Le Premier ministre estime que l’accord en cours de conclusion entraĂ®nera un changement au sein de la coalition, et il ne versera pas une larme si Ben Gvir enfreint les règles. • Mais plus important encore, un accord de paix aidera Netanyahu dans ses affaires juridiques et permettra de parvenir Ă un accord de plaidoyer Ă partir d’une position plus favorable. • Pendant ce temps, Ă la Knesset, qui revient de vacances prolongĂ©es, la situation n’est pas de bon augure – ni pour la coalition, ni pour l’opposition, ni pour l’État.
Tous les regards sont tournĂ©s vers le Premier ministre Benjamin Netanyahu. La confĂ©rence d’hiver de la Knesset, qui s’ouvrira immĂ©diatement après Souccot et durera jusqu’Ă l’approche de Pessah, sera dĂ©cisive pour lui – en termes de dĂ©fis, de promesses mais aussi de dĂ©lai lĂ©gal. Ce qui garantira que toutes les Ă©toiles s’alignent pour lui, c’est l’accord avec l’Arabie Saoudite . Netanyahu est sur le point de « se suicider », Ă tout prix ou presque.
L’accord de partenariat a Ă©tĂ© rĂ©parĂ© avec beaucoup de sang, et il ne versera pas une larme si Ben Gvir casse la vaisselle. Il croit sincèrement que le joyau de la couronne, l’Arabie Saoudite, pourrait jouer un rĂ´le dĂ©cisif et conduire Ă©galement Ă un changement dans la coalition, jusqu’Ă ce que l’on trouve le chiffre 61 ans si nĂ©cessaire. L’équipe qui l’entoure blanchira Ă sa place tous les Ă©checs de l’accord, y compris la demande des Saoudiens d’armes nuclĂ©aires civiles. Le blanchiment se fera dans des rapports motivĂ©s et on peut supposer qu’il se fera Ă©galement au dĂ©triment des bĂ©nĂ©fices pour les Palestiniens, ce qui pourrait contribuer Ă faire glisser l’accord dans la gorge de ses partenaires de droite.
Heureusement pour lui, le calendrier de Netanyahu coĂŻncide avec celui du prĂ©sident Biden, qui souhaite Ă©galement signer l’accord d’ici la fin 2023. Un calendrier chargĂ© et exigeant.
La paix avec l’Arabie Saoudite assurera Ă Netanyahu une place dans l’histoire, Ă l’image de celle de Menachem Begin qui a signĂ© la paix avec l’Égypte et d’Yitzhak Rabin qui a signĂ© la paix avec la Jordanie. De cette façon, l’hĂ©ritage de Netanyahu sera complĂ©tĂ© et il pourra se tourner vers ses affaires juridiques – et non vers la rĂ©forme juridique, qui ne l’intĂ©resse pas vraiment, Ă l’exception de la question des fortifications.
Le sablier s’Ă©puise
Un avocat principal impliquĂ© dans les affaires juridiques de Netanyahu m’a dit rĂ©cemment que le sablier du Premier ministre pour obtenir un accord de plaidoyer Ă©tait presque Ă©puisĂ©. Selon lui, Netanyahu en est conscient et a de grands espoirs qu’un accord avec l’Arabie Saoudite l’aidera, de l’avis du public, de l’avis des juges et de l’avis du conseiller juridique du gouvernement, Gali Beharve Miara.
L’avocat a estimĂ© qu’Ă partir du moment oĂą Netanyahu signerait l’accord de paix avec l’Arabie saoudite, ses reprĂ©sentants entameraient des nĂ©gociations avec le bureau du procureur pour parvenir Ă un accord de plaidoyer, qui pourrait Ă©galement inclure un retrait de la scène politique. D’après sa comprĂ©hension, les pourparlers dĂ©buteront dĂ©but 2024 et devront ĂŞtre achevĂ©s avant que Netanyahu ne comparaisse Ă la barre des tĂ©moins lors de son procès, qui est attendu en juin 2024.
Le mĂŞme avocat recommande Ă©galement que le mĂ©diateur tienne les nĂ©gociations sous le radar, qu’il nomme une seule personne de confiance et la mĂŞme du cĂ´tĂ© de Netanyahu, afin d’Ă©viter des fuites qui feraient dĂ©railler le règlement. L’avocat a Ă©galement Ă©voquĂ© une autre possibilitĂ©, selon laquelle si un accord est signĂ© avec l’Arabie Saoudite, c’est Netanyahu qui dispersera la Knesset. La Knesset, au moment qui lui conviendra, ne se prĂ©sentera pas aux prochaines Ă©lections et sera libre de parvenir Ă un accord de plaidoyer, peut-ĂŞtre mĂŞme d’une manière plus favorable.
Une conférence importante pas comme les autres
Quoi qu’il en soit, le retour aux activitĂ©s de la Knesset après de longues vacances d’Ă©tĂ© n’augure rien de bon, ni pour la coalition, ni pour l’opposition, ni pour le pays. La contestation, la tension religieuse-laĂŻque et les tensions qui s’accentuent au sein de la coalition de droite, augmentent le sentiment d’incertitude.
L’opposition n’a pas su en profiter et ses membres ne parlent pas d’une seule voix. Benny Gantz, qui a presque triplĂ© la force de son parti dans les sondages, se laisse glisser entre les gouttes de peur de perdre des voix… dans les sondages. Tandis que YaĂŻr Lapid, pour regagner les voix perdues, dĂ©clare qu’il y aura bientĂ´t des primaires pour la direction du parti. Le dernier Ă avoir demandĂ© l’organisation de primaires est devenu chercheur dans un institut de recherche et rĂ©dacteur d’articles.
Toutes ces choses font que la prochaine confĂ©rence de la Knesset ne ressemble Ă aucune autre. C’est peut-ĂŞtre aussi la raison pour laquelle Lapid a rĂ©pĂ©tĂ© ses paroles selon lesquelles il y aurait des Ă©lections gĂ©nĂ©rales en 2024. On voit dĂ©jĂ Itamar Ben Gvir tenter de se distinguer, Bezalel Smotrich se fortifier, les ultra-orthodoxes distribuent des bonbons pendant la fĂŞte ; Les candidats de Gideon Sa’ar sont opposĂ©s aux candidats de Benny Gantz dans les autoritĂ©s locales, y compris les critiques publiques de Sa’ar Ă l’Ă©gard de Gantz ; Et bien d’autres signes politiques qui indiquent que la lave bouillonne sous le tabernacle de la Knesset.
Il ne serait pas déraisonnable d’estimer que la prédiction de Lapid pourrait se réaliser.
Par Nechama Duak sur Israel HayomÂ




