Les États-Unis dĂ©truiront l’armĂ©e russe si Poutine utilise des armes nuclĂ©aires, dĂ©clare l’ancien directeur de la CIA

« Juste pour vous donner une hypothèse, nous rĂ©pondrions en dirigeant un effort de l’Otan – un collectif – qui Ă©liminerait toutes les forces conventionnelles russes que nous pouvons voir et identifier sur le champ de bataille en Ukraine et aussi en CrimĂ©e et tous les navires en mer Noire. », a dĂ©clarĂ© Petraeus au prĂ©sentateur de « ABC This Week » d’ABC News, Jon Karl.

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L’avertissement intervient après que Poutine et plusieurs autres membres de son entourage – comme le dirigeant tchĂ©tchène Ramzan Kadyrov – aient exprimĂ© leur soutien Ă  l’utilisation d’armes nuclĂ©aires.

Petraeus a ajoutĂ© que mĂŞme si une rĂ©ponse de l’OTAN serait de mise en cas de frappe nuclĂ©aire russe, la situation n’invoquerait pas nĂ©cessairement l’article 5 de l’OTAN, qui stipule que si un alliĂ© de l’OTAN est victime d’une attaque armĂ©e, chacun des autres membres de l’OTAN prendrait leur dĂ©fense.

« Vous ne voulez pas, encore une fois, entrer dans une escalade nuclĂ©aire ici. Mais vous devez montrer que cela ne peut en aucun cas ĂŞtre acceptĂ© », a dĂ©clarĂ© Petraeus au sujet de la rĂ©cente annexion par la Russie de quatre rĂ©gions Ă  l’ouest de l’Ukraine.

Vous devez montrer que cela ne peut en aucun cas être accepté

David Petraeus, ancien directeur de la CIA

Menaces nucléaires russes

Alors que la guerre entre l’Ukraine et la Russie entre dans ses huit mois, la Russie a intensifiĂ© sa rhĂ©torique dĂ©fensive, certains membres Ă©minents du gouvernement russe appelant Ă  une Ă©ventuelle action nuclĂ©aire.

« Ceux qui essaient de nous faire chanter avec des armes nuclĂ©aires doivent savoir que le vent peut tourner dans leur direction », a prĂ©venu le prĂ©sident russe Vladimir Poutine dans un discours prĂ©enregistrĂ© fin septembre, « Lorsque l’intĂ©gritĂ© territoriale de notre pays est menacĂ©e, nous utiliserons certainement tous les moyens Ă  notre disposition pour protĂ©ger la Russie et notre peuple… Ce n’est pas du bluff. »

Les remarques de Poutine sont peut-ĂŞtre les plus significatives, mais ce ne sont pas les seuls commentaires de ce type faits rĂ©cemment par les dirigeants russes concernant la possibilitĂ© d’un conflit nuclĂ©aire. L’ambassadeur de Russie aux États-Unis, Anatoly Antonov, a appelĂ© les États-Unis et les puissances occidentales Ă  cesser de menacer l’intĂ©gritĂ© territoriale de la Russie et de collaborer avec les forces armĂ©es ukrainiennes – notant que le risque de conflit nuclĂ©aire demeure – dans un Ă©ditorial du 28 septembre. Quelques jours plus tard, le dictateur tchĂ©tchène controversĂ© Ramzan Kadyrov a dĂ©clarĂ© que les armes nuclĂ©aires «à faible rendement» devraient ĂŞtre utilisĂ©es dans les territoires annexĂ©s et contestĂ©s, allant jusqu’Ă  critiquer Moscou pour ĂŞtre trop «douce».

Petraeus, le gĂ©nĂ©ral quatre Ă©toiles Ă  la retraite qui a Ă©tĂ© directeur de la CIA du 6 septembre 2011 jusqu’Ă  sa dĂ©mission le 9 novembre 2012, a dĂ©clarĂ© que l’establishment militaire amĂ©ricain n’Ă©tait pas effrayĂ© par les commentaires. « Cela peut encore empirer pour Poutine et pour la Russie. Et mĂŞme l’utilisation d’armes nuclĂ©aires tactiques sur le champ de bataille ne changera rien Ă  cela », a dĂ©clarĂ© Petraeus, plaidant pour que la Russie vienne Ă  la table des nĂ©gociations avec l’Ukraine.