Le Royaume-Uni a annoncé avoir retiré l’ensemble du personnel diplomatique qui se trouvait encore en Iran, où les bombardements américains se poursuivent sans relâche depuis la reprise des hostilités le 7 juillet. L’ambassade britannique, qui avait déjà fermé ses portes en janvier, continue de fonctionner à distance, a précisé le Foreign Office.
« En raison de la situation sécuritaire, le personnel britannique a été temporairement retiré d’Iran », a indiqué le ministère des Affaires étrangères mercredi, dans une mise à jour de sa page de conseils aux voyageurs. Interrogé sur le nombre de personnes concernées par ce retrait, le ministère n’a pas souhaité communiquer de chiffre. Une mesure similaire avait déjà été prise en février, avant même le début des attaques américano-israéliennes contre l’Iran.
Une mise en garde tous azimuts pour les ressortissants britanniques
Le Foreign Office continue de déconseiller formellement tout voyage en Iran, affirmant que les ressortissants britanniques, ainsi que les personnes possédant la double nationalité britannique et iranienne, courent « un risque important d’être arrêtés, interrogés ou placés en détention ». Cette mise en garde n’a rien d’abstrait : un couple de Britanniques, Lindsay et Craig Foreman, avait été arrêté en janvier 2025 en Iran alors qu’il effectuait un tour du monde à moto. Les deux époux ont été condamnés en février à dix ans de prison pour espionnage, une accusation qu’ils nient catégoriquement. Leur famille a fait savoir le 15 juillet dernier que la peine de Craig Foreman avait même été alourdie de deux années supplémentaires, en raison d’échanges qu’il aurait eus avec des médias depuis sa cellule.
Le cas n’est pas isolé. Dimanche dernier, deux diplomates français en poste à Téhéran ont eux aussi été, selon les informations disponibles, brutalement interpellés dans un lieu privé par des officiers de sécurité du régime, et détenus pendant près de quatre heures, en raison de leur mission de soutien à la société civile iranienne. Un épisode qui illustre la dégradation continue des conditions de travail pour les représentations diplomatiques occidentales sur le sol iranien.
Douzième nuit consécutive de frappes américaines
Ce retrait intervient alors que l’armée américaine a mené, dans la nuit de mercredi à jeudi, nuit de nouvelles frappes contre l’Iran, visant une infrastructure militaire dans le pays, selon le commandement régional Centcom. Il s’agissait de la douzième nuit consécutive au cours de laquelle les États-Unis ont frappé des cibles en territoire iranien. En retour, l’armée iranienne et les Gardiens de la révolution ont mené des attaques contre des cibles américaines au Koweït et en Jordanie, visant notamment la base aérienne d’Ali al-Salem, au Koweït, ainsi que le camp désertique d’Udairi.
Le Royaume-Uni n’est pas la seule puissance occidentale à avoir réduit drastiquement sa présence diplomatique en Iran depuis le déclenchement du conflit fin février. L’Allemagne avait déjà procédé, dès le début du mois de mars, au retrait de l’ensemble du personnel de son ambassade à Téhéran, invoquant elle aussi la dégradation de la situation sécuritaire ; la représentation allemande continue depuis lors de fonctionner en effectif minimal, entre fermetures ponctuelles et services consulaires très restreints.
Cette accumulation de décisions parallèles — retraits diplomatiques, arrestations de ressortissants étrangers, frappes quasi quotidiennes — dessine le portrait d’un Iran de plus en plus isolé sur la scène diplomatique occidentale, à mesure que la confrontation avec les États-Unis entre dans sa deuxième semaine sans signe d’apaisement.
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