L’Ă©mir du Qatar a proposĂ© d’expulser les responsables du Hamas lors d’une rĂ©union avec Blinken quelques jours après le 7 octobre

L’Ă©mir du Qatar, Tamim ben Hamad Al Thani, a proposĂ© d’expulser les dirigeants du Hamas de Doha lors d’une rĂ©union avec le secrĂ©taire d’État amĂ©ricain, Antony Blinken, quelques jours après l’attaque du groupe terroriste du 7 octobre, selon deux responsables familiers avec l’affaire a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©e au Times of Israel mercredi.

La proposition a Ă©tĂ© formulĂ©e de manière quelque peu indirecte lors du discours d’ouverture de l’Ă©mir lors d’une rĂ©union Ă  huis clos avec Blinken Ă  Doha le 13 octobre. Thani a commencĂ© par exprimer son horreur face Ă  l’attaque du Hamas au cours de laquelle quelque 1 200 personnes ont Ă©tĂ© massacrĂ©es en IsraĂ«l et 253 autres ont Ă©tĂ© kidnappĂ©es Ă  Gaza. Il a ensuite demandĂ© si le moment Ă©tait venu pour les États-Unis de demander au Qatar d’expulser les dirigeants du Hamas, ont dĂ©clarĂ© les deux responsables, qui se sont exprimĂ©s sous couvert d’anonymat.

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Lorsque Blinken a commencĂ© ses propres remarques, il n’a pas rĂ©pondu directement Ă  la proposition de l’Ă©mir, mais il a dĂ©clarĂ© qu’il pensait qu’il serait prĂ©fĂ©rable que le Qatar utilise ses contacts avec le Hamas – par l’intermĂ©diaire du bureau qu’il a autorisĂ© le groupe terroriste Ă  Ă©tablir Ă  Doha en 2012. Ă  la demande de Washington – pour servir de mĂ©diateur entre les parties Ă  la guerre Ă  Gaza afin d’obtenir un accord sur les otages, ont rappelĂ© les responsables. Ils ont ajoutĂ© que le secrĂ©taire d’État amĂ©ricain a Ă©galement prĂ©cisĂ© que la situation ne serait plus la mĂŞme pour le Hamas au Qatar une fois le conflit terminĂ©.

Le Qatar subit des pressions croissantes en raison de ce que les critiques du gouvernement israĂ©lien et de certains rĂ©publicains amĂ©ricains considèrent comme son refus d’exercer suffisamment de pression sur le Hamas pour qu’il accepte un accord avec IsraĂ«l sur les otages, notamment en menaçant d’expulser ses dirigeants du groupe terroriste. Ă  Doha ; Les Ă©changes lors de la rĂ©union du 13 octobre ont rĂ©vĂ©lĂ© une situation plus complexe.

Le DĂ©partement d’État amĂ©ricain a refusĂ© de commenter officiellement, mais une source amĂ©ricaine proche du dossier a dĂ©clarĂ© que Blinken et Thani avaient discutĂ© de la question de la prĂ©sence du Hamas Ă  Doha et que le secrĂ©taire avait demandĂ© Ă  l’Ă©mir de se concentrer sur la libĂ©ration des otages Ă  court terme. , ajoutant qu’Ă  long terme, il ne s’agirait pas de « faire comme si de rien n’Ă©tait avec le Hamas ».

Le secrĂ©taire a publiquement rĂ©pĂ©tĂ© une partie de ce message juste après la rencontre avec l’Ă©mir. « Dans toutes mes conversations tout au long de ce voyage, j’ai clairement indiquĂ© qu’il ne pouvait plus y avoir de statu quo avec le Hamas », a dĂ©clarĂ© Blinken lors d’une confĂ©rence de presse.

Commentant davantage les critiques de Doha, l’un des responsables susmentionnĂ©s a affirmĂ© que les dirigeants du Hamas sont parfaitement conscients que leur sĂ©jour au Qatar sera compromis si les nĂ©gociations Ă©chouent complètement.

De plus, le Qatar serait disposĂ© Ă  expulser les dirigeants du Hamas si les États-Unis le lui demandaient, a affirmĂ© le responsable, ajoutant qu’aucune demande de ce type n’avait Ă©tĂ© formulĂ©e depuis la rĂ©union du 13 octobre.

MĂŞme si les dirigeants du Hamas Ă©taient expulsĂ©s, on ne sait pas exactement quel serait l’impact, Ă©tant donnĂ© que ceux hĂ©bergĂ©s Ă  Doha passent la plupart de leur temps depuis le 7 octobre en Turquie, oĂą rĂ©sident leurs familles, a dĂ©clarĂ© le responsable.

La Turquie a également été critiquée pour avoir accueilli les dirigeants du Hamas. Mais alors que les autorités turques auraient périodiquement ordonné à certains de ces membres de quitter le pays, le président turc Recep Tayyip Erdoğan a exprimé à plusieurs reprises son soutien au groupe terroriste.

D’autres pays de la rĂ©gion ont un point de vue diffĂ©rent sur le rĂ´le que le Qatar peut jouer dans les nĂ©gociations sur les otages. Un haut diplomate arabe a dĂ©clarĂ© mardi au Times of Israel que les nĂ©gociations semblaient avoir mis fin Ă  une impasse prolongĂ©e, en partie grâce aux menaces de Doha d’expulser les dirigeants du Hamas s’ils ne coopĂ©raient pas. Le diplomate a reconnu que le Qatar avait fait valoir qu’une telle pression ne serait pas efficace, mais a dĂ©clarĂ© que ce point de vue n’Ă©tait pas partagĂ© par les autres intermĂ©diaires dans les nĂ©gociations.