Le programme criminel de l’AutoritĂ© palestinienne et du Hamas et le silence de l’Europe

Depuis de nombreuses annĂ©es, l’AutoritĂ© palestinienne (AP) et d’autres parties palestiniennes rapportent quotidiennement que des Palestiniens sont dĂ©tenus par les autoritĂ©s israĂ©liennes en JudĂ©e-Samarie et Ă  JĂ©rusalem-Est. Ces Palestiniens sont arrĂȘtĂ©s soupçonnĂ©s d’ĂȘtre impliquĂ©s dans des crimes de sĂ©curitĂ© anti-israĂ©liens. Il n’y a rien d’inhabituel dans ces arrestations, qui durent depuis des dĂ©cennies et sont mĂȘme annoncĂ©es publiquement par les autoritĂ©s israĂ©liennes selon Khaled Abu Toameh.

 

Alors qu’IsraĂ«l dĂ©tient des Palestiniens soupçonnĂ©s de participer Ă  diverses activitĂ©s anti-israĂ©liennes, y compris le terrorisme, de nombreux autres Palestiniens sont arrĂȘtĂ©s presque quotidiennement par les forces de sĂ©curitĂ© de l’Autorité palestinienne en JudĂ©e-Samarie et par le Hamas dans la bande de Gaza. Cependant, l’AutoritĂ© palestinienne et le Hamas ne rendent gĂ©nĂ©ralement pas publiques ces arrestations. Les Palestiniens apprennent les arrestations de l’Autorité palestinienne et du Hamas par le biais de publications sur les rĂ©seaux sociaux ou sur des sites d’information non palestiniens.

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L’ AutoritĂ© palestinienne et le Hamas n’aiment pas parler des Palestiniens qui sont les cibles de leurs forces de sĂ©curitĂ© en JudĂ©e-Samarie et dans la bande de Gaza. Pourquoi ? Car la plupart de ces Palestiniens sont arrĂȘtĂ©s pour leur affiliation politique et leurs opinions, et non pour violation de la loi ou participation Ă  la violence et au terrorisme.

Les organisations de dĂ©fense des droits humains et les militants palestiniens dĂ©crivent la dĂ©tention de ces Palestiniens comme des «arrestations politiques». Cela signifie que les Palestiniens ne sont dĂ©tenus par l’AutoritĂ© palestinienne et le Hamas que pour des « raisons politiques ».

Un rĂ©cent rapport de l’Association des institutions des droits de l’homme (HRIA) a rĂ©vĂ©lĂ© qu’au cours des trois derniers mois, les forces de sĂ©curitĂ© de l’AutoritĂ© palestinienne ont intensifiĂ© les arrestations politiques en JudĂ©e-Samarie. Le groupe a dĂ©clarĂ© que les arrestations ont eu lieu malgrĂ© l’initiative du prĂ©sident de l’AutoritĂ© palestinienne, Mahmoud Abbas, de tenir de nouvelles élections gĂ©nĂ©rales palestiniennes.

« La plupart des détentions politiques survenues au cours des trois derniers mois de 2019 visaient des militants politiques qui ont participé à des activités politiques publiques, y compris des manifestations », a indiqué HRIA dans son rapport.

«De nombreuses arrestations ont eu lieu sans ordonnance d’un tribunal, ce qui constitue une violation flagrante des droits constitutionnels et juridiques. Selon les informations recueillies par les enquĂȘteurs de HRIA, les services de sĂ©curitĂ© de l’AutoritĂ© palestinienne ont arrĂȘtĂ© et convoquĂ© 297 Palestiniens pour interrogatoire au cours des trois derniers mois de 2019 en raison de leur affiliation et de leurs activitĂ©s politiques. Quarante-six dĂ©tenus politiques sont toujours dĂ©tenus sans inculpation dans les prisons de l’AutoritĂ© palestinienne. »

