Les lĂ©opards peuvent-ils changer de place ? Ou pour ĂŞtre plus pertinent, ceux qui ont mis IsraĂ«l, l’Occident et le monde dans un tel danger par le biais de l’accord nuclĂ©aire de 2015 de l’administration Obama avec le rĂ©gime iranien peuvent-ils maintenant accepter que ce qu’ils ont fait Ă©tait catastrophique ?
Ces gens, qui au mieux n’ont jamais compris ce dont IsraĂ«l avait besoin pour assurer sa sĂ©curitĂ© ou, au pire, ont vraiment soutenu ceux qui sont dĂ©terminĂ©s Ă son anĂ©antissement, peuvent-ils cesser de parler simultanĂ©ment pour les deux extrĂ©mitĂ©s du monde ? Acceptant la nĂ©cessitĂ© de traiter IsraĂ«l comme un alliĂ© prĂ©cieux, et enfin faire ce qu’il faut vraiment pour le protĂ©ger ?
Une grande inquiĂ©tude a Ă©tĂ© exprimĂ©e quant Ă l’attitude probable du nouveau prĂ©sident amĂ©ricain, Joe Biden, envers le Moyen-Orient. Biden a dĂ©clarĂ© qu’il souhaitait que les États-Unis rejoignent l’accord nuclĂ©aire de 2015, dont le prĂ©sident Donald Trump s’est retirĂ© en mai 2018, Ă condition que TĂ©hĂ©ran se conforme Ă nouveau.
Mais cet accord – dont les limites faisaient de tout contrĂ´le de conformitĂ© une imposture, et permettait ainsi Ă TĂ©hĂ©ran de mentir et de tricher comme il le fait toujours – Ă©tait pourri jusqu’au fond.
Il Ă©tait censĂ© empĂŞcher l’Iran d’acquĂ©rir des armes nuclĂ©aires et d’être l’État terroriste le plus dangereux du monde pour devenir un pays normal. En fait, au mieux, l’accord n’aurait fait que retarder le programme d’armes nuclĂ©aires de l’Iran de quelques annĂ©es.
Pendant ce temps, en levant les sanctions, il a injectĂ© des milliards de dollars dans le rĂ©gime. Cela lui a permis d’accroĂ®tre sa domination de la rĂ©gion, de rĂ©primer davantage son propre peuple et de continuer Ă soutenir le terrorisme international et de nouvelles attaques contre IsraĂ«l dans la poursuite de son objectif gĂ©nocidaire de l’effacer de la carte.
MĂŞme avant l’investiture prĂ©sidentielle, l’administration Biden aurait entamĂ© des pourparlers avec TĂ©hĂ©ran pour rĂ©tablir l’accord. Cette perspective a Ă©tĂ© dĂ©crite par le sĂ©nateur Ted Cruz (rĂ©publicain du Texas) comme « la plus grande menace Ă la sĂ©curitĂ© nationale d’IsraĂ«l que posera l’administration Biden-Harris ».
Cette prĂ©occupation a Ă©tĂ© considĂ©rablement exacerbĂ©e par la nomination par Biden de tant de matières recyclables de l’administration Obama qui a participĂ© Ă l’accord de 2015. Parmi eux, William Burns, le nouveau directeur de la CIA, et Jake Sullivan, le nouveau conseiller Ă la sĂ©curitĂ© nationale, qui ont contribuĂ© Ă ouvrir la voie Ă cet accord grâce Ă des pourparlers secrets avec l’Iran.
Le candidat du secrĂ©taire d’État Tony Blinken, qui a Ă©galement Ă©tĂ© Ă©troitement impliquĂ© dans sa crĂ©ation, a affirmĂ© Ă tort que le retrait des États-Unis de l’accord a mis IsraĂ«l en plus grand danger vis-Ă -vis de l’Iran, plutĂ´t que de le rĂ©duire (ce qui n’est pas en l’opinion du gouvernement israĂ©lien lui-mĂŞme).
