Leonard Cohen, l’auteur-compositeur chanteur judĂ©o-canadien est mort Ă 82 ans.
« C’est avec une profonde tristesse que nous rapportons que ce poète lĂ©gendaire, auteur-compositeur et artiste, Leonard Cohen est dĂ©cĂ©dé », pouvait on lire sur sa page Facebook ce jeudi soir. « Nous avons perdu un des visionnaires les plus vĂ©nĂ©rĂ©s et les plus prolifiques de la musique. »
On ne connaît pas la cause de sa mort, mais son enterrement se déroulera à Los Angeles dans les prochains jours.
LĂ©onard Cohen, nĂ© en 1934 Ă MontrĂ©al, jouait de la guitare folk alors qu’il avait 15 ans. Il a appris la chanson de rĂ©sistance « The Partisan », travaillant dans un camp, avec un ami plus âgĂ©.
Ses influences incluent Irving Layton, le poète Juif canadien qui a enseignĂ© Ă l’UniversitĂ© McGill et, comme Cohen, aux prises avec les tensions entre le monde sĂ©culier et les tentations de la foi.
Il a commencĂ© Ă publier de la poĂ©sie, puis des romans, et a Ă©tĂ© remarquĂ© par la presse nationale canadienne. Il a dĂ©mĂ©nagĂ© Ă New York, Ă la fin des annĂ©es 1960 (sa chanson « Chelsea HĂ´tel » porte sur son sĂ©jour et ce refuge notoire pour l’inspiration, les fous et les indigents), il a commencĂ© Ă mettre ses paroles en musique.
« Suzanne », Ă propos de la relation platonique dĂ©vastatrice avec la femme d’un ami qui a Ă©tĂ© une raison de son dĂ©part de MontrĂ©al, a Ă©tĂ© enregistrĂ© par Judy Collins et sa carrière a Ă©tĂ© lancĂ©e.
Dans « Bird on the Wire », l’une de ses chansons les plus belles, il se remet d’une culpabilitĂ© paralysante quand il trouve son inspiration par un mendiant, puis par une prostituĂ©e: « Et une jolie femme, penchant sa porte obscurcie / Elle cria vers moi, Hey pourquoi ne pas demander plus. »
Cohen a embrassĂ© le bouddhisme, mais n’a jamais cessĂ© de dire qu’il Ă©tait juif. Sa musique le plus souvent traitĂ©e rĂ©vĂ©lait directement sa foi, et son lien Ă l’histoire du peuple juif.
Sa chanson la plus cĂ©lèbre, chantĂ©e des centaines de fois, est « Hallelujah » Ă propos de l’angoisse sacrĂ©e ressenti par le roi David comme il contemple la beautĂ© de la BethsabĂ©e interdite.
Il s’est souvent rendu en IsraĂ«l, et a exprimĂ© son amour pour le pays – il a visitĂ© les troupes dans la guerre du Kippour en 1973 mais il a Ă©galement exprimĂ© sa tristesse quant au militarisme qu’il rencontrait.
Son concert Ă Ramat Gan en 2009 a suscitĂ© une protestation bien avant qu’il a eu lieu sur une nuit chaude près de la mer israĂ©lienne.
Certains activistes palestiniens ont appelĂ© Ă un boycott Ă cause de « l’invasion de Gaza par IsraĂ«l », visant Ă arrĂŞter les attaques quotidiennes de roquettes. Plus de 1.150 Palestiniens, dont des centaines de civils, ont Ă©tĂ© tuĂ©s dans les trois semaines offensive qui a pris fin Ă la mi-Janvier.
Cohen a rĂ©pondu en proposant d’effectuer dans la ville de Ramallah en JudĂ©e Samarie. Il a dit que toutes les recettes des spectacles iraient Ă des organisations de paix israĂ©lo-palestiniennes.
Mais un groupe pro-palestinien  « boycott universitaire et culturel d’IsraĂ«l » a exhortĂ© le chanteur d’annuler les spectacles et a lancĂ© une campagne de protestation.
« Il y a beaucoup de gens qui ne veulent pas de nous ici, et tout ce qui fait ici invite la controverse, » a dit le directeur de Cohen, Robert Kory, Ă l’Associated Press. « Mais nous estimons que la libertĂ© d’expression est très, très importante. »
Kory a déclaré que le chanteur a créé une fondation, «Le Fonds pour la réconciliation, la tolérance et la paix».
En Août, il a écrit une lettre émouvante à son ancienne petite amie et muse Marianne Ihlen, qui est morte à la fin de Juillet, suggérant lui aussi était prêt à embrasser la mort.
Le mois dernier, dans un profil de Cohen dans The New Yorker, Bob Dylan l’a comparĂ© Ă son compatriote chanteur-compositeur Irving Berlin – reliant trois musiciens juifs emblĂ©matiques dans une Ă©vocation poignante.
Cohen laisse dans le deuil un fils et une fille.
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