Les chiens de Tsahal tués à la guerre vont-ils au paradis ?

Ces dernières annĂ©es, le public a Ă©tĂ© exposĂ© au rĂ´le important des chiens des unitĂ©s d’infiltration dans la lutte de Tsahal contre l’ennemi. Il s’agit de dizaines de chiens qui identifient les explosifs, combattent les terroristes et sauvent la vie de nombreux soldats. Ces chiens sont souvent tuĂ©s pendant ces missions.

Cette mort, survenue lors d’un combat pour le peuple d’IsraĂ«l, soulève la question spirituelle « les chiens de Oketz tuĂ©s pendant les combats ont-ils une vertu particulière par rapport aux autres animaux » ? Autrement dit, les âmes de ces chiens montent-elles au ciel et entrent-elles dans une sorte de « paradis spĂ©cial pour les chiens » ? La question se pose Ă©galement de savoir si les chiens doivent ĂŞtre traitĂ©s comme des martyrs de Tsahal et bĂ©nĂ©ficier de funĂ©railles militaires.

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Beaucoup peuvent répondre oui à toutes ces questions et force est de constater que les amoureux des animaux sont convaincus que les chiens de combat vont au paradis. Mais nous voulions savoir si selon la Thora, il y a aussi quelque chose à dire par rapport à cette réalité particulière ?

En fin de compte, ce n’est qu’un chien.

Le rabbin Yuval Sharlo, chef de la Yeshiva Orot Shaul, l’un des fondateurs et membre de l’organisation rabbinique Tzahar et fondateur du Teknah Forum, estime que malgrĂ© l’amour pour ces chiens, il est très important de distinguer les humains des chiens et de dĂ©clarer qu’avec tout l’amour que nous leur portons, nous ne parlons pas d’humains qui iront au paradis.

« Le judaĂŻsme a une double attitude envers les animaux. D’une part, il Ă©tablit une distinction nette entre les humains et les animaux et ne donne aucun statut aux animaux. Il n’y a pas de lois sur le bien-ĂŞtre des animaux, pas de lois sur le deuil pour les chiens de compagnie, il n’y a rien Ă  ce sujet. Il est extrĂŞmement important d’ĂŞtre prudent avec cette distinction. Le rabbin Kook, zt’l, a soulignĂ© la nĂ©cessitĂ© de faire la distinction entre l’homme et la bĂŞte.

 » D’un autre cĂ´tĂ©, de nombreuses mitsvot de la Torah Ă©taient expliquĂ©es par les anciens comme des mitsvot liĂ©es Ă  la mise en garde contre la cruautĂ© envers les animaux : les mitsvot de dĂ©placer le nid, l’interdiction d’abattre un animal et sa progĂ©niture le mĂŞme jour, l’interdiction de faire labourer ensemble un bĹ“uf et un âne.

Par consĂ©quent, les chiens de Oketz sont des chiens, rien de plus. Les humains qui en prennent soin sont ceux qui sont au centre de nos intĂ©rĂŞts. Il est certes appropriĂ© de les traiter correctement, et il est mĂŞme possible de leur exprimer beaucoup d’amour, mais de continuer Ă  se rappeler constamment que malgrĂ© le fait qu’il y ait beaucoup d’humains qui nous mettent en danger, mĂŞme s’ils nous sauvent la vie, ils sont des chiens. »

Il n’y a pas d’autre monde – il y a un souvenir.