Plus alarmant encore, les informations selon lesquelles Biden pourrait nommer Robert Malley comme envoyĂ© spĂ©cial pour l’Iran. Malley a rejoint l’administration Obama en 2014 en tant que conseiller pour le Moyen-Orient.
ViscĂ©ralement hostile Ă IsraĂ«l, il a Ă©tĂ© dĂ©crit comme un propagandiste de la cause palestinienne, Ă©crivant des rĂ©cits rĂ©visionnistes sur l’histoire du Moyen-Orient, diabolisant IsraĂ«l et excusant le terrorisme palestinien. Il a souvent co-Ă©crit des articles avec Hussein Agha, l’ancien conseiller de Yasser Arafat, et a appelĂ© Ă un engagement international avec le Hamas.
Pourtant, malgrĂ© cette liste inquiĂ©tante, plusieurs candidats de l’administration ont soulignĂ© que l’Iran n’Ă©tait pas près de se conformer Ă l’accord de 2015. Blinken a dĂ©clarĂ© cette semaine Ă la commission des relations Ă©trangères du SĂ©nat que les États-Unis Ă©taient « trop ​​loin » de rentrer dans l’accord nuclĂ©aire, et que Biden consulterait IsraĂ«l et les alliĂ©s du Golfe avant de le faire.
Il a dĂ©clarĂ© que les États-Unis ne devraient pas lever les sanctions ou dĂ©geler les actifs de l’Iran pour l’amener Ă la table des nĂ©gociations. Il a Ă©galement parlĂ© de profiter des accords d’Abraham, des accords conclus par IsraĂ«l avec les Émirats arabes unis, BahreĂŻn, le Soudan et le Maroc.
Cela peut expliquer dans une certaine mesure la prudence concernant l’Iran. En effet, il serait extrĂŞmement imprudent et destructeur d’arrĂŞter ou d’annuler les accords abrahamiques, qui offrent une occasion sans prĂ©cĂ©dent de mettre fin Ă la guerre du monde arabe contre IsraĂ«l.
Mais ce qui a conduit Ă cette percĂ©e, ce sont les politiques du prĂ©sident Donald Trump. En retirant les États-Unis de l’accord avec l’Iran et en rĂ©imposant des sanctions punitives pour forcer le rĂ©gime Ă mettre fin Ă sa belligĂ©rance, il a soudainement montrĂ© aux États arabes du Golfe que la marche de leur ennemi iranien vers l’hĂ©gĂ©monie rĂ©gionale pouvait ĂŞtre stoppĂ©e.
Au Moyen-Orient, vous vous tenez fermement Ă vous-mĂŞme, mĂŞme si c’est votre ennemi mortel.
Sous l’administration Obama, l’Arabie saoudite et d’autres États arabes sunnites ont vu avec horreur l’ancien prĂ©sident Barack Obama donner le pouvoir Ă son ennemi chiite iranien, lui permettant d’Ă©tendre son influence nĂ©faste au Liban, en Syrie, Ă Gaza, au YĂ©men et au Soudan.
L’Iran est ainsi devenu le cheval de bataille de la rĂ©gion. Les Arabes sont donc venus vers lui, avec des implications dĂ©sastreuses pour IsraĂ«l et l’Occident.
Ce n’est que parce que Trump a fait des États-Unis le bastion de la rĂ©gion, mettant le muscle amĂ©ricain derrière la tentative d’Ă©craser le rĂ©gime, les Arabes ont pivotĂ© vers les États-Unis et IsraĂ«l, dont la propre force Ă cibler les actifs iraniens s’est manifestĂ©e Ă plusieurs reprises.
Comme l’a observĂ© le commentateur israĂ©lien qui fait autoritĂ© Ehud Ya’ari, s’il y a maintenant une rĂ©duction significative des tensions entre les États-Unis et l’Iran, des pays comme les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite pourraient se prĂ©cipiter pour conclure leurs propres accords avec le rĂ©gime de TĂ©hĂ©ran. Dans ces circonstances, Ă©crit-il, quiconque rĂŞve d’un front israĂ©lo-arabe commun qui bloque le retour Ă l’accord nuclĂ©aire peut ĂŞtre induit en erreur.
