vie des populations amĂ©ricaine et brĂ©silienne, ainsi qu’en tant que dirigeants rĂ©gionaux des AmĂ©riques ».
Comme Trump, Bolsonaro a Ă©tĂ© dĂ©crit comme un partisan enthousiaste d’IsraĂ«l, qui a promis de suivre le chemin du prĂ©sident amĂ©ricain et de dĂ©placer l’ambassade du BrĂ©sil de Tel Aviv Ă JĂ©rusalem.
Il utilise IsraĂ«l comme exemple d’État moderne et bien gĂ©rĂ©, libĂ©rĂ© de la folie du libĂ©ralisme occidental. Voici un tweet qu’il a partagĂ©, oĂą il a commentĂ© : «En IsraĂ«l, 90% servent dans l’armĂ©e (hommes et femmes) et l’arme devient un droit du citoyen». On ne sait pas s’il a voulu dire que les IsraĂ©liens qui ont servi dans l’armĂ©e ont le droit de porter une arme Ă feu (ce qui est vrai, avec certaines conditions), ou que les IsraĂ©liens puissent rapporter leur arme de service (nous le souhaitons).
La plupart des reportages sur la victoire de Bolsonaro dans les mĂ©dias ne manquent pas d’ajouter Ă son nom l’étiquette «extrĂŞme-droite», ce qui pose un problème mathĂ©matique, puisqu’il a recueilli près de 56% des suffrages, combien d’espace reste-t-il pour le «rĂ©gulier» Ă droite, peu importe le centre, Ă gauche et Ă l’extrĂŞme gauche. C’est un peu comme ceux qui rapportent que 80% des Ă©coliers ne se comportent pas normalement, ce qui laisse supposer que seulement 20% des enfants sont normaux, ce qui modifie la notion mĂŞme de normalitĂ©.
Mais peu importe nos disputes linguistiques, Jair Bolsonaro a captivĂ© l’imagination d’au moins 55% des Ă©lecteurs brĂ©siliens, voyant que leurs anciens dirigeants ont menĂ© leur campagne de prison oĂą ils avaient Ă©tĂ© condamnĂ©s pour corruption. De plus, le candidat que Bolsonaro a vaincu, Fernando Haddad, ne reprĂ©sentait pas un pouvoir politique rĂ©el, mais plutĂ´t une coalition de politiciens «n’importe qui sauf Bolsonaro», qui n’aurait pas pu vaincre la marĂ©e de Bolsonaro. Bolsonaro a remportĂ© 46% des voix au premier tour, Haddad seulement 29%.
Selon la BBC, les Ă©lecteurs de Bolsonaro sont principalement des jeunes (entre 16 et 24 ans), des travailleurs de la classe moyenne Ă Ă©levĂ©e, des conservateurs, des diplĂ´mĂ©s d’universitĂ©, certains centristes et la droite chrĂ©tienne. Ses Ă©lecteurs sont majoritairement des hommes de race blanche – son taux de participation parmi les Ă©lecteurs de sexe fĂ©minin est faible, avec 27%.
JTA a citĂ© le prĂ©sident de la ConfĂ©dĂ©ration des IsraĂ©liens brĂ©siliens, le parapluie des organisations juives brĂ©siliennes, Fernando Lottenberg, qui a dĂ©clarĂ© : « La communautĂ© juive est très diverse et nous travaillerons pour que les diffĂ©rences politiques n’affectent pas notre unitĂ©. » Les Juifs de droite sont aussi partagĂ©s au BrĂ©sil que partout ailleurs sur la planète.
Gabriela Krebs, psychanalyste juive de Rio, a dĂ©clarĂ© Ă JTA : «Nous sommes dans une grande obscuritĂ©, une crise Ă©conomique Ă©norme, la violence urbaine, le chĂ´mage, etc… Le sentiment d’impuissance est gigantesque et les gens sont prĂŞts Ă saisir toute trace d’espoir. «Â
Mais Ary Bergher, prĂ©sident de la FĂ©dĂ©ration juive Ă Rio de Janeiro, a confiĂ© Ă JTA, après la victoire de Bolsonaro au premier tour, que cela «nous rendait très joyeux et plein d’espoir en raison de son amitiĂ©, de son amour et de ses liens non seulement avec l’État d’IsraĂ«l, mais le Peuple juif. Il sera un grand prĂ©sident si l’Ă©thique et la morale juives sont ses piliers. «Â
L’annĂ©e prochaine Ă JĂ©rusalem, Messias Bolsonaro…
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