L’Ă©tat de non-belligĂ©rance qui prĂ©valait depuis quelques jours entre l’Iran et les États-Unis a volĂ© en Ă©clats après seulement quatre jours, les Gardiens de la rĂ©volution ayant tirĂ© des missiles balistiques en direction d’une base amĂ©ricaine en Jordanie. Il s’agit de la première attaque de missiles iraniens contre une base amĂ©ricaine dans la rĂ©gion depuis la dĂ©cision du prĂ©sident Donald Trump de suspendre les frappes contre l’Iran vendredi dernier.
Dans la foulĂ©e, les AmĂ©ricains et l’Arabie saoudite ont menĂ© une opĂ©ration conjointe contre des cibles de milices pro-iraniennes en Irak. Le Commandement central de l’armĂ©e amĂ©ricaine a annoncĂ© dans la nuit que des chasseurs amĂ©ricains et saoudiens avaient frappĂ© des sites logistiques de cellules terroristes liĂ©es Ă l’Iran. Selon cette annonce, les Gardiens de la rĂ©volution avaient dirigĂ© ces cellules terroristes pour qu’elles attaquent les forces amĂ©ricaines ainsi que des infrastructures Ă©nergĂ©tiques saoudiennes. Le ministère saoudien de la DĂ©fense a confirmĂ© ces informations, affirmant que les frappes constituaient une rĂ©ponse aux attaques de drones visant des installations pĂ©trolières. Riyad a prĂ©cisĂ© ne pas rechercher l’escalade, mais a averti qu’elle rĂ©pondrait Ă toute forme d’« agression ».
Cette opĂ©ration intervient au lendemain d’une autre annonce saoudienne : le royaume avait indiquĂ© avoir interceptĂ© et dĂ©truit plusieurs drones qui tentaient de frapper des installations pĂ©trolières dans la province orientale du pays.
Du cĂ´tĂ© iranien, les Gardiens de la rĂ©volution ont pour leur part revendiquĂ© une attaque contre trois pĂ©troliers dans le dĂ©troit d’Ormuz, voie maritime stratĂ©gique par laquelle transite une part considĂ©rable des exportations mondiales de pĂ©trole.
Sur le plan diplomatique, le site Politico a rapportĂ© dans la nuit que la Grande-Bretagne et la France avaient refusĂ© de rejoindre la force internationale navale que l’administration Trump cherche Ă constituer pour protĂ©ger la navigation dans le dĂ©troit d’Ormuz. Des sources europĂ©ennes ont expliquĂ© que ce manque d’enthousiasme s’expliquait notamment par la frustration ressentie envers Trump, qui n’avait pas informĂ© Ă l’avance ses alliĂ©s avant les frappes menĂ©es contre l’Iran en fĂ©vrier dernier.
Toujours dans le registre diplomatique, l’Iran a rejetĂ© une proposition formulĂ©e par Oman, exigeant en retour le contrĂ´le des routes de navigation dans la rĂ©gion. Un haut responsable amĂ©ricain a de son cĂ´tĂ© dĂ©clarĂ© Ă l’agence Reuters que l’Iran allait trop loin dans ses exigences concernant le dĂ©troit d’Ormuz, et que la communautĂ© internationale avait raison de les rejeter.
Sur le plan militaire, Reuters a par ailleurs rapportĂ© que l’Iran devrait recevoir dans les prochaines semaines la première livraison d’un contrat d’achat portant sur plusieurs centaines de missiles de dĂ©fense antiaĂ©rienne portables, dans le cadre de ses prĂ©paratifs en vue d’une possible reprise des combats. Selon ce rapport, TĂ©hĂ©ran et PĂ©kin Ă©tudient des options pour acheminer cette cargaison par voie terrestre, incluant d’autres livraisons militaires, afin de rĂ©duire le risque qu’elle soit interceptĂ©e.
L’ensemble de ces dĂ©veloppements dessine une rĂ©gion oĂą la trĂŞve reste extrĂŞmement prĂ©caire, entre tirs de missiles, frappes de reprĂ©sailles et bras de fer diplomatique autour du contrĂ´le des voies maritimes stratĂ©giques du Golfe.
Pour approfondir ce dossier, on pourra consulter nos articles sur la carte officielle publiĂ©e par l’Iran concernant les routes de navigation dans le dĂ©troit d’Ormuz, ainsi que sur les tirs de missiles balistiques iraniens revendiquĂ©s contre des cibles turques en Syrie.