Étant donnĂ© que la reconnaissance arabe d’IsraĂ«l et les progrès vers la paix et la stabilitĂ© rĂ©gionales dĂ©pendent donc de la tĂ©nacitĂ© des États-Unis envers l’Iran, la prudence de l’administration Biden est comprĂ©hensible.
Mais que se passe-t-il si l’Iran teste maintenant Biden avec le genre de provocations nĂ©gatives dont il Ă©tait un grand maĂ®tre dans le passĂ© ? Que fera l’administration du programme nuclĂ©aire iranien qui, en violation directe de l’accord de 2015, se prĂ©cipite vers la production de la bombe ?
L’Agence internationale de l’Ă©nergie atomique a confirmĂ© au dĂ©but du mois que l’Iran avait commencĂ© Ă enrichir de l’uranium jusqu’Ă 20%. L’enrichissement Ă ce niveau n’est qu’une brève Ă©tape technique pour atteindre des niveaux d’armes de 90%.
Akbar Salehi, directeur de l’Organisation iranienne de l’Ă©nergie atomique, a dĂ©clarĂ© que les scientifiques nuclĂ©aires iraniens produisent maintenant un demi-kilo d’uranium enrichi Ă 20% chaque jour.
Et quel est le prix de l’alliance amĂ©ricaine avec l’Arabie saoudite si, comme Blinken l’a dit lors de l’audition du SĂ©nat, les États-Unis doivent cesser de le soutenir au YĂ©men, ce qui aiderait l’Iran Ă gagner sa guerre des mandataires contre l’Arabie saoudite en soutenant les rebelles houthis au YĂ©men ?
On craint Ă©galement que l’administration Biden ne relance la guerre d’anĂ©antissement des Palestiniens contre IsraĂ«l. Blinken a dĂ©clarĂ© que les États-Unis restaient attachĂ©s Ă une « solution Ă deux États », que les Palestiniens considèrent comme une guerre d’anĂ©antissement par Ă©tapes. Mais il a Ă©galement dit qu’il continuerait Ă reconnaĂ®tre JĂ©rusalem comme la capitale d’IsraĂ«l, et que l’ambassade amĂ©ricaine y resterait.
Qu’est-ce-que tout cela veut dire ? La nouvelle administration pourrait-elle ĂŞtre Ă©branlĂ©e par l’incohĂ©rence politique et les disputes entre factions opposĂ©es ? Se pourrait-il qu’ils veuillent tout garder en jeu – favoriser une plus grande reconnaissance arabe d’IsraĂ«l et en mĂŞme temps autonomiser les Palestiniens, la cause des causes de gauche, tout en continuant Ă se gratter la tĂŞte Ă l’Ă©gard de l’Iran ?
Ou se pourrait-il qu’ils aient acceptĂ© tacitement que Trump mĂ©prisĂ© et vilipendĂ©, dont les mesures contre l’Iran et en soutien Ă IsraĂ«l se sont opposĂ©es becs et ongles par les dĂ©mocrates, a en fait dĂ©clenchĂ© le plus grand mouvement vers la paix au Moyen-Orient depuis cent ans ? ans, et pourquoi les dĂ©mocrates vont maintenant essayer de voler le crĂ©dit ?
Après tout ce qui s’est passĂ©, pensez-vous que cela puisse vraiment ĂŞtre comme ça ?
Melanie Phillips, journaliste, radiodiffuseur et auteur britannique, écrit une chronique hebdomadaire pour JNS. Il est actuellement chroniqueur pour « The Times of London », ses mémoires personnelles et politiques, « Guardian Angel », ont été publiées par Bombardier, qui a également publié son premier roman, « The Legacy ».
Melanie Phillips dans Jewish News Syndicate




