
La scène est dĂ©sormais connue : Trump aurait traitĂ© Netanyahu de « f***ing fou » lors d’une conversation tendue rĂ©vĂ©lĂ©e par le journaliste Barak Ravid de N12, suscitant un sĂ©isme diplomatique que le prĂ©sident amĂ©ricain a depuis confirmĂ© sans le dĂ©mentir. Mais derrière cette dispute publique se trouvait une pièce que personne n’avait encore rĂ©vĂ©lĂ©e — et que N12 a dĂ©sormais exposĂ©e lors de son Ă©dition principale de mercredi soir.
L’Iran avait Ă©mis un avertissement d’une clartĂ© brutale : si IsraĂ«l frappait Beyrouth, TĂ©hĂ©ran riposterait en lançant des dizaines de missiles sur le territoire israĂ©lien. L’Ă©quation Ă©tait formulĂ©e en ces termes : « Le sort de Beyrouth sera celui de TĂ©hĂ©ran » — une inversion du slogan israĂ©lien qui signifiait, en substance, que toute attaque israĂ©lienne sur la capitale libanaise entraĂ®nerait une rĂ©ponse iranienne directe et massive contre IsraĂ«l.
C’est face Ă cet ultimatum que Trump a choisi d’intervenir. Sa crainte n’Ă©tait pas seulement diplomatique — c’Ă©tait le risque d’une rupture totale du cessez-le-feu avec l’Iran, celui-lĂ mĂŞme qui constitue le cadre dans lequel se dĂ©roulent les nĂ©gociations sur le programme nuclĂ©aire iranien et la rĂ©ouverture du dĂ©troit d’Hormuz.
Pourquoi le Liban mettait en danger les négociations
La logique iranienne est cohĂ©rente avec ses positions publiques depuis le dĂ©but du cessez-le-feu : TĂ©hĂ©ran exige qu’IsraĂ«l cesse ses frappes contre le Hezbollah au Liban comme condition prĂ©alable Ă tout accord permettant la rĂ©ouverture d’Hormuz et, Ă terme, la discussion sur le nuclĂ©aire. Du point de vue de Trump, qui veut pouvoir se prĂ©senter comme l’artisan d’un accord historique avec l’Iran, les opĂ©rations israeliennes au Liban constituaient un obstacle direct Ă son objectif diplomatique central.
Trump l’a confirmĂ© lui-mĂŞme dans une interview : il Ă©tait « plutĂ´t perturbé » par la poursuite des combats israĂ©liens au Liban. Il a expliquĂ© que les frappes israĂ©liennes compromettaient les chances de parvenir Ă un accord avec TĂ©hĂ©ran, car l’Iran insiste sur un arrĂŞt total des hostilitĂ©s contre le Hezbollah avant de pouvoir s’engager sur les autres dossiers. Le prĂ©sident amĂ©ricain a tout de mĂŞme tenu Ă mĂ©nager son alliĂ© en affirmant qu’il continuait à « beaucoup apprĂ©cier Netanyahu » et à « travailler très bien avec lui » — mais le message Ă©tait sans ambiguĂŻtĂ© : stop.
Trump optimiste, malgré tout
MalgrĂ© la tension, Trump a maintenu un ton ostensiblement confiant sur l’issue des nĂ©gociations globales avec l’Iran. Il a indiquĂ© qu’il pensait « probablement » rencontrer Ă un moment donnĂ© Mojtaba Khamenei, le nouveau guide suprĂŞme iranien — une dĂ©claration qui, si elle se concrĂ©tisait, constituerait un Ă©vĂ©nement diplomatique historique. Il a Ă©galement dit croire qu’un accord pouvait ĂŞtre conclu « assez rapidement ».
Ce tableau d’un Trump tirant dans deux directions simultanĂ©es — stoppant Israel au Liban tout en prĂ©servant l’alliance avec Netanyahu, freinant l’escalade tout en maintenant la pression sur TĂ©hĂ©ran — rĂ©sume assez bien la mĂ©canique d’une diplomatie qui jongle avec plusieurs crises en temps rĂ©el. La rĂ©vĂ©lation de la menace iranienne sur Beyrouth ajoute un Ă©lĂ©ment crucial Ă la comprĂ©hension de ces semaines : le cessez-le-feu avec l’Iran n’Ă©tait pas seulement en jeu sur la question du dĂ©troit d’Hormuz — il l’Ă©tait aussi, concrètement, sur chaque frappe israĂ©lienne au Liban.
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