Le présentateur haredi : « Nous en sommes arrivés à un point où Israël est la dictature la plus féroce du monde »

Mercredi soir, des dizaines de milliers de membres de la communauté haredi ont envahi les rues d’Israël pour protester contre les arrestations de déserteurs à la loi sur le service militaire. Le lendemain matin, la fureur avait trouvé un nouveau canal d’expression : le micro de la radio Kol Hai.

Avi Mimran, présentateur emblématique de la station haredi, n’a pas mâché ses mots. Dans une intervention diffusée ce jeudi, il a formulé une charge frontale contre le système judiciaire israélien et contre la couverture médiatique des événements, en lien direct avec les manifestations géantes de la veille, au cours desquelles des convois roulant à vitesse réduite s’étaient dirigés vers la prison numéro 10.

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« La dictature la plus féroce du monde »

Mimran a présenté la colère de la rue haredi en la replaçant dans un cadre démocratique. Pour lui, le secteur n’a fait qu’exercer son droit légitime à la mobilisation politique. « Nous en sommes arrivés à un point où Israël est la dictature la plus féroce du monde », a-t-il déclaré. « La clause dérogatoire vous a nui ? Ils auraient dû nous dire qu’on exploite enfin notre pouvoir démocratique. »

Mais c’est sur la conseillère juridique du gouvernement que ses flèches ont été les plus acérées. Mimran a mis en doute l’existence même d’un pouvoir réel entre les mains de la coalition, pointant du doigt celle qu’il désigne comme la véritable détentrice du pouvoir exécutif : « La conseillère juridique, c’est elle qui gouverne le pays. La coalition a-t-elle encore un sens ? Nous ne dirigeons pas l’État vingt minutes. C’est tout simplement surréaliste. »

Le monde des colons dans le même panier

En guise de clôture, Mimran a établi un parallèle entre le traitement réservé à la communauté haredi et celui que subit, selon lui, le public des implantations en Judée-Samarie. « Le public des colons est lui aussi persécuté et haï dans l’État d’Israël, alors qu’il a versé son sang pour la patrie », a-t-il affirmé.

Ces déclarations interviennent dans un contexte de tension extrême entre la coalition et le système juridique, et alors que les manifestations de la veille — décrites par certains manifestants comme un exercice de pression démocratique, et par leurs opposants comme de l’anarchie — ont profondément secoué l’opinion publique israélienne. Le débat autour de la loi sur le service militaire et les arrestations de déserteurs haredim continue de creuser les fractures entre les différentes composantes de la société israélienne.

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