Les habitants de Kochav Yair, une ville d’environ 9 000 habitants dans la rĂ©gion israĂ©lienne de Sharon, ont dĂ©clarĂ© aux autoritĂ©s ces dernières semaines qu’ils ressentaient « des tremblements et des bruits de forage et d’excavation » dans leurs maisons la nuit.
La ville est situĂ©e près de la Ligne verte, Ă seulement 800 mètres environ de Kalkilya, en JudĂ©e Samarie, gouvernĂ©e par l’AutoritĂ© palestinienne. Les habitants sont inquiets d’entendre creuser des tunnels du type de ceux utilisĂ©s par le Hamas pour attaquer IsraĂ«l au sud et le Hezbollah pour attaquer IsraĂ«l au nord .
« J’avais l’impression qu’il y avait un tremblement de terre au loin, comme si le lit sur lequel j’Ă©tais allongĂ© bougeait et naviguait », a dĂ©clarĂ© Baruch Ben Neria, un habitant qui a racontĂ© son expĂ©rience aux autoritĂ©s. «Je n’invente rien», dit-il. « Je ressens cela depuis deux ans, et parfois cela dure quelques minutes au milieu de la nuit. Il y a du calme dehors, et puis soudain, ça arrive. »
« Kalkilya est une ligne droite Ă partir d’ici, tout près, ils peuvent creuser jusqu’Ă nous Ă partir de là  », a-t-il poursuivi. « Ma maison est Ă environ 200 mètres de la clĂ´ture. Après ce qui s’est passĂ© Ă Gaza et le fait qu’ils aient dĂ©couvert des tunnels en GalilĂ©e dans le passĂ© – qui est un terrain très rocheux, semblable Ă celui que nous avons ici – toute cette histoire soulève un grand point d’interrogation.
Un autre habitant de la ville a partagé un enregistrement vidéo du son dans un groupe Facebook pour les habitants, dont plusieurs déclarent avoir eux-mêmes avoir entendu des bruits similaires.
Bat Hefer (crédit : Wikimedia Commons/GevBen)
Une enquĂŞte est Ă venirÂ
Yuval Arad, prĂ©sident du conseil rĂ©gional de la ville, a dĂ©clarĂ© qu’aucune enquĂŞte n’a encore Ă©tĂ© menĂ©e pour exclure l’existence de tunnels, mais que la brigade Ephraim a Ă©tĂ© saisie de la question et devrait enquĂŞter.
« Selon ce que nous entendons pourrait nous donner l’impression d’un creusement de tunnel », a dĂ©clarĂ© Arad. « Sur cette question, je crois que l’armĂ©e va agir, elle y investit de gros efforts prĂ©cisĂ©ment en raison de la menace stratĂ©gique d’infiltration que la barrière ne peut pas arrĂŞter. »
« S’ils entrent par ici », a déclaré Arad, « c’est dans les entrailles d’Israël. Une histoire d’horreur comme celle que nous avons vue le 7 octobre ne serait que le début de ce que nous verrions ici aussi. »
Les rapports reflètent les prĂ©occupations similaires des habitants de Bat Hefer , une communautĂ© d’environ 5 000 habitants situĂ©e Ă proximitĂ©. « Nous avons un groupe assez important de personnes qui l’entendent Ă plusieurs endroits ici », a dĂ©clarĂ© Matan Buchner, un habitant local. « La dernière fois que j’ai entendu ces bruits de forage, c’Ă©tait jeudi soir dernier. »
Buchner s’en prend aux affirmations utilisĂ©es pour minimiser les inquiĂ©tudes des habitants : « Toutes les histoires qu’on nous raconte ici, dit-il, selon lesquelles le sol du nord de la Samarie est très difficile Ă creuser, sont un gros mensonge. Nos ancĂŞtres y creusaient dĂ©jĂ des citernes et des tunnels secrets, en utilisant les outils dont ils disposaient Ă l’Ă©poque. Aujourd’hui, pensez vous que ce n’est pas possible de creuser ?
Suite aux plaintes Ă Bat Hefer, situĂ©e Ă seulement 800 mètres environ de la ville de Tulkarem en JudĂ©e Samarie , un haut lieu du terrorisme oĂą se dĂ©roulent frĂ©quemment des opĂ©rations de Tsahal, trois tests ont Ă©tĂ© effectuĂ©s par une sociĂ©tĂ© spĂ©cialisĂ©e dans le domaine, ainsi que par le Commandement du Front intĂ©rieur. et le ministère de la DĂ©fense. Ces tests n’ont apportĂ© aucune preuve de la prĂ©sence de tunnels, mais des investigations plus approfondies sont attendues dans les prochains jours par une unitĂ© spĂ©cialisĂ©e du gĂ©nie militaire et une Ă©quipe d’analyse des sols de l’Institut de gĂ©ophysique.
MĂŞme si les tests effectuĂ©s Ă Bat Hefer n’ont rĂ©vĂ©lĂ© aucune trace de tunnel, les habitants de la localitĂ© restent inquiets. Ils ont expliquĂ© que des localitĂ©s frontalières avec le Liban signalaient ces bruits depuis des annĂ©es avant que leur existence ne soit finalement rĂ©vĂ©lĂ©e lors d’une opĂ©ration en 2018.
« L’armĂ©e israĂ©lienne examine sĂ©rieusement la situation et Ă©coute les rapports des habitants », a dĂ©clarĂ© l’armĂ©e israĂ©lienne. « Les forces de sĂ©curitĂ© ont menĂ© des analyses… qui n’ont produit aucun rĂ©sultat pour l’instant, et le problème fait l’objet d’une surveillance continue. »





