Le risque augmente : voici le vaccin à envisager avant un voyage en Europe cet été

Il y a des alertes sanitaires qui font les gros titres et d’autres qui se glissent dans les conversations sans jamais vraiment éclater. Celle-ci appartient à la seconde catégorie — et c’est précisément ce qui en fait le danger. Discrètement, sans obligation réglementaire ni campagne officielle, un vaccin refait surface dans les discussions des voyageurs qui s’apprêtent à partir en Europe cet été. Il s’agit du vaccin contre l’encéphalite à tiques, en anglais Tick-Borne Encephalitis (TBE) : une maladie virale transmise par les morsures de tiques, qui peut dans les cas graves affecter le système nerveux central.

Le 24 avril dernier, le Centre américain de contrôle et de prévention des maladies (CDC) a mis à jour ses données et cartes de risque pour 2026. Le bilan est clair : les zones à risque couvrent des portions étendues de l’Europe, et les taux d’infection sont les plus élevés enregistrés depuis une décennie. Aucun pays européen n’impose à ce jour une vaccination aux touristes, mais le signal épidémiologique est assez fort pour que des voyageurs informés commencent à y prêter attention.

L’Autriche, un cas particulier

Parmi tous les pays européens concernés, l’Autriche ressort comme le cas le plus frappant. Des régions entières y sont considérées comme endémiques pour la TBE : la Carinthie, la Styrie, la Haute-Autriche, Salzbourg, le Tyrol et le Vorarlberg. Ce sont précisément les zones qui attirent les voyageurs en quête de lacs, de randonnées et de paysages alpins au printemps et en été. Le paradoxe est saisissant : les destinations les plus prisées sont aussi les plus exposées.

Mais la particularité autrichienne ne s’arrête pas là. Le CDC souligne que des foyers d’infection peuvent apparaître dans quasiment n’importe quelle zone du pays, y compris de très petites zones localisées qui n’apparaissent pas sur les cartes touristiques habituelles. Autrement dit, le risque n’est plus assigné à « une région à éviter » — il peut se matérialiser lors d’une simple randonnée d’une journée dans un endroit a priori anodin.

Ce que la population locale a déjà compris, les touristes peinent encore à intégrer. En Autriche, la vaccination contre la TBE fait partie de la routine sanitaire pour une large partie de la population, avec des taux de couverture particulièrement élevés. Les autorités sanitaires autrichiennes en font la promotion active, non pas à destination des seuls groupes à risque, mais de l’ensemble des résidents. Les visiteurs étrangers, eux, arrivent souvent sans en avoir entendu parler.

Un risque qui s’étend bien au-delà de l’Autriche

L’Autriche n’est pas un cas isolé. La TBE est présente dans de vastes zones de la République tchèque, des pays baltes, de l’Allemagne et de la Suisse. Des régions entières de ces pays sont classées comme présentant un risque réel d’infection, principalement en dehors des centres urbains, à proximité des forêts et des sentiers de nature. Le phénomène s’est nettement étendu géographiquement ces dernières années, sous l’effet conjugué des changements climatiques — qui allongent la saison d’activité des tiques — et du développement du tourisme vert dans des zones auparavant moins fréquentées.

Qui devrait envisager ce vaccin ?

Les recommandations de santé publique pour 2026 sont devenues plus ciblées. Sont particulièrement concernés ceux qui prévoient des randonnées en montagne ou en forêt, des séjours au bord de lacs naturels, du camping ou des treks, des activités de cyclisme en pleine nature, et plus généralement tout séjour en zone rurale ou verte, notamment au printemps et en été. À l’inverse, les voyageurs qui se limitent à des vacances exclusivement urbaines ne sont généralement pas considérés comme faisant partie du groupe à risque principal.

La vaccination seule ne suffit pas. Le CDC rappelle que la protection passe aussi par le port de vêtements couvrants lors des promenades en plein air, l’utilisation de répulsifs anti-insectes efficaces contre les tiques, et une inspection minutieuse du corps après toute exposition à des zones boisées ou herbeuses. Ces précautions simples peuvent réduire significativement le risque d’exposition, en complément du vaccin pour ceux qui souhaitent une protection maximale.

Pour les voyageurs israéliens qui planifient cet été un séjour en Europe, notamment dans des régions naturelles d’Autriche, d’Allemagne, de Suisse ou de République tchèque, il vaut la peine de consulter un médecin du voyage avant le départ pour évaluer si la vaccination est pertinente selon le programme prévu.

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