La relation transatlantique entre Londres et Washington traverse une crise d’une gravitĂ© sans prĂ©cĂ©dent depuis des dĂ©cennies. Keir Starmer, Premier ministre du Royaume-Uni, a franchi ce vendredi un seuil symbolique majeur en exprimant publiquement sa lassitude Ă l’Ă©gard de Donald Trump — et en le comparant implicitement Ă Vladimir Poutine.
Les déclarations ont été faites depuis les pays du Golfe, où Starmer effectuait une visite officielle. Leur timing, leur formulation et leur cible ne doivent rien au hasard.
La comparaison Poutine-Trump : une ligne rouge franchie
Le chef du gouvernement britannique a dĂ©clarĂ© Ă la chaĂ®ne ITV : « J’en ai assez du fait que des familles Ă travers le pays voient leurs factures d’Ă©nergie monter et descendre, que des entreprises voient leurs factures d’Ă©nergie monter et descendre, Ă cause des actions de Poutine ou de Trump Ă travers le monde. »
Mettre sur le mĂŞme plan le prĂ©sident des États-Unis et le prĂ©sident de la Russie dans la mĂŞme phrase, depuis un pays membre de l’OTAN et alliĂ© historique de Washington, est une rupture de protocole diplomatique d’une portĂ©e considĂ©rable. Ce n’est pas une glissade verbale. C’est une position assumĂ©e, livrĂ©e Ă une chaĂ®ne de tĂ©lĂ©vision nationale, en pleine pĂ©riode de tensions aiguĂ«s sur le dossier iranien.
Le Liban : une divergence de fond sur la guerre
Starmer a Ă©galement contestĂ© la position de Trump sur les frappes israĂ©liennes au Liban, affirmant que ces frappes « ne devraient pas avoir lieu. » Il a ajoutĂ© : « Cela doit s’arrĂŞter — c’est ma position ferme — et donc la question n’est pas technique de savoir s’il s’agit d’une violation de l’accord ou non. »
Cette prise de position tranche nettement avec celle de Washington et de JĂ©rusalem, qui soutiennent que le Liban n’est pas couvert par l’accord de cessez-le-feu avec l’Iran. Starmer a dĂ©clarĂ© : « Nous n’avons pas tous accès Ă tous les dĂ©tails du cessez-le-feu, mais permettez-moi d’ĂŞtre très clair sur ce point — ce n’est pas juste. »
Une crise dans l’alliance atlantique
Le contexte de cette dĂ©claration est celui d’une fracture profonde au sein du monde occidental sur la conduite de la guerre contre l’Iran. Des membres de l’OTAN, dont le Royaume-Uni, l’Italie et l’Espagne, ont refusĂ© d’autoriser les bombardiers amĂ©ricains Ă utiliser leurs bases pour des frappes offensives contre l’Iran, et ont rejetĂ© les pressions de Trump pour aider Ă ouvrir le dĂ©troit d’Ormuz.
Trump, qui a discutĂ© d’un Ă©ventuel retrait de l’OTAN avec le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral Mark Rutte Ă la Maison-Blanche mercredi, a Ă©crit après cette rĂ©union : « L’OTAN n’Ă©tait pas lĂ quand nous en avions besoin, et elle ne sera pas lĂ si nous en avons Ă nouveau besoin. Souvenez-vous du Groenland, ce grand morceau de glace mal gĂ©rĂ© !!! »
La menace de quitter l’OTAN, mĂŞme formulĂ©e par voie de post sur les rĂ©seaux sociaux, est d’une gravitĂ© institutionnelle sans Ă©quivalent depuis la fondation de l’Alliance atlantique en 1949. Elle intervient au moment prĂ©cis oĂą l’Europe cherche Ă dĂ©finir sa position face Ă un conflit au Moyen-Orient dont elle n’est pas partie prenante mais dont elle subit les consĂ©quences Ă©conomiques directes.
Starmer dans le viseur de Trump
La relation personnelle entre les deux dirigeants s’est considĂ©rablement dĂ©tĂ©riorĂ©e. Starmer avait dans un premier temps refusĂ© d’autoriser les États-Unis Ă mener des frappes depuis des bases militaires britanniques, dont Diego Garcia aux Ă®les Chagos. Il a ensuite autorisĂ© cette utilisation « à des fins dĂ©fensives limitĂ©es. »
Trump a dĂ©clarĂ© que Keir « n’est pas Winston Churchill » et aurait commencĂ© Ă appeler le Premier ministre britannique « loser. » De son cĂ´tĂ©, Starmer subit des attaques rĂ©pĂ©tĂ©es depuis Washington depuis le dĂ©but de la guerre contre l’Iran, sans avoir jusqu’ici rĂ©pondu publiquement avec cette vĂ©hĂ©mence.
La dĂ©claration de ce vendredi change la donne. En disant publiquement qu’il en a assez de Trump, le Premier ministre britannique envoie un signal Ă son opinion publique — mais aussi Ă ses partenaires europĂ©ens : Londres ne suivra pas Washington les yeux fermĂ©s dans cette guerre, quelle que soit la pression exercĂ©e.
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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