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 Le président iranien a exhorté le guide suprême à ne pas entrer en guerre avec Israël

La chaĂ®ne Iran International a rapportĂ© hier (mercredi) soir que le nouveau prĂ©sident iranien Massoud Pazkhian avait demandĂ© au guide suprĂŞme de la RĂ©publique islamique Ali Khamenei de reconsidĂ©rer l’attaque prĂ©vue contre IsraĂ«l. Depuis  l’Ă©limination d’Ismail Haniyeh , le chef du bureau politique du Hamas, le 31 juillet, l’Iran et le Hezbollah n’ont cessĂ© d’attaquer IsraĂ«l.

Selon la chaĂ®ne londonienne affiliĂ©e Ă  l’opposition iranienne, lors d’une rĂ©cente rencontre entre Khamenei et Pazkhian, ce dernier a demandĂ© d’Ă©viter une attaque directe de l’Iran contre IsraĂ«l. Selon lui, une telle attaque provoquerait presque certainement une escalade et pourrait conduire Ă  une guerre rĂ©gionale. L’escalade du conflit avec IsraĂ«l pourrait ĂŞtre problĂ©matique pour Pazkhian, qui a remplacĂ© Ibrahim Raisi tuĂ© dans un accident d’hĂ©licoptère.  et a officiellement pris ses fonctions la semaine dernière seulement.

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Selon le rapport, Pazkhian a averti Khamenei que la dĂ©cision de mener une attaque trop dure contre IsraĂ«l pourrait conduire Ă  une rĂ©ponse encore plus dure contre les infrastructures et les installations Ă©nergĂ©tiques iraniennes. Selon lui, une telle attaque causerait des dommages Ă  l’Ă©conomie iranienne et pourrait mĂŞme conduire Ă  l’effondrement du pays. 

Une source interrogĂ©e par la chaĂ®ne a dĂ©clarĂ© que malgrĂ© les avertissements, Khamenei restait fidèle Ă  sa position concernant l’attaque. Selon lui, le guide suprĂŞme n’a pas exprimĂ© son soutien, mais il ne s’est pas non plus opposĂ© aux propos du prĂ©sident. Pazkhian a Ă©galement mis en garde contre les rĂ©actions des chefs de l’establishment de la sĂ©curitĂ© et des Gardiens de la rĂ©volution en Iran, qui aggravent la situation et nĂ©cessitent une rĂ©ponse particulièrement ferme. Pazkhian a soulignĂ© qu’une guerre avec IsraĂ«l pourrait conduire Ă  un grand fossĂ© entre les citoyens du pays et le gouvernement et nuire au statut international de l’Iran, qui se trouve de toute façon dans une situation inconfortable en termes de relations extĂ©rieures. 

Éviter l’escalade ou critiquer Khamenei ?

Cette semaine encore, Pazkhian a dĂ©clarĂ© que l’Iran conservait son droit de rĂ©pondre fermement Ă  IsraĂ«l après l’élimination de Haniyeh Ă  TĂ©hĂ©ran, ce qui contredit son appel Ă  Khamenei et sa dĂ©claration selon laquelle TĂ©hĂ©ran ne cherche pas Ă  aggraver davantage la situation. MalgrĂ© ses paroles et ses rĂ©serves sur la possibilitĂ© d’une attaque en rĂ©ponse Ă  l’élimination, lors de son investiture, le nouveau prĂ©sident a dĂ©clarĂ© qu’il ne remettrait jamais en question la politique du souverain suprĂŞme en Iran, ni Ă  l’extĂ©rieur ni devant les autres dirigeants mondiaux.

De nombreux responsables du monde entier tentent de s’assurer que la rĂ©ponse Ă  l’élimination attribuĂ© Ă  IsraĂ«l sera modĂ©rĂ©e, notamment Sergei Shoigu, le conseiller Ă  la sĂ©curitĂ© nationale du prĂ©sident russe, qui s’est rendu Ă  TĂ©hĂ©ran ce week-end et, selon certaines informations, a demandĂ© le guide suprĂŞme de l’Iran pour Ă©viter une attaque Ă  grande Ă©chelle contre IsraĂ«l.

Sergueï Choïgu, conseiller à la sécurité nationale de Poutine, avec le président iranien Pazkhian (Photo : Reuters)
Pezhkhian avec Sergey Shoygo. Méfiant à l’idée de critiquer le dirigeant, mais inquiet d’une attaque contre Israël Photo : Reuters

Le prĂ©sident iranien s’est entretenu plus tĂ´t dans la journĂ©e avec le prĂ©sident français Emmanuel Macron, qui, comme ses collègues, a tentĂ© de baisser le niveau des flammes devant les Iraniens. Au cours de la conversation entre les deux hommes, Pazkhian a Ă©voquĂ© l’escalade, affirmant que son pays  envisageait des moyens d’Ă©viter la guerre et des efforts pour parvenir Ă  la paix et Ă  la sĂ©curitĂ© mondiales, mais il a nuancĂ© ses propos et dĂ©clarĂ© que l’Iran ne resterait jamais silencieux face Ă  une agression contre elle et contre ses intĂ©rĂŞts.

Un président « modéré » qui a gagné la confiance du peuple

Pazkhian a Ă©tĂ© Ă©lu dĂ©but juillet, après que l’ancien prĂ©sident Ibrahim Raisi ait Ă©tĂ© tuĂ© dans un accident d’hĂ©licoptère en mai.  RaĂŻssi est considĂ©rĂ© comme un protĂ©gĂ© du guide suprĂŞme Khamenei  et a reçu le surnom peu flatteur de « bourreau de TĂ©hĂ©ran » après l’exĂ©cution de milliers d’opposants au rĂ©gime.

Plus de 16 millions d’Ă©lecteurs Ă©ligibles ont choisi Pazkhian, considĂ©rĂ© comme plus modĂ©rĂ© et a Ă©tĂ© Ă©lu suite Ă  l’espoir de nombreuses personnes dans le pays qu’il pourrait empĂŞcher l’unification des autoritĂ©s iraniennes. Et ce, malgrĂ© l’annonce de son intention de mettre en Ĺ“uvre la politique de Khamenei, de 85 ans.