Les jumelles d’un an qui avaient Ă©tĂ© rejointes Ă l’arrière de la tĂŞte et sĂ©parĂ©es par une Ă©quipe de mĂ©decins du Soroka University Medical Center lors d’une opĂ©ration rare et quasi miraculeuse le mois dernier sont rentrĂ©es chez elles.
Les filles sont sorties jeudi, mais continueront de recevoir des soins mĂ©dicaux ambulatoires Ă l’hĂ´pital. Elles font l’objet d’une Ă©valuation et d’un traitement locaux et internationaux depuis leur naissance en aoĂ»t 2020.
« Il y a un Ă©norme sentiment de satisfaction pour tous ceux qui ont participĂ© au processus », a dĂ©clarĂ© le Dr Mickey Gideon, directeur de la neurochirurgie pĂ©diatrique Ă Soroka. « Nous accompagnons les jumelles depuis la grossesse de la mère, avant l’opĂ©ration et le dernier mois Ă l’hĂ´pital dans le service de rĂ©animation pĂ©diatrique puis dans le service de chirurgie pĂ©diatrique, et nous serons lĂ pour elles longtemps après. »
L’opĂ©ration subie par les enfants est extrĂŞmement rare : elle n’a Ă©tĂ© pratiquĂ©e jusqu’Ă prĂ©sent qu’une vingtaine de fois dans le monde. Elles ont Ă©tĂ© les premieres jumelles siamoises Ă subir l’opĂ©ration en IsraĂ«l et aussi parmi les plus jeunes au monde Ă subir cette opĂ©ration.
Selon une Ă©tude publiĂ©e par UC Davis Health Ă l’UniversitĂ© de Californie l’annĂ©e dernière, des jumelles craniopagus surviennent dans environ une naissance sur 2,5 millions.
La procĂ©dure de 12 heures a impliquĂ© des dizaines de membres du personnel, dont beaucoup travaillaient avec les parents depuis la naissance de leurs filles. Cela comprenait la neurochirurgie, la chirurgie plastique, l’anesthĂ©sie pĂ©diatrique, les soins intensifs pĂ©diatriques et les spĂ©cialistes de l’imagerie cĂ©rĂ©brale.
Les mĂ©decins ont profitĂ© d’Ă©quipements et de technologies de pointe, dont certains ont dĂ» ĂŞtre amenĂ©s Ă l’hĂ´pital spĂ©cialement pour la procĂ©dure. Cela comprenait la modĂ©lisation 3D, la rĂ©alitĂ© virtuelle et des dispositifs de surveillance spĂ©ciaux.
Plus prĂ©cisĂ©ment, ils ont utilisĂ© STRATASYS, des modèles 3D 3D4OP basĂ©s sur l’imagerie par rĂ©sonance magnĂ©tique, la tomodensitomĂ©trie et l’angiographie qui simulaient la complexitĂ© de la connexion des vaisseaux sanguins, des mĂ©ninges, des os du crâne et de la peau des jumelles.
Ă€ l’aide du modèle de rĂ©alitĂ© virtuelle appelĂ© Surgical Theatre, l’Ă©quipe a pu simuler la procĂ©dure et la planifier de la manière la plus prĂ©cise. Des dizaines de simulations de toutes les Ă©tapes de l’opĂ©ration ont Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©es sur chacun des modèles avant le jour de l’intervention.
Au cours de la chirurgie elle-mĂŞme, une fois la sĂ©paration des vaisseaux sanguins rĂ©ussie, les os ont Ă©tĂ© sĂ©parĂ©s. Les mĂ©decins se sont ensuite divisĂ©s en deux Ă©quipes pour travailler en parallèle dans deux salles d’opĂ©ration distinctes, reconstruisant le crâne de chaque fille et refermant la peau.
Après l’opĂ©ration, les jumelles ont Ă©tĂ© hospitalisĂ©es pendant environ un mois, a expliquĂ© Gideon, au cours de laquelle ils se sont rĂ©tablis sans complications. Elles ont Ă©galement reçu des traitements de physiothĂ©rapie pour combler leur Ă©cart moteur, car jusqu’Ă la chirurgie, elles ne pouvaient pas tourner le ventre ou s’asseoir, car elles Ă©taient connectĂ©es.
« Elles se retournent aujourd’hui, et la jumelle la plus dominante a mĂŞme commencĂ© Ă s’asseoir », a dĂ©clarĂ© Gideon. « On s’attend Ă ce que les filles continuent le processus intensif de rĂ©adaptation mĂŞme après leur libĂ©ration.
Ă€ l’avenir, elles pourraient avoir besoin de chirurgies supplĂ©mentaires, probablement des chirurgies esthĂ©tiques de la structure du crâne.
« Cette journĂ©e est particulièrement excitante pour moi », a dĂ©clarĂ© Gideon jeudi.  » Au-delĂ d’une Ă©tape importante sur le plan professionnel dans la planification, l’exĂ©cution et la mise en Ĺ“uvre d’une opĂ©ration d’une ampleur jamais vue auparavant en IsraĂ«l… J’ai Ă©tĂ© associĂ© Ă des jumelles d’une manière extraordinaire. Le fait de comprendre que cette procĂ©dure complexe affecte considĂ©rablement son avenir me renforce ainsi que toutes les Ă©quipes impliquĂ©es. «Â