L’ERHI a Ă©galement rĂ©vĂ©lĂ© que de nombreux Palestiniens dĂ©tenus par les services de sĂ©curitĂ© de l’AutoritĂ© palestinienne ont fait l’objet de violations de leurs droits. Le groupe a dĂ©couvert que certains des dĂ©tenus avaient Ă©tĂ© traduits devant des tribunaux militaires palestiniens bien qu’ils soient des civils. En outre, de nombreux Ă©tudiants universitaires palestiniens ont Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©s par les forces de sĂ©curitĂ© de l’AP en raison de leurs activitĂ©s sur le campus, notamment pour exprimer leur opinion sur les mĂ©dias sociaux et organiser des Ă©vĂ©nements politiques. Plusieurs dĂ©tenus ont Ă©tĂ© soumis Ă  la torture, Ă  des violences physiques et Ă  d’autres formes d’humiliation par leurs interrogateurs, a indiquĂ© HRIA.

« HRIA demande au gouvernement palestinien et aux forces de sĂ©curitĂ© de JudĂ©e-Samarie de suspendre les arrestations politiques et de libĂ©rer immĂ©diatement tous les dĂ©tenus politiques », a ajoutĂ© le groupe. « Nous demandons Ă©galement que toutes les restrictions aux libertĂ©s publiques soient levĂ©es et que les activitĂ©s politiques et la libertĂ© d’expression soient autorisĂ©es. »

Les militants palestiniens droits de l’homme a rĂ©vĂ©lĂ© qu’au cours de l’annĂ©e 2019, trois dĂ©tenus sont morts dans les prisons de l’AutoritĂ© palestinienne. Deux des personnes arrĂȘtĂ©es ne sont mortes qu’en dĂ©cembre 2019. Le dernier dĂ©tenu dĂ©cĂ©dĂ© purgeait une peine de 10 ans pour avoir vendu des terres Ă  des juifs israĂ©liens. Son identitĂ© n’a pas Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©e par les forces de sĂ©curitĂ© de l’AutoritĂ© palestinienne. Un porte-parole de la police de l’AP a seulement dĂ©clarĂ© que l’homme dĂ©cĂ©dĂ© avait Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© en 2012 et qu’il Ă©tait dĂ©cĂ©dĂ© deux semaines aprĂšs avoir Ă©tĂ© transfĂ©rĂ© de la prison Ă  un hĂŽpital de JudĂ©e-Samarie, ville de Ramallah.

DĂ©but dĂ©cembre, l’AutoritĂ© palestinienne a annoncĂ© qu’un dĂ©tenu de 60 ans est dĂ©cĂ©dĂ© aprĂšs avoir Ă©tĂ© transfĂ©rĂ© Ă  l’hĂŽpital depuis une prison palestinienne de la ville de JĂ©richo. L’identitĂ© de l’homme n’a pas Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©e et on ne sait pas pourquoi il a Ă©tĂ© dĂ©tenu par les forces de sĂ©curitĂ© de l’AutoritĂ© palestinienne en premier lieu.

En avril 2019, un autre Palestinien, Mahmoud Al-Hamalawi, est dĂ©cĂ©dĂ© dans une prison de l’AutoritĂ© palestinienne Ă  Ramallah. Sa famille a dĂ©clarĂ© qu’il avait Ă©tĂ© enlevĂ© Ă  son domicile par des hommes armĂ©s qui l’ont remis aux forces de sĂ©curitĂ© de l’AP. L’AP a ensuite appelĂ© la famille et les a informĂ©s qu’Al-Hamalawi, 32 ans, qui avait Ă©tĂ© gravement torturĂ© par ses ravisseurs, avait Ă©tĂ© dĂ©clarĂ© mort aprĂšs avoir Ă©tĂ© transportĂ© Ă  l’hĂŽpital.

Le 11 janvier, les familles des dĂ©tenus politiques arrĂȘtĂ©s par l’AutoritĂ© palestinienne ont organisĂ© une manifestation Ă  Ramallah pour exiger la libĂ©ration de leurs enfants. Les familles ont exhortĂ© les organisations de dĂ©fense des droits humains Ă  faire pression sur l’AutoritĂ© palestinienne pour qu’elle mette fin Ă  sa campagne de rĂ©pression de la sĂ©curitĂ© contre les militants politiques en JudĂ©e-Samarie et a dĂ©clarĂ© que certains des dĂ©tenus Ă©taient soumis Ă  la torture dans les prisons. de l’AutoritĂ© palestinienne.