Le rabbin, penseur et Ă©crivain Haim Navon rĂ©pond Ă©galement que l’amour et le souvenir envers les chiens se font dans ce monde. Selon lui, « Nos sages nous ont enseignĂ© qu’il est nĂ©cessaire de montrer de la gratitude envers les animaux qui ont Ă©tĂ© bons pour nous. L’exemple le plus marquant est celui de la viande de gibier dont il est dit : « Tu la jetteras Ă  un chien ». (Exode 22) Nos sages ont expliquĂ© qu’il s’agit d’une rĂ©compense pour les chiens parce qu’ils n’ont pas attaquĂ© les IsraĂ©lites lors de la sortie d’Egypte – « Et pour tous les enfants d’IsraĂ«l, un chien ne se mordra pas la langue » (Exode 11). Certains ont dit qu’il s’agissait d’une rĂ©compense pour les chiens pour leur coopĂ©ration avec nous dans la garde et la protection. Parallèlement Ă  cela, Rambam a fortement soulignĂ© que les animaux ne reçoivent pas la survie de l’âme dans l’autre monde, mais un beau souvenir de nos animaux bien-aimĂ©s. Et les bienfaiteurs restent et vivent avec nous dans ce monde. »

On m’a demandĂ© un jour d’organiser les funĂ©railles d’un chien

Le rabbin Dr Ronan Lovitz, rabbin de la localitĂ© de Nir Etzion et prĂ©sident du mouvement « Loyal Torah et Avoda », membre de l’organisation rabbinique Zohar et de l’organisation rabbinique Beit Hillel, estime Ă©galement que le traitement principal de ces chiens devrait ĂŞtre de la part des soldats qui leur Ă©taient Ă©motionnellement attachĂ©s dans ce monde : « Il est clair qu’un chien tombĂ© au combat distillait une attitude particulière, cela est Ă©galement important pour nous en tant que peuple, Ă  la fois pour les combattants eux-mĂŞmes et pour souligner notre attitude profonde envers un animal qui nous a protĂ©gĂ©. Cependant, il s’agit d’un enterrement appropriĂ© dans ce monde, mais pas pour un chien qui a un niveau spĂ©cial au-delĂ  de celui-ci. Il ne faut Ă©videmment pas lui offrir une sĂ©pulture militaire comme un soldat. Ă€ propos, lorsque j’Ă©tais rabbin en Afrique du Sud, une femme juive m’a fait pression pour que son chien fasse des funĂ©railles juives et elle a affirmĂ© qu’il cĂ©lĂ©brait mĂŞme Pessah, mais cela ne devrait pas ĂŞtre fait mais il y a une maniere respectable d’enterrer et de traiter l’animal dans le monde, mais il est clair que le chien n’est pas spĂ©cial en termes d’aspects spirituels.

לוחם יחידת "עוקץ" עם כלבו ברצועת עזה , דובר צה"ל
Un soldat de l’unitĂ© « Oketz » avec son chien dans la bande de Gaza, photo : porte-parole de Tsahal

Il est clair qu’il doit ĂŞtre plus respectĂ© qu’un chien ordinaire

Rabbi HaCohen, chef de la Yeshiva Otniel : « Je ne comprends pas le monde Ă  venir mais seulement ce monde et ici, Ă  mon avis, il est absolument clair qu’un chien de ce type a sĂ»rement une qualitĂ© supĂ©rieure qu’un simple animal vivant dans le monde. Je ne sais pas exactement ce qu’est cette vertu et ce qu’elle signifie, mais il est clair qu’il y en a une. »

Dans ce monde, ces chiens devraient sûrement avoir un statut spécial

Le rabbin Dr Ido Pachter estime que dans ce monde, il existe certainement un statut très spĂ©cial pour les chiens Oketz et que c’est Ă©galement l’approche des sages Ă  travers les gĂ©nĂ©rations. Mais spirituellement, nous avons vu que les Sages reconnaissaient  prenaient vraiment soin des animaux et en fait, dans le monde spirituel des animaux, il y avait une affinitĂ© significative et positive pour les animaux et aujourd’hui, lorsque nous connaissons la relation entre les animaux et les humains, alors il faut sĂ»rement leur donner un statut particulier par rapport aux autres animaux, ceci est soutenu par toute l’approche du judaĂŻsme et du monde spirituel des sages. Concernant le monde Ă  venir, je ne sais pas, et je dois toujours me rappeler qu’un chien n’est pas une personne, mais certainement dans tout ce qui touche Ă  ce monde, il devrait bĂ©nĂ©ficier d’un traitement spĂ©cial.