Cette protestation, comme les dĂ©tentions quotidiennes par les forces de sĂ©curitĂ© de l’AutoritĂ© palestinienne, reste ignorĂ©e par les mĂ©dias Ă©trangers et les organisations internationales des droits de l’homme. Il en va de mĂȘme pour la mort de trois Palestiniens dĂ©tenus par les forces de sĂ©curitĂ© de l’AutoritĂ© palestinienne. Les mĂ©dias Ă©trangers et les organisations de dĂ©fense des droits de l’homme ne semblent pas s’intĂ©resser aux Palestiniens dĂ©tenus ou torturĂ©s Ă  mort par les forces de sĂ©curitĂ© de l’AutoritĂ© palestinienne. AprĂšs tout, ils n’ont pas Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©s par IsraĂ«l pour des dĂ©lits liĂ©s Ă  la sĂ©curitĂ©.

La communautĂ© internationale semble Ă©galement impassible face Ă  la rĂ©pression continue du Hamas contre les militants politiques dans la bande de Gaza. Le 12 janvier, les forces de sĂ©curitĂ© du Hamas ont arrĂȘtĂ© Eyad Nasr, un haut responsable de la faction dirigeante du Fatah dirigĂ©e par le prĂ©sident de l’AutoritĂ© palestinienne, Mahmoud Abbas. Aucune raison n’a Ă©tĂ© donnĂ©e pour son arrestation

Comme l’AutoritĂ© palestinienne, le Hamas a toujours fait preuve d’intolĂ©rance envers ses rivaux politiques ou toute personne qui ose critiquer les dirigeants palestiniens de JudĂ©e-Samarie et de la bande de Gaza. RĂ©cemment, le Hamas a arrĂȘtĂ© l’un de ses propres policiers, Hussein Qatoush, aprĂšs avoir publiĂ© une vidĂ©o sur Facebook se plaignant de la crise Ă©conomique dans la bande de Gaza dirigĂ©e par le Hamas. Le Hamas a Ă©galement acquis une notoriĂ©tĂ© pour avoir arrĂȘté des comĂ©diens palestiniens qui se moquent des dirigeants arabes ou des États qui soutiennent le Hamas, y compris le Qatar. Deux des comĂ©diens arrĂȘtĂ©s par le Hamas en 2019 sont Ali Nissman et Hussam Khalaf.

L’Union europĂ©enne ferait pression sur les Palestiniens pour qu’ils organisent des Ă©lections prĂ©sidentielles et parlementaires, qui auraient dĂ» avoir lieu depuis longtemps. Cependant, on ne sait pas comment les Palestiniens organiseront de nouvelles Ă©lections Ă  un moment oĂč l’AutoritĂ© palestinienne et le Hamas sont occupĂ©s en JudĂ©e-Samarie et dans la bande de Gaza enfermant leurs opposants politiques.

Les «arrestations politiques» sont une autre indication des violations des droits de l’homme perpĂ©trĂ©es par les dirigeants palestiniens contre leur propre peuple. Mais inexplicablement, l’Union europĂ©enne ne semble pas s’en inquiĂ©ter. Au lieu de faire pression sur l’AutoritĂ© palestinienne et le Hamas pour tenir des Ă©lections – ce que dans les deux cas aucune des parties ne souhaite, car cela donnerait presque certainement une nouvelle victoire au terroriste du Hamas – il serait prĂ©fĂ©rable que l’Union europĂ©enne encourage les dirigeants Les Palestiniens, comme premiĂšre Ă©tape vers la tenue d’Ă©lections libres, doivent au moins arrĂȘter et s’abstenir de procĂ©der Ă  des arrestations politiques.

L’omission de tenir les dirigeants palestiniens responsables de ses violations des droits de l’homme jette de sĂ©rieux doutes sur le dĂ©sir de l’Union europĂ©enne de tenir de nouvelles Ă©lections en JudĂ©e-Samarie et dans la bande de Gaza, et sur ses intentions les plus profondes et apparemment mauvaises pour la rĂ©gion dans son ensemble.